VI. Les IMMUNITÉS
M. David aurait dû intituler ce chapitre :
les énormités. 1] en écrit plus d'une et des plus fortes dans ces quelques pages.
Il se demande d'abord comment on à pu
dans un pays comme le nôtre émettre “ des doctrines aussi extravagantes ” que celles des immunités ecclésiastiques: ‘Très fort canoniste, M. David! et, pour un bon catholique, très respectueux des lois ecclésiastiques qui remontent aux premiers âges du christianisme et qui ont leur racine jusque dans les ordinations des Apôtres !
On croirait à entendre les plaintes de M.
David que le clergé canadien s'est levé d'un bout à l’autre du Canada pour réclamer le privilège de fouler aux pieds impunément l'honneur et les droits des habitants du pays. Il nous semble que les réclamations du clergé n'ont jamais été si loin. Il réclamait, non point le privilège de n'être point jugé, mais celui de n'être point traduit sans l'autorisation de son juge naturel, l'évêque du diocèse, devant des tribunaux séculiers en matière civile ou pour des délits de droit commun, comme aussi de n'être traduit que devant des tribunaux ecclésiastiques pour des délits
d'un ner le ément | pay ®:
clergé it, NON é, mais utorisaliocèse, matière ommun, vant des es délits
imputés dans l'exercice du ministère. Ce privilège n'a rien d'exorbitant ; il y en a de même ordre dans la société civile, dont personne ne se plaint.
Un juge remettra, par exemple, àun père de famille ou à un chef d'institution le soin de corriger un délinquant au lieu et à la place du pouvoir civil. Or, le prêtre étant déjà soumis à la juridiction épiscopale, il n'était pas injuste quil ne pût être poursuivi devant deux tribunaux différents pour un seul et même délit. Et comme il s'agissait d'actes de ministère ecclésiastique, le juge le plus compétent n'était sûrement pas le juge séculier. Quel grave inconvénient à ce qu'un catholique, qui croit avoir à se plaindre de torts injustement commis à son détriment par un prêtre dans l'exercice de son ministère, s'adresse d’abord à l'Evêque qui est le juge et le père commun de lun et de l’autre, afin ave ces torts sutent répa. rés autant que l'exigent la justice et le respect des droits de tous ?
136 UN NANIFESTE LIBERAL
M. David prétendrait-il qu'il y a moins de garanties de discernement, de justice et d'équité dans un évêque que dans un juge séculier ? ou que la loi de l'Eglise est moins sage que Ja loi civile 2? Prétendrait-il qu'un juge séculier saura mieux qu'un évéque déterminer où finit le ministère et où commence le délit ?
Quand on y regarde de près, cette doctrine n'a rien de tellement extravagant ni de répugnant pour un catholique dévoué comme M. David, qui témoigne, quand cela fait son compte, tant de zèle pour le bien des âmes et l'honneur de la religion.
Il est vrai qu'il n'y avait pas à ce moment d'officialités régulierement constituées comme aujourd'hui : mais nos évêques n'en rendaient pas moins prompte et sérieuse justice quand ïls en étaient requis. Ce mode de justice paternelle avait pour des catholiques sincères, qui savent combien il
est difficile de ne pas avilir la religion en
\oc- {ni V4 out | cela
bien
bment ituées n'en rieuse Ge ur des bien il
on en
humiliant ceux qui la représentent aux yeux des peuples, l'avantage de faire redresser leurs griefs et de les faire rentrer promptement dans leurs droits sans exciter de scandale, La charité n'y gagnait pas moins que la religion. Si les avocats y perdaient quelque chose, la société civile n'y perdait pas et les parties non plus.
Ajoutons que l'Evêque ne refusait point d'ordinaire l'autorisation de poursuivre en matière purement civile, sil ne réussissait pas à concilier les parties. Nous avons dans notre vie deux exemples de cette justice, prompte et peu coûteuse en matière purement civile, et qui réconcilierait M.
