Mme de Lacan
que je ne la comprends pas moi-même; elle me peine, voilà tout ce que je sais ; c'est comme un mystère de douleur. Quand je ne serai plus, il s'éclaircira peutêtre. J'aime à penser que les maux c{ue je cause finiront avec moi. Mon frère, n"ai-je pas fait ombrage à ton ami même ? ^ Mon cœur s'effraie de tout cela ; il n'ose plus s'ouvrir c|u'au pied de la croix. Je prierai certainement pour ta bonne tante et pour son mari. Dis-lui que je prends part à sa tristesse. Tout ce qui souffre est si près de moi ! Qu'elle prie aussi pour mon pauvre Henry. Aimable enfant ! Il est parti, et je reste ; mais nous nous retrouverons. Je regretterai toujours que tu ne l'aies pas connu ; combien tu l'aurais aimé ! Mais tu l'aimeras un jour, et tu n'auras pas la douleur de le perdre. Il est heureux, cela me console.
Nous devons aimer nos amis pour eux et non pas pour nous. Quand il dépendrait de moi de le rappeler sur la terre, je ne le ferais pas, non, je ne le ferais pas.
Il me semble qu'avec tant de motifs de croire sa mère heureuse, Mme de G... doit penser de même; elle doit éprouver le même sentiment. Oh ! le doux repos que goûtent les âmes purifiées dans le soin de Dieu ! Et nous voudrions les ramener de là sur notre sein si agité, si plein de misères ? Disons plutôt avec l'Epouse du Cantique des Cantiques : Mon bien-aimé dort, ne le réveillez pas : Ne suscitctis, ncrjuc d'i^i/nre faciatis dilcctam "-.