INTRODUCTION LIX
même ton tragique et les mêmes tirades pompeuses qui distinguent la lettre suivante :
(( Si le chrétien n'est pas libre d'agir selon sa conscience et sa raison dans l'ordre purement temporel, alors il est obligé de voir dans la théocratie pure, dans la double souveraineté du pontife romain une institution divine, ce qui renverserait toute la tradition qui proclame l'existence de deux puissances et de deux sociétés distinctes, et aurait pour effet de livrer les catholiques à réternelle oppression des hommes sans Dieu, sans notion de droit et de justice, soit qu'ils s'appelassent Robespierre ou Nicolas. Sous ces deux rapports, dogmatique et pratique, je ne puis donc, sans violer mes devoirs, consentir à laisser croire que j'adhère à une pareille doctrine. Ceux qui me poussent là ne l'avoueront jamais eux-mêmes, mais leur fausse politique les porte à vouloir l'établir de fait. Je ne puis, quant h moi, me rendre complice ni du fait ni du droit. Je sens assurément mieux que personne le poids de ma position, mais il ne dépend pas de moi de la changer, sans donner au monde le spectacle de la plus basse et de la plus criminelle lâcheté. On me frappera, il est vrai ; c'est du moins très probable. Eh bien ! ce sera la croix que tu m'engages h porter.