‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècleChapitre 10 sur 37 · EXPLICIT · texte numérisé non relu

EXPLICIT

2 D'après les vers placés en tête du manuscrit de Saint-Père , Ultimus in clero Fulberti noniine Sigo, etc., M. Pfîster avait cru que Sigon était l'auteur de ce manuscrit (De Fulberti vita, p. 2 et 3) ; mais, puisque ces vers ont été copiés sur un document antérieur, il faut renoncera cette hypothèse. On aurait peine d'ailleurs à croire que Sigon, le conseiller intime, fidus a secretis, de Fulbert, ait contribué à former un recueil aussi imparfait et aussi confus des œuvres de son maître. Enfin l'écriture du manuscrit tout entier semble appartenir à la seconde moitié du XI"^ siècle plutôt qu'à la première.

54 UN MANUSCRIT GHARTRAIN

C'est ici le lieu de remarquer que cette œuvre complète devait comprendre trois g-randes miniatures, dont il ne nous reste plus qu'une seule. En tête de celle qui est parvenue jusqu'à nous sont inscrits, avons-nous vu, en g'uise de lég'ende explicative, les vers :

Pavit oves Domini pastor vener abilis annos

Qiiinque quater mensesque decem cum mensibus octo. Tout porte à croire que les deux vers,

Instnixit juveïiis nonnullos discipulorum

Artibiis his septem multwn studiosus earum, servaient ég*alement de titre à une miniature, dans laquelle André de Mici avait représenté Fulbert, avant qu'il ne fût évêque, enseig-nant, comme écolâtre du Chapitre de Chartres, les sept arts libéraux à de nombreux disciples.

De même les vers,

Infirmos, niidos, sicientes, esurientes

Visere, vestire studuit, potnre, cibare, devaient se trouver en tête d'une miniature où Fulbert était fîg'uré secourant les malades et les pauvres. En effet, comme nous le disions précédemment, il semble bien que les deux feuillets qui subsistent encore ont été détachés d'un cahier contenant d'autres pag-es. Sur ces pag'es étaient peintes sans doute les deux miniatures dont le manuscrit de Saint-Père nous a conservé les titres descriptifs ^

En résumé, voici, suivant nous, comment était composée dans le principe l'œuvre d'André de Mici. Elle formait un cahier de quatre feuillets de vélin. Le premier feuillet (r° et v") contenait l'obit de Fulbert; il est reproduit en tête de ce chapitre. Le second feuillet était

^ Il faut remarquer que le tumulus, destiné à perpétuer la mémoire de l'évêque Fulbert, était ainsi très bien conçu. II permettait de suivre ce grand prélat dans les principales phases de sa vie. On le voyait d'abord, encore jeune, enseignant à Chartres les arts libéraux; puis, devenu évêque, prêchant dans la cathédrale; enfin secourant, jusqu'à son dernier jour, les pauvres et les infirmes.

occupé par une g^rando miniature représentant Fulbert au milieu de ses disciples. Cette miniatui'e n'existe plus. Sur le troisième feuillet était peinte la miniature reproduite plus haut en héliog-ravure. Enfin, au quatrième et dernier feuillet, Fulbert était fig-uré visitant les pauvres et secourant les infirmes. Cette miniature a ég-alement disparu.

11. — La cathédrale de Chartres construite par Fulbert, diaprés la miniature d'André de Mici.

Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1020, la cathédrale de Notre- Dame de Chartres fut entièrement détruite par un violent incendie ^ Fulbert, qui était alors évèque de Chartres, entreprit de réédifier la basilique et il consacra à cette œuvre les dernières années de sa vie. Cette construction, qui fut durant huit ans le principal objet des pensées du prélat chartrain, inspira à André de Mici l'ing-énieuse idée de représenter Fulbert dans sa Cathédrale.

Il peig-nit la vue extérieure du nouvel édifice depuis le faîte jusqu'à la hauteur des fenêtres des bas-côtés; il ne fig'ura point le mm* au-dessous de ces fenêtres, mais, par un procédé bizarre, il supposa ce mur supprimé et laissant apercevoir l'intérieur de la cathédrale où Fulbert parle au peuple chartrain.

' A/ino M° vlgesimo, episcopalus doiniù Fulberti aiino xiv°, sub ipsa nocte Nadvitatis beatae Mariœ , non sohun ccclesia conibusla sed etinm Iota destructa est (Tronslationes S. Aniani dans les Annlecta Bo/landiana,i. VII, p. 331).

