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vaincu, il a vu avec douleur la chute tle l'ancienne dynastie, mais il préfère encore les frarantics d'ordre matériel que semble ollVir le nouveau gouvernement aux réformes aventureuses que rêve Lamennais. Aussi refuse-t-il poliment de s'intéresser comme actionnaire aux destinées de V Avenir^ et il ne se fait pas faute de critiquer assez sévèrement le programme des rédacteurs. On s'étonne un peu de la modération avec laquelle lui répond Lamennais, quand on songe au mépris superbe qu'il professait alors pour le gouvernement de Louis-Philippe et à là confiance absolue qu'il avait en ses propres idées. Il est évident que l'amitié arrête sur ses lèvres des reproches trop acerbes, mais elle ne l'empêche pas de discuter les objections de son ami avec une vivacité qui s'élève parfois jusqu'à Téloquence.
Le lecteur remarquera spécialement la lettre datée de Juilly et écrite le 18 juin 1831. Elle contient malheureusement (juclques-unes de ces trivialités d'expression dont Lamennais ne savait pas se défendre, même dans ses meilleurs moments, mais quel sentiment profond des besoins de l'époque, et quels magnifiques élans de générosité!
Tant que la difFérence de vues entre Lamennais et Denis Benoit n'eut pour objet que des questions
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politiques, leur amitié subsista, bien que refroidie ; elle ne devait pas survivre à la défection du malheureux prêtre.
Celui-ci semble apprécier la valeur du trésor qu'il va perdre; aussi épuise-t-il dans ses dernières lettres toutes les ressources de la dialectique pour justifier ce qu'il appelle son changement de convictions. Tantôt il réclame modestement pour ses nouvelles idées le bénéfice de la tolérance, tantôt, pour donner le change à Denis Benoît sur ses véritables sentiments, il s'attribue le mérite d'un acte de courtoisie à l'égard de Rome, acte qu'il faut en réalité rapporter à Sainte-Beuve.
C'est une assez curieuse histoire. Il s'agit d'un léger remaniement apporté au manuscrit des Paroles (Tun croyant. « J'en ai retranché, raconte Lamennais à son ami, ce qui regardait directement le pape, parce qu'on m'aurait supposé en cela des sentiments bas qui ne sont assurément pas les miens ^ . »
Il ne se doutait pas sans doute, en écrivant ces lignes à un catholique dont il voulait conserver l'estime, que Sainte-Beuve raconterait un jour tout autrement l'histoire de cette suppression. Voici ce qu'on lit dans les NouçeaicJC Lundis i « Au moment
1; Lettre ù D, lîenoît, 29 mars 1834.