‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècle; Fulbert, évêque de Chartres, martyrologe a l'usage de l'église de Chartres - Fulbert et sa cathédrale, nécrologe du chapitre Notre-Dame de Chartres, Chartres et pièces liturgiquesChapitre 10 sur 26 · CHARTES ET PIÈCES LITURGIQUES · texte numérisé non relu

CHARTES ET PIÈCES LITURGIQUES

Les documents qui nous restent à signaler sont dispersés çà et là dans le manuscrit de Saint-Étienne : ils sont de moins longue haleine et de moindre valeur que les précédents ; toutefois on ne doit pas les dédaigner, car chacun d’eux contient quelques renseignements utiles pour l’histoire chartraine.

Parmi ces documents, les uns sont des pièces administratives, les autres des pièces liturgiques. Les premiers comprennent trois serments prononcés en assemblée capitulaire :

A. le serment d'un prévôt du Chapitre;

B. le serment d'Hugues de G a il ar do n ;

G. le serment des chanoines de Chartres au sujet de Gervais et de ses fils.

Les pièces liturgiques se composent :

A. d’un office noté de saint Gilles;

B. d'une litanie des saints;

G. d’une cérémonie d’anathème;

D. d’un office des morts.

Il est aisé de comprendre pour quels motifs ces diverses pièces ont

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été insérées dans le volume qui contenait à la fois le Nécrologe et le Martyrologe du Chapitre. Le Nécrologe en effet était un livre officiel, et on y mentionnait souvent, comme nous l’avons vu, les droits et les propriétés des chanoines. C’est à ce titre qu’on lui a confié les trois serments indiqués ci-dessus, qui sont précisément des actes passés en plein chapitre et concernant les biens capitulaires. Quant au Martyrologe, on le lisait pendant Primes à l'église, et il servait de livre de cérémonies. C’est la raison pour laquelle on y a inscrit l’office de saint Gilles et plus tard, vers la fin du XIe siècle, les prières usuelles des litanies, la cérémonie de l’anathème et l’office des morts. Il faut remarquer en outre que tous ces documents ont été copiés antérieurement à l’année 1130, dans le temps où le Nécrologe était encore en usage.

i. — Les Chartes

A. — SERMENT d’üN PRÉVÔT DU CHAPITRE 1 (1070 environ)

« Hoc audiatis, canonici hujus ecclesie. Ex hac hora inantca, non exigam in terra Sancte-Marie mei ministerii neque ministerii Ingelranni malas consuetudines, quas rétro ibi accepi, unde querelam habuistis adversum me, nec in ministerio meo accipiam scienter, nisi hoc quod ad prepositum inde pertinet, quod jure potero diracionari hic in hoc capitulo pertinere ad prepositum. Et si hoc fecero insciens vel aliquis meorum per meum receptaculum , intra quindecim dies ex quo inde monitus ero ex parte cleri hujus capituli, persolvam eis sine lege quidquid inde accepero vel il le , aut diracionabor hic in hoc capitulo quod jure acceperim vel i 1 le, nisi talent necessitatem habuero quod inventa non sit ad hoc remanendum, et si eant habuero, postquam inde liberatus ero, infra quindecim dies

* Cet acte n’a jamais été édité; il est transcrit au folio 138 v° de notre manuscrit.

DU XIe SIECLE

diracionabor similiter meam justiciam, vel reddam ablatum sine lege, aut infra quadraginta cum lege. Haie sacramento interfuerunt :

Hugo, vicedominus, et filius ejus, Albertus;

Gauslinus de Leugis, et filius ejus Gauslinus;

Gonterius, filius Haimonis;

Teudonis ;

Ebrardus Haimonis. »

Ce serment, prononcé en réunion capitulaire, a été prêté par un prévôt du Chapitre dont le nom n’est, pas mentionné dans l’acte. Ce prévôt s’eng’ag’e à ne prélever sur les terres dont l'administration lui a été confiée, pas plus que sur celles du prévôt Engaierrand, aucunes mauvaises coutumes. Si par erreur lui ou l’un de ses serg’ents s’approprie ce qui ne lui est pas dû, il devra, sitôt averti, le restituer aux chanoines, sans payer d’amende, dans le délai de quinze jours; ou bien il devra prouver son bon droit en plein chapitre, à moins toutefois qu’il n’ait ag’i ainsi par nécessité absolue. Dans ce dernier cas, dès que cette nécessité aura cessé d’exister, il aura un délai de quinze jours pour se justifier ou rendre ce qu’il aura pris, ou bien un délai de quarante jours, mais en payant une amende.