David avec cette justice ecclésiastique pour laquelle il professe un si superbe dédain. Inutile de les citer; il na pas besoin de voir clair, mais d'aveugler les autres, s'il le peut, autant que lui-même.
N'en parlons plus.
Mais que viennent faire dans les immunités les malheurs des Métis et ce ‘“ pauvre Riel ?” Ils viennent prêter un prétexte à des phrases déclamatoires comme toujours, et fausses comme jamais,
“ Quant à la question métisse, on a reproché au clergé de n'avoir pas encore tenu compte assez du sentiment national, qui a poussé notre population à sympathiser avec les Métis maltraités, persécutés, poussés à bout ; d'avoir encore donné raison aux orangistes de croire et de dire que le gouvernement ne courait aucun danger en faisant monter Riel sur l'échafaud. On a ditque si Riel avait été exécuté, c'est parce que Sir John Macdonald, après avoir pesé toutes les influences, crut qu'il avait plus à craindre de l'énergie permanente des orangistes que des clameurs passagères des Canadiensfrançais ; C'est parce qu'il compta sur le clergé pour apaiser ceux-ci.”
Remarquons d'abord le procédé de M.
David. Quand il veut porter contre le
clergé une accusation plus grave, il se cache,
Onu i à vec $ à ranfnenon- Riel John les indre S que \iensur le
le M.
tre le
cache,
il se dissimule derrière un 0% quelconque.— Ainsi il laisse supposer que cette rumeur, qui peut ne provenir que d'un sot, a une vrande importance, peut-être même qu'elle est l'opinion universelle, tout au moins celle du plus grand nombre des hommes oraves et réfléchis. Il se varde bien de dire franchement: Moi, mes gens, mon parti, ou quelques hâbleurs qui savent rarement ce qu'ils disent, ou des écrivailleurs qui ne comprennent pas les mots qu'ils écrivent :
le lecteur serait sur ses vardes et n'hésiterait guère ; car il sait bien qu'une affirmation ne peut valoir que ce que vaut celui qui la fait. Cela ne fait pas le compte de M, David. Il recueille tous les mauvais propos qu'il entend, toutes les sottes accusations contre le clergé ; il les reproduit avec complaisance et approbation comme des jugements prouvés, authentiques et sans appel, et avec un 0% placé à propos il
charge la conscience publique de ces juge-
| ji
ments injustes et diffamatoires, dont en aucun cas elle ne voudrait se rendre coupable, C'est tout simplement une iniquité.
Assurément les sympathies du clergé, comme celles du peuple, étaient tout entières pour les Métis français du Nord-Ouest.
Mais elles n'étaient pas et ne pouvaient pas être pour l'insurrection et la guerre civile. Cette insurrection était trop manifestement un non-sens politique et un attentat criminel : un non-sens politique, parce qu'elle n'avait aucun but réalisable et n'avait aucune chance d'aboutir qu'à des désastres ; un attentat doublement criminel, et parce qu'elle s'attaquait à la paix publique et au pouvoir iévitime, ct parce qu'elle devait exposer et sacrifier inutilement la vie d'un grand nombre de citoyens.
NM. David, dans une phrase insidieuse, hypocrite comme il y en a tant dans sa brochure, et en particulier dans ce chapitre, e de Riel sur le
veut faire rejaillir le san
euse; hs Sd l pitre,
ur le
clergé canadien: c'est une infami! Le sang de Riel, si tant est qu'au jugement de l'histoire il doive retomber sur quelqu'un, retombera en grande partie, je ne dis pas sur ces patriotes sincères qu'éentrainaient de nobles sympathies, mais sur ces politiciens sans principes et sans vergoune, sur Ces vulgaires ambitieux, sans portée d'esprit, sans noblesse de caractère, comine il s'en trouve toujours dans les partis politiques, qui, pour avancer leurs propres affaires, par leurs manœuvres déloyales où antipolitiques, contribuèrent à amoindrir ceux qui seuls auraient pu par leur influence et leur sagesse sauver l'infortuné, s'il était possible de le sauver. Il retombera sur ces démagogues à courte vue qui, surexcitant sans à propos les passions populaires et faisant d'une question de justice politique et d'ordre social avant tout une question de race et de sentiment national, ont mis le pouvoir
public dans la nécessité d'affirmer son
droit à l'obéissance de tous les sujets, de quelque race et de quelque langue qu'ils soient.
