‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècle; Fulbert, évêque de Chartres, martyrologe a l'usage de l'église de Chartres - Fulbert et sa cathédrale, nécrologe du chapitre Notre-Dame de Chartres, Chartres et pièces liturgiquesChapitre 14 sur 26 · AA Z1 J · texte numérisé non relu

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Une question se pose immédiatement. Ces neumes ne sont point écrits sur une portée. Quelle est leur valeur, quels sont leurs intervalles1 ? Si un esprit exercé, un ami du vieux plain-chant grégorien peut reconnaître la marche générale de ces mélodies et même dire à quels modes classiques elles se rapportent , il lui est impossible de préciser davantage et de donner à chacune de ces notes, qui ont une tournure presque sténographique, le sens et le nom qui lui appartiennent. Pour obtenir ce résultat, il fallait avoir la bonne fortune de retrouver un office de saint Gilles noté comme celui-ci, mais à la façon de Gui d’Arezzo, c’est-à-dire sur des portées de quatre lignes. Nous recherchions cette précieuse traduction, qui nous permettrait de déchiffrer nos neumes, quand le R. P. dom Pothier, alors sous-prieur de Solesmes, maintenant prieur de Ligugé, à qui nous avions confié notre embarras2, nous signala Y Antiphonaire de Beauvais , conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, sous la cote BB. L. 26. Cet Antiphonaire forme un volume in-folio écrit à la fin du XIIIe siècle. Notre office y est transcrit du feuillet 265 v° au feuillet 268 v°. La notation musicale en est très distincte de celle du manuscrit de Saint- Etienne ; les notes sont disposées sur des portées de quatre lignes, ce qui règle d’une manière certaine les différents intervalles entre les

1 Dans un savant travail sur les neumes, Jules Tardif ( Essai sur les neumes, dans la B i b 1 . de l’Ecole îles Chartes, année 1853, p. 264) a tenté l’un des premiers de donner une interprétation de cette ancienne notation musicale. La même année, A. -J. Vincent, membre de l’Institut, publia à son tour une notice sur La valeur et la lecture des neumes (Paris, Douniol, 1853). Depuis cette époque, grâce surtout aux patientes études des bénédictins de Solesmes , la science des neumes a fait des progrès considérables , et l’on peut dire aujourd’hui qu’on est arrivé , dans bien des cas , à lire ces caractères qui, pendant si longtemps, avaient refusé de livrer leur secret.

2 Nous adressons ici tous nos remerciements au R. P. dom Pothier, qui non seulement a eu la complaisance de nous signaler le manuscrit de Sainte- Geneviève , mais encore a bien voulu composer pour nous une étude spéciale sur le chant de l’office de saint Gilles, étude dont sa haute compétence garantit assez l’intérêt et que nous publierons intégralement plus loin.

UN MANUSCRIT CH ARTRAIN DU XIe SIECLE

sons; les anciens neumes ont subi une transformation graphique et ont déjà pris l’aspect des notes carrées des XIV0 et XVe siècles. La comparaison de ce chant, dont la lecture ne présente aucune difficulté, avec celui du XIe siècle, dont l’interprétation, douteuse dans quelques détails, est certaine dans l’ensemble, prouve avec évidence l’identité de l’une et l’autre mélodie b

Gi ’àce à l’oblig*eance de l’un des conservateurs de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, nous avons obtenu communication de l’Antiphonaire de Beauvais. Nous avons prié alors notre confrère, M. l’abbé de Sainte- Beuve, très compétent, au jugement du R. P. dom Pothier lui-même, dans l’étude des neumes grégoriens , de prendre une copie rigoureusement exacte du texte et du chant de l'office tels qu’ils sont transcrits dans ce manuscrit. Cette copie a été revue et soigneusement éditée à Solesmes par l’imprimeur de l’abbaye, le seul qui possède en France les caractères voulus pour représenter les différents groupements et les différentes formes de neumes. Nous avons ainsi une traduction fidèle de l’office de sainl Gilles, composé et annoté à Chartres avant 1028. C’est elle que nous donnons dans les pagos qui suivent, après avoir exprimé notre vive reconnaissance à tous ceux qui nous ont aidés à l’obtenir. Nous reproduisons le manuscrit de Sainte-Geneviève d’après l’ordre suivi par celui de Saint-Etienne, en séparant les antiennes et les répons.

1 II y a cependant entre le manuscrit de Saint-Etienne et le manuscrit de Sainte- Geneviève quelques variantes de chant. Nous avons réuni ces variantes dans un tableau spécial, qui a été dressé par le R. P. dom Pothier et que nous publierons, après avoir reproduit le texte et le chant du manuscrit de Sainte-Geneviève.

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