La formule de ce serment est à rapprocher d’une autre formule analog’ue publiée par les éditeurs du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres. Nous voulons parler du serment que prêtaient aux chanoines, vers l’année 1150, les serg’ents des prévôts 1 . Ces deux documents se rattachent à l’histoire des disputes qui durèrent pendant plus de deux siècles entre le Chapitre de Chartres et les officiers charges de l’administration des biens capitulaires. Nous avons raconté précédemment ’ comment, vers l’année 970, l’évêque Eudes, pour éviter de graves abus, remplaça l’économe, qui seul g’érait toutes les propriétés des

1 De Lépinois et Merlet, Cart. de N.-D. de Chartres, tome I, p. 157. - Voir plus haut, pages 134 et 135.

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chanoines, par quatre prévôts dont il érig’ea la charge en dignité canoniale. Mais cette réforme ne fut pas aussi profitable qu’on eût pu l’espérer. Les prévôts entrèrent bientôt dans la voie qu’avait autrefois suivie l’économe. Dès le milieu du XIe siècle, le serment que nous venons de publier en fait foi , ils commettaient toutes sortes d’exactions dans leur rninisterium 1 , c’est-à-dire dans l’étendue des terres qu’ils administraient ; ils taillaient les prébendes à leur bon plaisir, et, jusqu’à la fin du XIIe siècle, ces malversations des prévôts et de leurs sergents furent la cause des plus grands troubles dans le Chapitre de Chartres 2.

L’époque à laquelle fut prononcé le serment , dont nous avons fait l'analyse , peut être fixée avec une certaine précision. Le prévôt Enguerrand, qui s’y trouve mentionné, est bien connu. C’est le même officier qui devint plus tard chancelier et doyen du Chapitre 3. En l’année 1072, Enguerrand apparaît comme doyen, il avait dû dès lors résigner ses fonctions de prévôt . Notre serment a donc été prononcé antérieurement à l’année 1072. D’autre part, parmi les personnages qui souscrivirent cet acte, se remarquent le vidame Hugues et son fils Albert. Hugues, nous l’avons vu, était déjà vidame de Chartres en 1044 4 ; il mourut vers 1075. Son fils Albert, ainsi que Goslin de Lèves, a signé en l’année 1070 environ diverses chartes de l’abbaye

1 Ce mot rninisterium, qui est employé deux fois dans la teneur du serment, fut l’expression consacrée dès le principe pour désigner la circonscription territoriale confiée à la garde d’un prévôt. Une lettre adressée en 1022 par les chanoines de Chartres à Hugues, archevêque de Tours, en fait foi. On y lit : Terras nostras quæ sunt in ministerio Hervei et Tetoldi... predati surit (Lettres de Fulbert, édition de Yilliers, f° 103 v°). Hervé et Télold étaient deux prévôts du Chapitre et vivaient au temps de Fulbert.

2 Cf. Lépinois et Merlet, Cartul de N.-D. de Chartres, Introduct., p. XCVIII et sv.

3 L’obit d’Enguerrand se lit au 19 mai dans notre Nécrologe; il est ainsi conçu : [Obiit] Ingelrannus , hujus æcclesie decanus et prepositus fidelis et cancellarius utilis.

4 Voir plus haut, p. 117.

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de Saint-Père1. Enfin Gontier, fils d’Haimon, a mis également sa signature au bas d'un titre de l’abbaye de Saint-Père, antérieur de quelques années à 1070 2. Il résulte de là que ce serment, prêté en présence des chanoines par un prévôt inconnu , a été prononcé avant 1072, mais peu de temps auparavant et très probablement vers 1070.