Nous n'avons pas à reviser ce procès qui a été fait suivant les formes lévales ; nous n'avons pour cela ni mission ni autorité, I faudrait être appuyé sur de bien fortes preuves pour accuser, à la face d'un pays, un juge d'avoir vendu le sang innocent, un chef de gouvernement, à qui la confiance du peuple a remis librement le soin de ses destinées pendant trente ans, d'avoir commis, par faiblesse et par égoïsme, un assassinat politique pour se maintenir au pouvoir, et le pouvoir souverain d'avoir connivé à ces deux exécrables injustices en n'exerçant pas à propos son droit de srâce et de miséricorde. Nous ne voyons nullement qu'il importe à la paix et à la morale publiques de prêcher au peuple que c'est la justice qui est criminelle, et non pas le criminel condamné par elle.—Sans doute,
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un
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voir
un
jy au avoir es EN grace nulleorale e c'est pas le doute;
justice :
la justice humaine peut faire des erreurs :
mais ceux qui la condamnent sont-ils infaillibles ? et leur erreur est-elle moins dangereuse pour la société que celle de la ? Dans le cas de Riel, la justice s'est-elle égarée ? a-t-elle frappé un insensé, croyant frapper un coupable ? La science humaine, appelée à éclairer la justice, s'estelle trompée dans ses affirmations ? Dieu seul le sait d'une science infaillible, Probablement, M. David n'en sait guère plus que nous, Au moins, dans le temps, ses amis ne le savaient pas au juste. Pour les uns Riel était un martyr, pour les autres un fou ; pour les uns il était un héros, pour les autres un inconscient, Pour nous, nous savons seulement que les fous les plus dangereux pour la société sont ceux qui eXCusent tous les crimes sous prétexte de folie,
Admirons la logique de notre penseur national.-—-Tout à l'heure, p. 40, il s'épou-
vantait à la seule pensée que l'on püt songer
1H UN MANIVESTE LIBERAL
à former un parti canadien-français ou un parti catholique : il avertissait solennellement les conservateurs et le clergé que ce serait une faute politique immense qui ligucrait contre nous toutes les forces anglaises et protestantes et anéantirait pour toujours notre influence dans la Confédération, Et vous et vos amis, qu'avez-vous fait dans ce fameux mouvement national ?
N'avez-vous pas, exploitant les sentiments généreux de compatriotes bien intentionnés, travaillé de toutes vos forces à grouper ensemble tous les députés canadiens-français pour les lancer dans une véritable ouerre de race, dans unelutte imprévoyante que vous ne vous contentez pas de rappeler, mais que vous faites un crime à nos FEvêques ae n'avoir pas favorisée ? Vous leur reprochez d'être intervenus, non pas sur le terrain politique, mais sur le terrain doctri-
nal, pour éclairer la conscience de leurs
fidèles, que vous égariez par vos principes
qui ‘CCS Jour Léravous nal ?
nents nnés, ouper g-franritable oyante ppeler, vêques 5 leur LL sur le doctrile leurs
rincipes
dangereux, et leur bon sens traditionnel que vos déclamations insensées menaçaient de perdre d'une manière lamentable, Mais si les dangers d'un parti national canadienfrançais sont aussi redoutables que vous le dites pour notre religion et notre race, les Evêques, qui auraient par leur sage inter vention arrêté le peuple sur cette pente fatale, n'auraient-ils pas bien mérité de la religion et de la patrie ? Oui, si M. David était tenu de raisonner ; mais M. David a toujours ses grandes et nobles passions qui l'en dispensent.
