LIV - INTRODUCTION
serait assez pour préparer un meilleur avenir. Or, ^ je ne désespère pas que l'intérêt même et la force des choses n'amènent ce résultat ^ »
Ceci était écrit le 4 mai 1830. Quelques semaines après, le trône de Charles X s'écroulait, et au mois de septembre suivant paraissaient les premiers numéros de rA^>enij\
L'Avenir! Titre plein d'espérance, qui exprimait bien les ardeurs enthousiastes de Lamennais. « Tout renaît, s'écrie-t-il alors dans un triomphant article, tout change, tout se transforme, et les brises de l'avenir apportent aux peuples comme les parfums d'une terre nouvelle. Ils s'élancent impatients à travers les flots vers ce but inconnu de leurs vœux ^. »
L'àme de Denis Benoît est bien peu ouverte, hélas ! à ces espérances optimistes. Légitimiste con-
1. M. Emile Faguct, dans un récent article de la Revue des Deux Mondes, loue hautement la justesse de ces vues. On lira avec intérêt les lig-nes suivantes, extraites de son travail : « Les catholiques, fait-il dire à Lamennais en 1830, les catholiques seront lorcés d'être libéraux dans dix ans. Qu'ils le soient — et c'est ici le trait de génie de Lameniu\is — qu'ils le soient tout de suite, alors qu'ils ont encore l'air d'être la majorité, alors que leur libéralisme aura un caractère de dignité, de noblesse et de générosité, et ne paraîtra pas être un exjjédient de la défaite.
C'était très bien, c'était admirablement vu. C'était d une si juste tactique, qu'au premier regard cela semble être de l'habileté. Ce n'en était que dans la mesure, que dans les conditions oii Ihabileté s'ajuste précisément aux principes toujours acceptés, toujours professés. »