caiiipa^ne, quand to vcn-ai-je
d'un ruisseau, dont la source tarira si tôt? Qu il humecte et rafraîchisse en passant quelques pauvres plantes desséchées, cela suffit, et beaucoup au delà, pour qu'il ne puisse pas se plaindre de sa destinée.
Voilà ta lettre numéro 17 qui me parvient. Ne t'inquiète donc pas de moi, mon frère. Je te l'ai déjà dit, mon temps n'est pas arrivé; et s'il l'était, il faudrait bien encore bénir Dieu et ses volontés. Si recursum habes ad semper viventeni et mancnteiu veritatem, non contristahit ainicus absens aut moriens ^. Nous avons, l'un et l'autre, beaucoup de chemin à faire pour arriver là; encore devons-nous y tendre. Préparons-nous pour le temps de l'épreuve. Il ne faut pas se tromper : selon toute apparence, ce sera toi qui auras à la supporter. Dieu te donnera des forces au moment ; mais, je te le répète, ce moment n'est pas venu. Ma santé est assez mauvaise pour que je souffre, pas assez pour que je meure. Il y a de la vie au fond de mes maux. Prie pour que je fasse désormais et de mes maux et de ma vie un meilleur usage. Je te voudrais non seulement résigné, mais heureux. Quand tu te sens triste, pense à la brièveté de tout ceci. Adliuc modicum-. Est-ce la peine de tant s'afffliger de ce qui va finir ? Que la paix de la soumission te conduise à la paix plus douce et plus profonde de l'amour. Dilectus meus milii, et ego illi '^. Que reste-t-il à désirer, quand on peut dire cela ? De
1. Si tu as recours à la vérité qui vit et demeure toujours, l'absence ou la mort d'un ami ne te contristera pas. {^Imitation de Jésus-Christ.)