C'est pourquoi il fait le procès aux Evêques. Il s'en prend d'abord à son Ordinaire. Il se garde bien de dire ce que savent tous ceux qui lé connaissent, que son Archevêque est la mansuétude et la patience même, et qu'il a fallu un dévergondage sans limites d'idées malsaines et de passions révolutionnaires pour le décider
à une démarche qu'il savait bien devoir
contrister une partie de son troupeau, peutêtre même de son clergé. C'était le grand danger de ce mouvement où il y avait beaucoup plus de sentiment que de raison, qu'il menaçait de tourner la tête à bien des
prêtres comme à de simples fidèles. L'Ar-
chevêque ne pouvait plus ne pas intervenir.
Il intervint avec un calme et une mansuétude dignes de sa charge et de son caractère doux et pacifique. On ne lui pardonna point cet acte de fermeté que l'on avait eu le tort de ne pas attendre de lui, et qui n'était au fond qu'un acte de sagesse chrétienne et de charité pastorale très opportun pour sauver l'honneur de l'Eglise et le bon sens chrétien du peuple. M. David y revient encore.
“ Pendant que la population en larmes s'assemblait pour demander la grâce ou au moins la commutation de la sentence de ce pauvre Riel, Mer Fabre lançait une lettre où il disait qu'un vent de révolte soufflait au sein de notre peuple. Hélas ! il aurait
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bien pu laisser souffler ce vent de révolte, laisser brûler ce feu de paille, comme l'appelaient nos ennemis en riant.”
Qui ne croirait que Mer de Montréal n'est intervenu que parce que son peuple paisiblement assemblé demandait avec larmes la commutation de la peine de ce pauvre Riel ? Si nous avions le loisir de refaire, d'après les journaux du temps, le récit de ces assemblées et les discours de ceux qui y péroraient avec autant de doctrine et de bon sens que M. David dans sa brochure, on serait édifié une fois de plus sur la candeur et la sincérité de notre his-
torien.
Oui, c'est bien la révolte, et c'est aussi l'erreur et la sottise, que M. David et d'autres moins innocents que lui soufflaient au peuple dans ces assemblées et dans les articles de journaux. N'avons-nous pas entendu alors soutenir par des hommes qui
se tenaient pour docteurs, qu'il est permis
au simple particulier d'en appeler aux armes contre le pouvoir pour redresser ses griefs ; qu'il n'est jamais permis au pouvoir public de punir du dernier supplice des rebelles, causes volontaires de la mort d'un grand nombre de citoyens ; et autres erreurs aussi contraires au bon sens qu'à la
morale chrétienne ?
Non, l'Evêque ne pouvait pas laisser souffler ce vent d'erreur et de révolte.
Sans doute le feu de paille, dont nos concitoyens n'avaient que trop de raison de rire, se serait vite éteint; mais l'erreur serait restée dans l'esprit du peuple, au grand détriment de sa conscience et de son bon sens.
“ C'était la première fois depuis longtemps, ajoute M. David, que les Canadiensfrançais prouvaient au monde que les sentiments d'énergie et de noble fierté de leurs
ancêtres n'étaient pas complètement éteints dans leurs cœurs.”
Si la population en larmes s'était seule-
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nos son rreur au
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lon£dienssenti- , jeurs éteints
seule-
ment ‘ assemblée pour demander la grâce ou la commutation de la sentence de ce pauvre Riel,” comme vient deledire M. David, nous ne voyons pas en quoi elle manifestait les sentiments d'énergie et de noble fierté de ses ancêtres. C’est donc qu'il y avait autre chose : des discours de protestations, d'indignation,de menaces, des insultes violentes et grossières, toutes choses qui témoignaient, non de l'énergie et de la fierté, mais de la passion aveugle et surexcitée. Ce n'est pas ainsi qu'un peuple manifeste sa force : c’est souvent ainsi qu'il trahit sa faiblesse et son impuissance. La force d'un peuple est dans sa tête, et non dans ses poumons.
Avec vos assemblées démagogiques où vous ne traitiez qu'en vaines déclamations et par des appels au sentiment et aux passions populaires les questions les plus
vraves de la politique, vous apprenie: au
peuple,--ce qu'il ne sait que trop déjà, —à mettre le sentiment à la place de la raison
et les passions au lieu des principes.
