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1. — Description d’une peinture sur vélin, exécutée en Vannée 1098 par André de Mici , et consacrée à la mémoire de Fulbert.
La partie du manuscrit que nous allons maintenant décrire offre cet intérêt particulier qu’elle contient un type excellent de l'art de la miniature au commencement du XIe siècle. L’on ne connaît pour cette époque que peu de monuments du même genre à date certaine. Aussi cette œuvre, qui a été signée par son auteur et dont la date se place d’une manière sûre en l’année 1028, doit-elle être à tous égards l'objet d’une étude spéciale.
C’est ce que l’on nommait au Moyen-Age un tumulus et ce qui s’est appelé jusqu’au XVIIe siècle un tombeau. On désignait ainsi l’éloge funèbre, écrit ou imprimé immédiatement après la mort d’un personnage illustre b Ce tumulus consacré à la mémoire de l’évêque de Charti ’es, Fulbert, mort le 10 avril 1028 1 2, fut donc composé, comme
1 Nous citerons entre autres le livret suivant : Tombeau cle Mre Philippe Desportes, abbé de Thiron, par J. de Montreuil. Paris, P. Ramier, 1606, in-8°. — Le poète, Philippe Desportes, était mort le 5 octobre 1606.
2 On sait que la date de la mort de Fulbert n’ofl’re plus aujourd’hui le moindre doute. Cf. Pfister, De Fulberti Carnotensis episcopi vita et operibus. Nancy, 1885, in-8°.
UN MANUSCRIT C H A RT R A I N
nous venons de le dire, en cette même année 1028. — 11 est formé de deux feuillets de vélin, détachés l’un de l’autre et qui ont été intercalés dans le Martyrologe à la date du 10 avril. Ges deux feuillets, qui sont reproduits en tête de ce chapitre, semblent avoir été arrachés à un cahier contenant d’autres pages et n’être qu’un fragment d’une œuvre plus importante. Gette remarque, faite a priori, d’après l’aspect même du manuscrit, sera confirmée par des considérations d’un ordre tout différent.
Le recto du premier feuillet contient, dans un encadrement de style carolingien, le commencement de l’obit de Fulbert, en capitales d’or sur fond pourpre :
HAC DIE1, || MIGRAVIT AD || DoMINUM PATER NOSTER || BONAE MEMOR1AE
FüLBERTUS, SUAE || TEMPESTATIS PONTIFICUM || DEÇUS, PRAECLARA LUX MUN || DO A DEO DATA, PAUPERUM SUS || TENTATOR , DESOLATORUM CONSO || LATOR, PREDONUM ET LATRO ||
Sur le verso du même feuillet est la fin de l'obi t. Ges dernières ligmes sont écrites en lettres d’or dans un encadrement qui consiste en de simples bandes bleues recouvertes de quelques ornements. Les lig’nes sont séparées les unes des autres par des bandes horizontales de la même nuance. On y lit :
[LATRO] NUM REFRENATOR ; VIR ELOQUEN || TISSIMUS TAM IN DIVINIS QUAM IN OMN || IUM LIBERALIUM ARTIUM L1BRIS , QUI AD || RESTAURATIONEM 1IUJUS SANCTI TEMPLI, [| QUOD IPSE POST INCENDIUM || A FUNDAMENTO REED1FICA || RE CEPERAT, BONAM PARTEM AURI || SU1 ET ARGENTI RELIQUIT, ET j| DISCIPLINAE AC SAPIENTIAE RA || D1IS HUNC LOCUM ILLUMINAV1T, || ET CLERICIS SUIS | MULTA BONA FECIT.
A la suite de cet obit, déjà connu pour avoir été inscrit dans tous les Nécrologes du Chapitre de la cathédrale de Chartres, se lisent trois
1 Ges mots /tac elle, sans l’indication précise du jour où mourut Fulbert, semblent prouver que dès l’origine ce tumulus était destiné à être inséré dans le Martyrologe en regard de la date du 10 avril.
DU XIe SIÈCLE
vers bien précieux, parce qu’ils donnent à la fois le nom de l’auteur qui enlumina ces pages, et celui du disciple reconnaissant qui fit faire à la mémoire de son maître Fulbert cet insigne monument.
Voici ces trois vers qui sont en petites capitales d’or sur fond pourpre :
Ultimus in clero Fulberti nomine Sigo
Andreae manibus haec pinxit Miciacensis ;