B. — SERMENT DE HUGUES DE GALLARDON (vers 1100)

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris sancte Carnotensis ecclesiç fratribus quod Hugo de Gaulardone abjuravit in capitulo Beate Marie, coram omnibus tam clericis quam laids, sicut et pater suus ante abjuraverat in presentia comitis Teobaldi, se non ulterius accipere pedagium de re canonicorum communi aut propria que duceretur per castrum suum. Abjuravit etiam se nullum ex rusticis Beate Marie in viaria sua manentibus moniturum de justicia quin prius dicat ammonitionis causant. Moniti autem, sicut supradiximus, denominata offensionis causa, ad castrum suum semel ibunt, et, si legale exonium ipse vel serviens suus habuerit, oportebit eos redire tantum alia vice. Quod si aliquis adversus supradictos rusticos proclamaverit et proclamator legale exonium habuerit, rustico in domo sua contramandabitur. »

Ce serment 3 a été publié sans aucun commentaire par M. Benoît dans V Annuaire du département d’Eure-et-Loir pour l’année 1844 (p. 378) ; il a été reproduit par M. L. Merlet dans son Histoire de Gallardon 4. Gomme le précédent serment, il a été prononcé en plein chapitre. Hugues, seigneur de Gallardon, à l’exemple de son père, jure de ne jamais faire payer d’impôt pour les marchandises, quelles qu elles

1 Cartul. cle Saint-Père , p. 212-215.

2 Ibidem, p. 159.

3 II est transcrit au folio 129 r° de notre manuscrit.

4 Mémoires de la Société archéologique d’ Eure-et-Loir , tome II, p. 293, note 1.

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soient, appartenant à la manse du Chapitre ou à un chanoine en particulier, qui traverseront son bourg- de Gallardon. Il s’eng-ag-e également à n’appeler à son tribunal aucun des tenanciers du Chapitre demeurant dans l’étendue du ressort de sa justice, sans l’avoir averti au préalable du motif de cet appel. Le paysan dûment averti ne sera tenu d’aller à Gallardon qu’une seule fois. Si Hug-ues ou son serg-ent font valoir une excuse lég-ale pour ne pas jug-er la cause du tenancier qu’ils auront ainsi déplacé, celui-ci devra revenir encore une fois à Gallardon; mais après ce second voyag-e il ne répondra plus à l’appel. Si une autre personne que Hug-ues porte plainte contre l’un des dits tenanciers et que le plaig-nant ait une excuse lég-ale pour ne pas comparaître au jour dit, il devra en faire avertir le tenancier à domicile.

Ce serment montre avec quel soin jaloux les chanoines défendaient contre les seig-neurs leurs droits personnels et aussi ceux des paysans qui cultivaient les terres du Chapitre.

M. L. Merlet, dans son Histoire de Gallardon , suppose que cet acte est de la seconde moitié du XIIe siècle et que le personnag-e précédemment mentionné est Hug-ues, seig-neur de Gallardon de 1170 à 1190 environ. Mais, dans le manuscrit de Saint-Etienne, que M. L. Merlet n’avait pas entre les mains lorsqu’il composa cet article , l’écriture du document révèle une transcription faite dans les premières années du XIIe siècle; il est donc évident que ce serment copié à la suite du Nécrolog-e en l’année 1100 environ n’a pas été prononcé vers 1180.

M. L. Merlet ne sig-nale point de seig-neur de Gallardon du nom de Hug-ues, vivant au début du XIIe siècle ; il suppose qu’antérieurement à 1120 la seig-neurie de Gallardon appartenait aux vicomtes de Ghàteaudun : il y a là, comme on va le voir, une erreur de date. Les vicomtes de Chàteaudun étaient suzerains des seig-neurs de Gallardon, mais, dès le XIe siècle, ils n’étaient plus propriétaires de ce château. Nous en citerons comme preuve un acte du mois de décembre 1207, où la série et la filia tion des seig-neurs de Gallardon pendant le XIe siècle sont