* Un jour viendra où on s'apercevra que, lorsque l'énergie manque pour défendre l'honneur de la patrie, elle manque aussi pour défendre la religion.”
L'honneur de la patrie, qui l'avait mis en jeu ? Il n'en était pas question. Quelles qu'aient pu être les arrière-pensées de quelques francophobes, jamais notre peuple n'eût été déshonoré ni humilié par la mort de Riel, si vous n'aviez si activement travaillé pour qu'il le fût. M. David a toujours le talent de mettre la patrie où elle n'est pas, et l'honneur où il n'y a pas d'honneur. Riel était poursuivi, non comme coupable d'être catholique et canadienfrançais, mais comme coupable de rébellion à main armée et responsable de la mort de ses concitoyens. Où notre honneur était-il engagé à crier au monde entier qu'il était de notre sang et que pour ce seul crime il allait être exécuté ?
Je retourne à M. David sa phrase singu-
lièrement modifiée et corrigée.
n es elple Ofrt tratouelle pas DHUINE dienellion ort de était-il | était
rime il
SINLU-
“Un jour viendra, et même il est déjà venu, où l'on s'aperçoit que, lorsque l'énervie manque aux chefs politiques pour défendre la religion, elle manque aussi pour défendre l'honneur de la patrie !"— Ce n'est pas au clergé ni aux vrais fidèles qu'est dû ce compliment peu flatteur, mais trop mérité,
Continuons le chapitre des immunites.
L'attaque de M. David contre Mer Laflèche est encore moins Jjustifiable et moins patriotique que sa réclamation contre son Archevêque. Et, en effet, qui connaissait mieux la situation des Métis français du Nord-Ouest que le vénérable évêque des Trois-Rivières, lui qui avait vécu de longues années avec eux et les tribus sauvages et ouvert avec les premiers missionnaires ces plaines immenses du Nord-Ouest à la civilisation catholique et française ; lui qui était resté depuis l'ami, le confident, le conseiller
intime et préféré, nous allions dire Je
Se
152 UN MANIFESTÉ LIBERAT,
maitre et le père du vénérable Archevêque de St Boniface, dont personne assurément ne contestera les lumières et le patriotisme ? Qui pouvait parler sans crainte d'être accusé de faire de la politique et de trahir les Métis et leur cause, si ce nest ce vaillant apôtre, qui, après avoir été longtemps par ses sages conseils, ses saints exemples, ses vertus apostoliques le soutien, la force et la joie des ouvriers évangéliques de ces vastes contrées, n'a cessé depuis de porter dans son corps les stigmates des souffrances héroïquement supportées au service de la religion, et dans son cœur l'amour de ces peuples qu'il avait engendrés à la foi, aux jours de sa jeunesse sacerdodale ? Qui donc avait mission pour parler, si ce n'est lui? Qui pouvait le faire avec une telle autorité et de telles garanties de justice et d'impartialité ? Qui pouvait refuser d'écouter avec respect un tel servi-
teur de la religion et de la patrie cana-
dienne-française ?
ats en, ques S de des au cœur ndrés erd0jarler, avec ties de ouvait \ servi-
, cana-
M. David, le patriote par excellence, le national M. David.
“ Inutile de dire que Mer Laflèche jugea à propos d'exposer ses principes sur Île respect dû à l'autorité, principes qui auraient pour effet, s'ils étaient suivis, de faire des Canadiens-français un peuple sans force, sans autorité.”
C'est tout. Voilà au moins un Evêque exécuté sommairement, Mais ce Jjugement qui semble clair et définitif ne nous satisfait pas entièrement. S'il est permis à un humble mortel, qui est encore tenu à un certain respect pour les évêques et leurs enseignements, de demander des éclaircissements à un personnage qui est si manifestement au-dessus d'eux et peut traiter de si haut et leur doctrine et leur personne, nous demandons très respectueusement à M. David lequel des principes de Mer Laflèche sur le respect dû à l'autorité aurait pour effet de faire des Cana-
diens-français un peuple sans force, sans
Eee. id un (on |
autorité ? Et comme la doctrine de Mer Laflèche est aussi ancienne que le pays, nous demandons respectueusement à M.
