TN dé | he L ELA
4 D'un si beau decorum, observait-on les loix,
‘6 Sous son prédécesseur ? Ses grosses patenôtres, ‘ I] les disait du ton des primitifs apôtres.
‘6 Or, le curé promet, — Ne sait-il pas tenir ?
‘6 Que, si vous le vengez, il viendra vous bénir."
Alors, le président, que ce discours affecte, Pour venger le curé, propose une collecte.
Un murmure de joie accueille ce dessein. ÿ La sébile, aussitôt, tinte un bruit argentin.
A déployer son zèle, on se fait concurrence ; Chacun, à boursiller, voudrait la préséance.
Tel, un jeune gandin, entrant en un bazard, Est cerné, sur le champ, de belles, au hazard. Pour capter sa faveur, mille indiscrètes grâces, Concourent à l’envi, sur leurs riantes faces. Contre le grand rebelle, on statue aussitôt,
Et l’on décrète aussi qu'on informe, au plus tôt, Le curé, que chacun lui promet allégeance.
L'oraison étant dite, on lève la séance.
ur Muse, épargne mes chants. Un Dante seul peindrait, De Labelle éconduit, le grimaçant portrait.
Provoquant, dans son cœur, l’objet de sa rancune, Il ne peut que rugir : À nous deux, Lafortune ! Et vole, à sa maïson, s'entraîner au tournoi, Qui va mettre, demain, la paroisse en émoi.
Littré tihérehét EME SEE tsratetatétharieretrért EEE jet & N
MPALAEEC LE LRLLL LS LL LE LICEETOTUUOT EE NIONNNNete
S'enfermant au salon, tout le jour il s'escrime, Son timbre fléchit-il, un sirop le ranime,
Et ce n’est qu'à minuit que, sa voix de Stentor Contente d'elle-même, il se couche et s'endort.
L’aurore, en annonçant la sanglante journée,
‘claire le lever de la nouvelle année.
ÿ Hypocrites mortels, pourquoi publiez-vous
Qu'on oublie, en ce jour, la vengeance et ses COUps ? ; Quand, jamais, a-t-on vu l'odieuse malice
Fixer, pour ses desseins, une heure plus propice ? ; Ce curé, dans son lit, qui respire le fer,
Et souhaite au vieux chantre un pupitre en enfer } Au bout de la famine, offre-t.il un exemple
Du pardon, qu’en ce jour, il louera dans son temple ? , Et le chantre, qu'on vit, si souvent, communier, A:t-il l'air, dans son lit, de savoir oublier ? Le ciel ne peut souffrir tant de scélératesse. Ce jour n’excite plus la commune allégresse, Et, des vœux de bonheur, malgré tout le serment, Il règne dans les cœurs un noir pressentiment. Le gendre, intrigué, goûte une saveur amère . Au suave baiser qu'offre sa belle-mère ;
Et partout, chaque fils, plein de distraction, Ne reçoit, qu’en baillant, la bénédiction.
Que va-t-il arriver ? Chacun court à l’église, Sentant que va, bientôt, se dénouer la crise. Le curé, craignant d’être en quelque point surpris, Pour parer aux hasards, n’endosse qu’un surplis. Laissant l'honneur du culte aux célébrants novices, De Lefebvre il attend les suaves prémices.
Telle, se recueillant et suspendant son vol, La grive attend, le soir, le chant du rossignol.
Xe CS
Mais, ce n’est pas du chant, c’est un affreux vacarme, Qui gronde, à l’Zn/roif, et promène l'alarme. Plus d’une femme, alors, se renverse et pâlit,
Et, parmi les vaillants, le plus vaillant blêmit. L'un croit que retentit l’effrayante trompette Que, pour le dernier jour, annonça le prophète. L'autre craint que le ciel n'ait, là, ressuscité
Ces voix qui renversaient les murs d’une cité. Même, on vit sur sa toile, à suite de merveilles ! Le patron du saint lieu se boucher les oreilles. Le curé, prenant part au commun désarroi,
En soi, veut, à tout prix, ramener le sangfroid. Il l’a compris, sans peine, au bruit de la tempête, Labelle veut tenter un nouveau coup de tête.
Au balustre voisin il se fraie un chemin,
Et commande silence à l’aide de sa main.
Labelle, en son jubé, le fixe, en pleine face,
bibi ntitdittititatEtt tt e
LF
Et redouble, à plaisir, les éclats de sa basse,
Des signes de menace ayant même succès,
Le curé sent venir un orageux accès,
Déjà, le Gloria tempête, éclate et tonne,
Et du tendre ténor, rien encor ne résonne.
Lafortune, imitant l'antique Scipion,
Dit : —‘* Reportons la guerre en sa propre maison.’
Dans la nef, à ces mots, bravement il s’élance,
Droit à l’usurpateur, en personne, il s’avance.
Les spectateurs cessant d'envisager l’autel,
Observent, au jubé, ce combat solennel,
Relisant, à mi-voix, la teneur de la lettre,
À laquelle Labelle aurait dû se soumettre,
Lafortune, ému, dit, la voix en tremolo:
— Je veux que vous cessiez de chanter au solo ;
C’est mon ultimatum. Sinon, gare au constable. ”
Le vieux chantre, outragé par ce ton détestable, Roule des yeux de flamme et, renforçant sa voix, A l’aide d'un cornet qu’il forme avec ses doigts, Il braque l'instrument droit sur son adversaire, Et, répondant : Amen, lui lâche son tonnerre.
Lafortune, assourdi, recule de trois pas, Bénit les assistants qui lui tendent les bras, Puis du champ de bataille il fuit au pas de charge. Lefebvre, à cette vue, essaie une décharge,