Aimez, et faites ce que vous voudrez
2. Insiste à temps et à contre-temps, reprends, supplie, menace en toute patience et doctrine. (Il, Tim. iV, 2.)
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lonvii'iil. Mais il iaiil allciKlrc en paix lt!S iiioiii«-iils dit la Providonro. .l'ai parir de toi à ^fme do ]j... Kllf m'a dit qu'il (allail (jih; lu lui rcrivissos coirirno autrefois, que tu avais lorl d'Atre embarrassé. Je suis de son avis en cela, non que je ne conçoive pas ce que tu éprouves, mais en surmontant une fois cf^tte sorte de gène, vous vous retrouverez bientôt dans la même situation mutuelle qu'auparavant, et le passé sera passé.
Je reçois ta lettre de mercredi, numéro 12. Aimable, bonne et tendre comme tout ce qui sort de ton cœur, elle touche et console le mien. Je me réjouis de te voir chaque jour t'approcher davantage de Dieu et chaque jour aussi goûter mieux le bonheur d'être à lui. Mon enfant bien aimé, j'ai transporté en toi tous mes désirs de félicité sur la terre ; il n'y a rien que je ne voulusse souffrir pour t'épargner une peine même légère. Ne crois pas cependant que je désire pour toi l'exemption de la croix. Non, à Dieu ne plaise! Je demande seulement qu'il te donne la force de la porter, et qu'il l'adoucisse par son action.
L'histoire de mon pauvre Henry est trop longue pour te la raconter dans une lettre, et des détails sont nécessaires. Je te dirai tont quand nous nous reverrons. Celui qui dispose des cœurs avait daigné se servir de moi pour faire connaître la vérité à ce jeune homme né protestant, et pour le ramener dans le sein de l'Eglise mère ; et je vis bien clairement dans cette occasion qu'en ce qui touche l'œuvre du salut, nous ne sommes que de misérables instruments, sans pouvoir réel, sans eflicace, et que tout vient d'en haut. Le papier me
manque. Adieu, mon frère, adieu; je ne te quitte pas cependant, je vais prier pour toi.
Paris, 6 mars.
J'arrive de la campagne, mon bien bon frère. J'y ai passé mon temps à faire un article sur les missions. A mon retour, je retrouve tes deux lettres numéros 15 et 16, si bonnes, si aimables, si tendres ; c'est toujours toi. La seconde est toute pleine d'inquiétude sur ma santé. Tranquillise-toi donc, mon frère. Je ne me porte que trop bien pour l'usage que je fais de ma vie. Cette petite fièvre qui t'alarme est purement nerveuse ; l'agitation et les peines en sont le principe ; elle a son siège dans l'âme plus que dans le corps. Je ne suis pas précisément fort, cela est vrai, mais je ne suis pas faible non plus. L'abbé GlauzeP me définit très bien : il dit que je suis dur.
Mais c'est beaucoup trop parler de moi. Parlons de ton pauvre Samuel. Je suis bien surpris de ce qu'il te marque à mon égard. On voit bien que cette impression a passé à travers toi pour lui arriver. Quel dommage qu'elle demeure stérile ! Si, pour mettre dans son âme le germe du vrai bonheur, il fallait donner tout mon sang, ce serait bien peu de chose, mais avec quelle joie je le donnerais ! Espérons, le moment viendra ; Dieu accordera cette âme à tes prières. Je connais
1. L'ubbô Glauzol de Coussergues, dont il sera question dans les lettres suivantes.
plus OU moins les personnes dont tu me parles, c\ j rri ])ens(.' comme toi. Tu n'as pas besoin de juslideT les inotifs qui te portent à me prévenir de ce que j'aurais pu ignorer. Mais sois Irantjuille, je sais toul. L'affaire est si conq)liquée, qu'il faudra sans doute abandonner l)ien des choses à la Providence ; et que peut-on faire de mieux, après avoir épuisé, comme elle-même nous le prescrit, toute noire pauvre sagesse humaine ? il y a déjà longtemps que je ne suis plus allé dans ta famille. Je tâcherai de trouver ces jours-ci un moment pour voir ton excellente mère. Personne ne fait moins que moi ce qu'il voudrait. Je suis comme perdu dans un tourbillon daffaires, qui me roule et m'emporte je ne sais où. Prie; Dieu qu'il sorte quelque bien de tout cela. Adieu, mon Denis, mon frère chéri.
Paris. 7 mars.
Je ne veux pas que la journée se passe sans que je te dise un mot, mon bon frère. Depuis 2 heures jusqu'à 8 heures, je n'ai fait que courir. Cette vie de Paris est insupportable pour cela. O rus, f//tr/nclo e^o te adspiciam ^ et le reste, qui est si admirable dans mon poète favori^ Horace. Cependant il faut être où J)ieu veut que nous soyons. Qu'importe, après tout, en quels lieux s'écoulent ce peu de jours qui nous sont donnés ? Est-ce la peine de tant s'occuper du cours