‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècle; Fulbert, évêque de Chartres, martyrologe a l'usage de l'église de Chartres - Fulbert et sa cathédrale, nécrologe du chapitre Notre-Dame de Chartres, Chartres et pièces liturgiquesChapitre 11 sur 26 · A. — OFFICE NOTÉ DE SAINT GILLES · texte numérisé non relu

A. — OFFICE NOTÉ DE SAINT GILLES

La plus importante des pièces liturgiques insérées dans le manuscrit de Saint-Etienne est l’office propre de saint Gilles noté en neumes. Le texte et le chant sont l’un et l’autre du XIe siècle : le chant est inédit, mais le texte a déjà été plusieurs fois publié.

En 1608, Charles de Villiers édita cet office parmi les œuvres de Fulbert2, d’après un manuscrit inconnu. Ce même document a été inséré dans le Bibliotheca ma xi ni a veterum Patrum (T. XVIII, p. 48), et reproduit par Mi g1 ne dans sa Patrologie latine (T. CXL1, col. 843).

1 Cel office est transcrit dans le manuscrit de Saint-Etienne du folio 94 r° au folio 96 v°.

2 Fulberti opéra varia, fol. 174 v°.

DU XIe SIECLE

Enfin il a été de nouveau imprimé par M. Ernest Rembry1, d’après un Bréviaire de la collégiale de Saint-Donatien de Bruges.

Ce même texte se rencontre dans d'autres manuscrits que celui de Saint-Etienne ; ainsi dans plusieurs Bréviaires chartrains des XIIIe et XIVe siècles : il est également transcrit avec le chant sur les feuilles de g’arde du manuscrit 71 de la Bibliothèque de Chartres et dans un Antiphonaire de Beauvais appartenant aujourd’hui à la Bibliothèque Sainte - Geneviève de Paris. Dans ce dernier manuscrit, l’office de saint Gilles est reproduit suivant l’ordre même de la cérémonie, tandis que, dans notre manuscrit de Saint-Etienne, toutes les antiennes et tous les répons sont copiés à la suite les uns des autres, et les diverses parties de l’office ne sont point indiquées.

Charles de Villiers, et après lui l’auteur du Bibliotheca maxima et Mig’ne dans sa Patrologie, ont commis diverses erreurs en éditant cette pièce liturgâque, dont ils n’ont pas reconnu la composition. Ils n’ont pas publié l'antienne des P’es Vêpres; en tête des antiennes de Laudes ils ont inscrit ce titre inexact, In matutinis Lauclibus responsoria ; ils ont placé à la suite les antiennes et les répons des trois Matines, qu’ils intitulent Prosœ et alia responsoria. Ajoutons à cela que le texte même de l’oftice contient un grand nombre de mauvaises leçons. Pour tous ces motifs nous croyons utile d’éditer à nouveau ce document.

L'office de saint Gilles comprend neuf antiennes et neuf répons pour les Nocturnes et cinq antiennes pour Laudes : ces dernières servaient aussi sans doute pour les Vêpres. Il y a de plus deux antiennes à Mag’nificat (l,es et 2mes Vêpres) et une antienne à Benedictus. Le manuscrit 71 de Chartres ajoute deux nouveaux répons, ce qui porte le nombre total à onze : on peut supposer qu’il y en avait un deuxième, probablement noté, aux P’es Vêpres, lequel aurait été chanté, selon

1 Saint Gilles, sa vie, ses reliques , son culte en Belgique et dans le Nord de la France. Bruges, 1881 (T. II, p. 454).

UN MANUSCRIT CH ARTRAIN

l'usag’e ancien, entre le capitule et l’hymne. Ce nombre de douze est celui de l'office monastique qui contient, comme on le sait, quatre répons à chaque Nocturne. Le Bréviaire de Bruges ajoute aussi cinq antiennes spéciales aux Vêpres, en vers hexamètres. Nous donnerons ces additions, après avoir publié le texte du manuscrit de Saint-Etienne.

Cet office a été composé savamment. Les antiennes d’une part, et de l’autre les répons forment chacun un tout, dont toutes les parties s’adaptent à l’ordre de la cérémonie et à la vie du saint. On sait que les antiennes et les répons étaient autrefois réunis dans deux livres liturgiques distincts, l’antiphonaire et le responsorial ; ce qui explique pourquoi ils développent parallèlement une idée spéciale. Ainsi l'antienne des lres Vêpres, Suscipientes , qui ouvre la fête du saint, l’annonce joyeusement et s’élance comme un cri d’actions de g’ràces envers Dieu. L’invitatoire de Matines, Adoremus , qui se chante au point du jour, répète solennellement la même pensée. Les neuf antiennes des trois Nocturnes redisent les étapes successives de la vie de saint Gilles, depuis sa naissance jusqu’à son sacerdoce. Les neuf répons des mêmes Nocturnes reprennent aussi cette vie et la poursuivent, mais en appuyant davantage sur les vertus du personnage. A Laudes, les antiennes correspondent aux psaumes auxquels elles sont jointes, et semblent faire écho aux premiers mots des psaumes eux-mêmes.

Nous publions ci-dessous l’office de saint Gilles, en suivant l’ordre de la cérémonie, comme dans le manuscrit de Sainte-Geneviève. Nous nous conformons pour le texte au manuscrit de Saint-Etienne, sans ajouter de variantes, car, parmi les diverses leçons des autres manuscrits, aucune n’est à retenir.

pes VÊPRES

Ant. à Magnificat. — Suscipientes beati Egidii sollempnia celebranda, tibi, summe Pater, grates atque laudes exsolvimus, qui servos tuos et in terra mirificas et in celo gloriose coronas.

DU XIe SIÈCLE

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