LX INTRODUCTION
)) Je tâche de me préparer à tout. Après avoir défendu les droits de Dieu en défendant ceux de son Eglise, je n'abandonnerai point ceux de l'humanité, car ce serait encore offenser Dieu même. Mon devoir est clair ; y manquerai-je donc à cause des conséquences terrestres qu'entraîne son accomplissement? J'espère que non ; j'espère que Celui de qui vient toute force me donnera celle de ne pas fléchir dans cette rude et terrible épreuve. Je veux mourir la conscience nette, et laisser un nom qu'un jour mes amis puissent prononcer sans rougir ^. »
Si cette fière attitude n'avait pour principe l'obstination et l'orgueil, ce serait de l'héroïsme ; par malheur, les faits sont connus, et empêchent d'y voir autre chose qu'un fanatisme compliqué de rhétorique.
Denis Benoit, comme Montalembert, avait eu communication du manuscrit des Paroles d'un croyant, et, comme lui, il avait fait l'impossible pour en arrêter la publication. Le livre lancé et le scandale produit, il essaya d'effrayer l'agitateur par le tableau des tempêtes qui allaient se déchaîner. Il était trop tard. Le polémiste humilié, vaincu, condamné par Rome, tenait enfin sa vengeance ; rien n'aurait pu l'y faire renoncer. D'ailleurs, son