David si les Canadiens-français ont été depuis l'origine un peuple sans force, sans autorité ? Et comme tous les peuples catholiques, en particulier la France, ont été dirigés par les mêmes principes, nous demandons encore à M. David si l'ancienne France a été quatorze siècles sans force et
sans autorité ?
Enfin, puisque cet excellent M. David a de si excellentes doctrines pour l'éducation et le perfectionnement des peuples, nous lui demandons toujours respectueusement quels principes sur le respect dû à l'autorité il faudrait enseigner aux Canadiens-français pour en faire un peuple ayant quelque force et quelque autorité ?
En attendant qu'il plaise à M. David de nous instruire plus parfaitement sur ces
questions, nous nous permettrons de lui
été ans ples ont nous jenne rce et * ex ; doctionne:
andons Ancipes faudrait our en
force et
avid de de \ui
faire observer que, pour un ennemi féroce des immunités, il s'en octroie libéralement de plus d'une sorte et que les prêtres euxmêmes n'ont pas: d'ordinaire la prétention d'exiger : immunités de l'enseignement du Pape et des Evêques, immunités des ordonnances épiscopales, immunités du respect dû à la personne des Evêques non moins qu'à leur doctrine, immunités de lhistoire, immunités de la morale sociale, immunités des lois les plus élémentaires d'une polémique honnête et sérieuse, immunités de ce commandement de Dieu qui défend de mentir, d'injurier et de calomnier son prochain, fût-il même un évêque, immunités parfois des lois de la logique et du bon sens.
“On se demande maintenant comment on à pu dans un pays comme le nôtre éniettre sérieusement des ‘ prétentions ” si extravagantes.”
M. David devient ineffable, toujours dans le chapitre des immunités.
“Mais tenons compte des sympathies manifestées par une grande partie du clergé, des services funèbres chantés dans la plupart des églises à la mémoire du patriote métis, et de la neutralité sympathique d'un grand nombre de prêtres aux élections provinciales de 1887,
“Ne condamnons que ce qui ne peut être excusé ou justifié.”
C'est précisément le contraire que fait M. David : il ne condamne que ce qui peut et doit être justifié, et il n'excuse et ne justifie que ce qui n'est ni excusable ni justifiable,
Notons en passant qu'on a déjà fait remarquer à M. David dans le Courrier du Canada qu'il n'y a pas eu d'élections provinciales en 1887. Une pareille erreur de date n'est pas étonnante chez lui, bien qu'il fût, dit-on, député à cette époque: nous
avons vu tout à l'heure qu'il n'a pas la
mémoire des chiffres et qu'il compte diffei-
eut
fait peut jus-
justi-
x fait ner du & proeur de n qu'il nous
pas la
diffici-
lement jusqu'à trois ou quatre.—Nous en aurons d'autres preuves,
Ici, toutefois, la date précise importe peu : nous voyons à peu près ce dont il s'agit.
M. David a-t-il raison de tant s'applaudir de ce qu'il appelle, non sans charme et sans élégance, la neutralité sympathique d'un certain clergé? Nous n'en sommes pas bien sûr.— D'abord nous savons que Îles Evêques, n'ayant alors aucun intérêt religieux à défendre, observèrent la neutralité parfaite dont ils avaient sagement fait une loi conciliaire pour eux-mêmes et leur clergé. Nous savons aussi que les prêtres hdèles aux lois de la discipline ecclésiastique observèrent une neutralité qui n'eut rien ni d'antipathique ni de sympathique, mais qui fut exclusivement ce qu'elle devait être, ecclésiastique et sacerdotale ; et, grâce à Dieu, en ce temps-là comme à toutes les époques de notre histoire, ce fut le très
grand nombre.—-Quant à l'exception qui a