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Pour couvrir le vieux chantre. En son gosier rétif, I] ne monte, à l’instant, qu’un filet maladif, Vainement le curé, contrefaisant Moïse,
Elève les deux bras au plafond de l’église.
Il a beau lui crier: Pompez de l’air, pompez,
Hélas, ses tendres nerfs se trouvent achopés.
Mieux vaudrait, d’un taureau, couvrir la voix puissante, Avec d’un frêle agneau la note gémissante.
Le curé comprenant qu’il a manqué l'effet, S'écrie, avec soupir : — ‘‘ Que n’ai-je, ici, Forest ! Lui seul, et c’est assez, avec sa contrebasse,
Engueulerait Labelle et sauverait la place.”
Il avale, un instant, un si cruel affront, Puis, inspiré, soudain il se frappe le front. Il part, en diligence, et se rend au banc d'œuvre, Apprêtant, dans sa tête, une yrande manœuvre. Aux pieux marguillers, il commande, tout bas, D’aller rétablir l'ordre. Eux ne répondent pas. Plein de courroux, il dit, d’un accent ironique : —ÂÀh ! oui, le voilà bien cet esprit maçonnique ! Pour votre châtiment, ce printemps, ni jamais, Nul d’entre vous, messieurs, ne portera Je dais.??
La pâleur, à ces mots, couvre chaque visage.
Le plus jeune d’entre eux s’élance à l’abordage,
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S'écriant : — ‘‘ Je ne puis déshonorer mon nom, ‘# Pour sauver un ami trop plein d’ambition. ?? Qu'il soit honni le nom de ce marguiller grave, Qui, contre l'amitié voulut se montrer brave. Quelle n’est pas ta force, appétit des grandeurs, Si, de nos marguiliers, tu pervertis les cœurs !
\ Au jubé de l’église, à son tour, il s’élance, Mais déjà le remords lui ronge la conscience. ‘€ — Tu quoque, toi de même,” exclama son ami, “Tu sers l'ambition de mon pire ennemi !
‘© Il faut récompenser un aussi noble zèle. ?? Il l’assomme, à ces mots, du coup d’une voyelle. $ Et l’autre abasourdi s'enfuit clopin clopant, Aussi muet que sourd, et se cache en son banc.
Au chœur congréganisté, on fait appel aux armes. Mais d’un si beau combat, il décline les charmes. Le curé sent, du coup, la victoire échapper, r Et la mitre, à ses mains, encor se dérober. Vite, il se précipite aux pieds de la Madone, Et dit, transfiguré : — ‘6 Mère, je te l’ordonne, ‘€ Par l’amour filial dont j'ai toujours brûlé, ‘* Ne permets pas qu'ici ton fils soit humilié. ?
Il règne donc au ciel une coquette science,
Qui veut, en certains cas, une douce violence.
À peine Lafortune a-t-il pris son séant,
Qu'un courrier le dirige auprès du célébrant.
Magnant dit : — ‘ I] nous reste encore une ressource ;
De ce torrent de bruit je puis tarir la source.
‘“ Permettez seulement que, mettant fin au chant,
‘ De grande en basse messe on fasse changement. ?? Lafortune applaudit et bénit son vicaire, i Lequel ouvre, au Credo, la bouche pour se taire.
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Le curé cependant au remords est livré.
Eu lui-même il gémit : — ‘{ Je triomphe, il est vrai,
‘6 Mais, si j'ai satisfait à mon ardeur rivale,
N'’'aurais-je pas commis un deuxième scandale ? ”’ Il sent sur les degrés ses genoux se ployer,
Mais tente, dans son cœur, vainement de prier. Ne pouvant supporter ces cruelles alarmes,
Sur le sacré parvis, il échappe des larmes. Y Cet aspect fait crever tous les cœurs féminins,
Et sème la terreur dans les cœurs masculins. L
Telle est l’émotion qui vibre, universelle, Quand du pape romain se mouille la prunelle. à L'histoire nous apprend que ces augustes pleurs | Sont un présage sûr des plus affreux malheurs. 4
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O larmes du curé, combien de vieilles filles, Pour nager dans vos flots, voudraient se faire anguilles ! Ah ! qui détournera la colère du ciel !
Au cours du nouvel an, quel océan de fiel !
Quels combats en justice, et quels affreux orages ! ) Si grande est la frayeur qu’inspirent ces présages, Que votre serviteur, en songeant à ces temps, Ne peut tenter l'effort de parler plus longtemps !
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