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clairement indiquées. Par cet acte, Henri, archidiacre de Chartres, confirme à l’abbaye de Bonne val l’église de Notre-Dame de Gallardon qui avait été concédée en 1118 à ce monastère par l’évêque Geoffroi. On y lit : Ecclesiam de Gualardone sicut ab Alberto , ejusdem castri domino, fundata est cum incrementis et donis que Herveus, ejns filins, eidem ecclesie contulit et hiis omnibus que postea fiilii ejus Hugo et Garinus et eovum successores addiderunt, eisdern monachis in perpetuum confirmamus 1 . Ce passage est très important, parce qu’il nous apprend la généalogie de personnages dont les noms étaient déjà connus, mais que l’on ne savait pas avoir été seigneurs de Gallardon et qu’on ne pouvait rattacher d’une façon certaine les uns aux autres. Le premier est cet Albert, fondateur de l’église de Notre-Dame, qui apparaît dans plusieurs documents de 1025 à 1037 environ, et qui porte le titre de dominus castri de Galardone. Voilà donc un seigneur de Gallardon distinct des vicomtes de Ghàteaudun et vivant dans les premières années du XIe siècle. Il faut ajouter cependant qu’Albert tenait sa terre et son château de Gallardon de la munificence de ces mêmes vicomtes, qui , avant lui, paraissent avoir été les véritables seigneurs du bourg.

L’histoire d’Albert touche de très près à celle du célèbre vicomte de Ghàteaudun, Geoffroi, que la correspondance de Fulbert nous fait entrevoir sous un jour peu flatteur. Cette correspondance nous fait connaître entre autres choses qu’il y avait déjà au début du XIe siècle à Gallardon un custellum , lequel fut détruit par le roi Robert le Pieux au cours d’une de ces guerres de seigneur à seigneur si fréquentes à cette époque. Vers l’année 1020, le vicomte Geoffroi, propriétaire de ce château, entreprit de le réédifier, malgré F opposition du roi et de l’évêque de Chartres. Sur le refus qu’il fit de détruire son nouveau donjon, F excommunication fut lancée contre lui. Geoffroi s’en vengea en ravageant les propriétés de l’évêque Fulbert et celles du Chapitre de Chartres. Cette lutte, dont le clerg’é chartrain eut beaucoup à souffrir,

1 Archives d’Eure-et-Loir, fonds de l’abbaye de Bonneval.

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ne se termina pas à l’avantage de Fulbert ; car le donjon de Gallardon resta debout et continua de menacer les terres de Notre-Dame. Geoffroi en confia alors la garde à Albert , qui devint ainsi, sous la suzeraineté des vicomtes de Chàteaudun, le premier seigneur de Gallardon. Albert, au commencement de l'année 1028, souscrivit la charte de restauration de l’abbaye de Coulombs1. Il vivait encore en 1033 2. Nous avons vu précédemment qu’il fonda dans son château P église de Notre-Dame et qu'il eut un fils, Hervé, qui lui succéda comme seigneur de Gallardon. En 1052, Hervé assista à la fondation du prieuré de Saint -Thomas d'Epernon 3. Vers 1080, le moine Paul écrivait dans le Gartulaire de Saint- Père : Nunc Herveus , de Walardone dominas, suis viribus confidens, nullam consuetudinem vult reddere 4. Hervé fut père d’Hildeburge, qui mourut en odeur de sainteté dans l’abbaye de Pontoise, le 3 juin 1115, et dont la vie a été écrite par un contemporain. L’auteur de cette Vie parle de la femme d’Hervé qui se nommait Béatrix et qui était d’illustre origine : Hildeburgis de nobili prosapia in pago Carnotensi , Castro Galardone, exorta est. Hujus pater extitit Herveus , castri Galardonis dominas, potens divitiis et honoribus, genitrix vero illius Beatrix vocata et ipsa parentali generositate eximia. Outre Hildeburge, Hervé eut quatre fils : Hugues, Guérin, Gui et Milon. Il mourut vers 1090 5 et fut enterré dans l'abbaye de Bonneval 6. Hugues, son fils aîné, hérita de la seigneurie de Gallardon. Vers l'année 1100, Hugues

{ Gallia Christiana, tome VIII, Instrumenta , col. 297.

