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Un lutrin canadien [microforme]

L'auteur de ces vers à toujours refusé de les üvrer à la publicité, ne voulant pas que lon donnût ainsi trop d'importance à ce qw'il considérait comme un simple badinage destiné à ne pas sortir du cercle de l'intimité. C'est qu'il n'aurait Jamais permis qu'on interprétât à faux les proportions que prennent, duns ses chants, certains menus faits auxquels il aurait regretté de voir donner le caractère d'insinuations injurieuses. L'on comprendra encore mieux. le refus de l'auteur à la publicité en voyant son œuvre parsemée d'allusions d'une nature absolument locale, que l'on croirait même personnelle, si l'auteur n'était animé des

intentions les plus amicales pour ses personnages,

Ceci posé, et admis, nous l'espérons, venons au

fait.

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Le premier janvier dernier, (1898 ), c’est-à-dire le jour de l'an, une esclandre se produisait en pleine église à St-Jérôme.

Le vieux chantre, Louis Labelle, et l'organiste, ayant été inopinément révoqués d'office par le curé, le premier s'opiniâtra à chanter au solo de lu grand’ messe,

On s'imagine l'éclat. Le curé se rendit jusqu'au J'ubé de l'orgue pour en défendre l'accès au chantre évincé. Celui-ci n'en fut que plus ardent à la lutte Le Curé s'auressa même aux marguillers pour en obtenir du renport. Finalement la situation fut sauvée par le Célébrant qui convertit la grand inesse en basse messe.

Le Curé fut tellement affecté de cette scène quelle lui arracha, dit-on, des larmes.

C'est là, ou nous nous trompons Jort, un sujet épique pour un barde boute-en-train. Les menus faits collatéraux s'expliquent d'eux-mêmes, ou gagnent peu d'intérêt à être plus développés.

Îl'en est un pourtant assez saillant pour attirer l'uttention. L'auteur y revient avec tant d'insis-

tance qu'on y découvre la pensée inspiratrice de

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l'œnvre: c'est l'hommage constant qu'il porte au souvenir du Curé Labelle, On ne tardera pas à comprendre que l'auteur, ne voyant pas se réaliser son rêve dun monument à l'Apôtre regretté des colons, a saisi au vol une occasion, même d'allure légère, d'exercer une petite vengeance contre l'apa-

thie des anciens paroissiens du Curé Labelle.

Il nous reste à demander pardon d'avance à l'auteur pour les avanies que cette publication pourra lui attirer de la part de personnes qui ne comprendront pas l'idée ct l'esprit de son œuvre.

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