2 II a souscrit une charte de l’abbaye de Saint-Père , rédigée entre 1033 et 1037 (Cartul. de Saint-Père , p. 160).

•' Moutié et de Dion, Cartulaire de Saint - Thomas d’Épernon et de Notre-Dame de Maintenon. Rambouillet, 1878, in-8°.

4 Cartulaire de Saint-Père , p. 42.

5 Dès 1092 son fils Hugues devait lui avoir succédé à Gallardon. Cf. Cart. de Marmoutier pour le Dunois, p. 135.

6 C’est ce que nous apprend son iils Hugues dans la charte de fondation du prieuré d’Auneau (Annuaire du département d’ Eure-et-Loir, année 1867, p. 95).

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apparaît avec le titre de Gualardonensium dominus dans la charte de fondation du prieuré d’Auneau. Ce même document montre que Hugues avait épousé Ag'nès; qu’il avait une fille, Mathilde, encore toute jeune, parvula ; que ses trois frères s’appelaient Guérin, Gui et Milon ; enfin qu'il se préparait à partir pour Jérusalem, dominicum quoque sepulchrum lerosolymis petiturus.

H u gaies se joignit sans aucun doute à l’expédition dirigée en Palestine par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, expédition où périt le comte de Chartres, Etienne-Henri (19 mai 1102). 11 est probable que Hugues trouva lui-même la mort en Terre-Sainte. Dès les premières années du XIIe siècle, ses frères Guérin et Gui lui avaient succédé, te premier comme seigneur de Gallardon, l’autre comme seigneur d’Auneau.

C’est cet Hugues, seigneur de Gallardon de 1090 à 1102 environ, qui a prêté le serment précédemment édité. On voit, d’après le texte de ce serment, que le père de Hugues, Hervé, avait autrefois fait une promesse analogue en présence du comte de Chartres, Thibaut III; et il est très probable que le père d’Hervé, Albert, fit semblable serment aux chanoines de Chartres lorsque furent apaisées les disputes qui s'étaient élevées entre l’Évêque, le Chapitre et Geofïroi de Châteaudun à propos de la reconstruction du château de Gallardon.

C. — SERMENT DES CHANOINES DE CHARTRES AU SUJET DE GERVAIS ET DE SES FILS (Vers 1121)

« Sacramentum canonicorum pro Gervasio et filiis ejus factum.

De quingentis libris quas Gervasius et filii ejus nobis juraverunt nichil condonabimus, nec aliquis per nos, nec respectum dabimus, nisi per consensum Capituli, sonante signo, nisi per oblivionem remaneat. De hoc etiam quod, post factum sacramentum suum, ceperunt et amodo capient, tam ipsi quam sui, nichil condonabimus, nec eos absolvemus

nec absolvi concedemus, donec reddiderint in denariis vel in vadimoniis aureis vel argenteis, quantum homines nostri probabunt. Vadimonia autem nec reddemus nisi redimantur, nec recredemus, nec talia accipiemus in quibus calumpniam audierimus, nec mutabimus. Hec omnia que hic scripta sunt observabimus per fidem, sine aliquo malo ingenio scienter, ad honestatem ecclesie et ad utilitatem pauperum, donec reddiderint omnia pro quibus excommunicati sunt vel excommunicati fuerint. Hoc sacramentum juraverunt :

Sanson decanus,

Gerogius precentor,

Hugo subdecanus, Walterius archidiaconus , Odo archidiaconus, Gauslinus archidiaconus, Hugo prepositus, Heinricus prepositus, Salomon archidiaconus, Gualerannus abbas, Radulfus camerarius, Vulgrinus cancellarius, Guarinus presbiter, Ricardus presbiter, Bernardus scole magister, Guarinus alter presbiter, Beringarius presbiter, Gauslinus diaconus, Paganus de Mongervilla, Radulfus Teobaldi,

Rotbertus Leofredi,

Radulfus Bigotus,

Gosbertus Chanardi,

Guillelmus Moignardi,

Ebrardus Vitalis,

Girardus capicerii,

Hugo Odonis,

Fulbertus Sancti-Carauni, Herbertus Arnulli,

Guido cancellarii,

Ansoldus Ansoldi,

Symon Belini,

Albertus Andree,

Hugo Gualardonensis,

Herbertus Belotinus,

Seirannus prepositus,

Raginaldus presbiter,

Vitalis Saverici,

Guillelmus Hugonis Bonevallensis.»

Cette charte est intéressante moins par son objet que par la série presque complète des chanoines de Notre-Dame de Chartres qui l’ont souscrite h II s’ag-it d’un seigmeur du nom de Gervaisqui, de com-

1 Ce document est transcrit au folio 130 v° de notre manuscrit; il a déjà été

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plicité avec ses fils, avait fait tort au Chapitre d’une somme de 500 liv res qu’il avait détournée à son profit. Les chanoines s’engagent par serment à ne jamais abandonner leurs droits sur cette somme dérobée et à ne point relever Gervais ni ses fils de l’anathème lancé contre eux avant qu ils n’aient tout restitué ou fourni une caution sûre. Le seigneur, dont il est ici question, est sans nul doute Gervais de Chàteauneuf-en-Thimerais (1100-1130 environ), qui fut excommunié plusieurs fois, ainsi que ses fils, par l’évêque de Chartres, saint Ives, comme nous l’apprend la correspondance de ce prélat. Les fils de Gervais se nommaient : Hugues, Pierre, Gervais et Gaston L

Cet acte est certainement antérieur à 1124; car il est sig’né par Hugues, sous-doven du Chapitre, par Gerog’ius, chantre, par Bernard, maître des écoles, qui tous moururent en 1 1 24, puisqu’on les voit encore en charge au commencement de cette année et qu'ils étaient déjà remplacés par d’autres dignitaires dans les derniers mois de 1124. D’autre part, ce même document est postérieur à 1119; car Samson, qui signe ici comme doyen, succéda dans cet office à Arnaud, lequel mourut le 4 novembre 1119. il n’est guère facile de préciser davantage. Toutefois on peut croire que ce serment fut prononcé à une époque plus voisine de 1119 que de 1124; car Bernard qui apposa sa signature au bas de la charte n’était encore que magister scole sous le chancelier Vulgrin. Or Bernard, avant l’année de sa mort qui arriva en 1124, fut lui-même quelque temps chancelier. Nous pouvons donc dater, à un ou deux ans près, ce serment de 1121 environ. La confrontation sommaire des titres chartrains de cette époque prouve que tous les chanoines mentionnés ici vécurent de 1100 à 1150.

publié par M. Benoît dans l’Annuaire du département d’Eure-et-Loir, pour l’année 1844, page 379. Mais l’édition de M. Benoit contient un assez grand nombre de fautes de lecture, portant principalement sur l’orthographe des noms propres et les défigurant. Il nous a donc paru utile de publier de nouveau ce texte d’une façon plus correcte.

Cartulaire de Saint-Père , p. 287, 518, 566, 585, 729.

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On remarquera parmi les signataires la fréquence de ceux qui portent deux noms et qui s’appellent , par exemple , Guillelmus Moignardi , Herbertus Arnulfi , Guido cancellarii , Girardus capicerii. Ces génitifs indiquent des degrés de parenté, ordinairement celui de fils ou de neveu. Ainsi il faut traduire Guillaume, fils de Moignard, Herbert, fils d’Arnoul, Gui, neveu du chancelier, Girard neveu du chefcier, comme le prouvent d'ailleurs certaines chartes plus explicites. Quelques copistes ignorant cet usagr ont écrit, Guido cancellarius et Girardus capicerius ; ce qui est une erreur et prête à croire faussement que ces personnages étaient chancelier ou chefcier. Ces surnoms exprimés sous forme de génitif ont été dans un gnand nombre de cas l’origâne des noms de famille.

ii. — Les pièces liturgiques

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