On ne peut douter que l'artiste se soit efforcé de rendre aussi exactement que possible l'aspect extérieur du monument. D'ailleurs, à part l'abside qui devait présenter quelques difficultés de dessin, la façade méridionale de l'église offrait à l'œil du peintre une série de lig"nes simples à tracer.

Un examen rapide de la miniature d'André de Mici permet de constater de prime abord que la cathédrale de Fulbert se composait d'une g-rande nef et de deux bas-côtés et qu'elle se terminait par un chevet en forme de rotonde flanqué de trois absidioles^ 11 faut remarquer en outre qu'elle n'avait pas de transepts et que deux clochers lui étaient accolés, l'un près de la façade occidentale, l'autre au nord près du chevet.

L'exactitude de la peinture d'André de Mici peut être aujourd'hui partiellement contrôlée, car une partie notable de la cathédrale de Fulbert s'est conservée jusqu'à nos jours et les fondations tout entières de cette ancienne basilique subsistent encore. Mais, pour faire ce contrôle, il est nécessaire de reconstituer, d'après ce qu'il en reste, le monument dans son état primitif, et il est indispensable d'en connaître d'abord exactement le plan. C'est donc le plan de l'église construite par Fulbert qu'il nous faut retrouver parmi les substructions de la cathédrale actuelle.

Il est peu d'édifices en France qui aient depuis le IX° siècle une histoire aussi certaine que la cathédrale de Chartres. Un auteur chartrain, qui écrivait en l'année H 38 environ, s'exprime ainsi en parlant des différents incendies qui de 858 jusqu'à 1134 ravag-èrent la ville et détruisirent l'ég'lise de Notre-Dame : « Les écrits des anciens, dit-il, » font connaître que, depuis 280 ans, cette cité fut cinq fois détruite par » des incendies qui réduisirent en cendres presque toutes les ég-lises » et les monuments. Le premier de ces incendies eut lieu en 858, au

^ Sur la miniature on n'aperçoit que deux de ces absidioles ; la perspective empêche qu'on voie la troisième qui est celle du nord.

» temps des Danois, qui massacrèrent alors beaucoup de Chartrains » et tuèrent 1 evêque Frotbold, ainsi qu'une g'rande partie du clerg-é '. » Le second incendie advint en 962 - ; le troisième en 1020, la 14' année » de l'épiscopat de Fulbert. Cette fois, la cathédrale fut non-seulement » endommag'ée par les tlammes, mais elle fut ruinée de fond en » comble. Fulbert consacra alors son g'énie, son activité et son arg'ent » à la reconstruire depuis les fondations; il la fit dune grandeur et » d'une beauté étonnantes, et il la laissa à peu près achevée lorsqu'il » mourut. Le quatrième incendie arriva en 1030, le 11 septembre, la » 2' année de l'épiscopat de Thierri ^. Le cinquième eut lieu en 1134, » le mercredi 7 septembre ; la cité fut presque entièrement détruite , » mais par la miséricorde de Dieu , l'ég-lise de Notre-Dame fut préser- » vée des flammes qui l'environnaient *. » — Ces lig^nes, nous l'avons dit, furent écrites vers 1138 : une cinquantaine d'années plus tard, un nouvel incendie renversait la cathédrale de Chartres dans la nuit du 9 au 10 juin 1194 '". Elle fut alors réédifîée telle qu'elle se voit encore

* Voir plus bas le Nécrologe à la date du 12 juin.

^ Ibidem , à la date du 5 août.

' Nous reparlerons plus loin de cet incendie arrivé sous l'épiscopat de Thierri et dont les historiens chartrains ont généralement tenu peu de compte. Ce sinistre semble du reste avoir eu moins de gravité que celui de 1020.

* Cf. Translationes S. Aniani , loc. cit. — Le texte latin que nous venons de traduire renferme quelques erreurs de date que nous avons rectifiées dans notre traduction. Ces erreurs proviennent de fautes de copistes.

^ Dans un Nécrologe de l'église collégiale de Saint-André de Chartres, dont quelques extraits, copiés par l'abbé Brillon, sont conservés aux Archives d'Eure-et-Loir, on lisait au v des ides de juin : Combustio Carnotensis ecclesie, sexta feria, anno Domini MCXCIV. Le v des ides de juin ou le 9 juin tombait en 1194 un jeudi ; d'après l'indication de la sexta feria qui marque le vendredi , il y a lieu de supposer que l'incendie arriva dans la nuit du jeudi au vendredi, c'est-à-dire du 9 au 10 juin 1194. Les Miracles de Notre-Dame de Chartres, publiés par ^L A. Thomas dans la Bibliothèque de l'école des Chartes, année 1881, p. 508, assignent à cet incendie la date du 11 juin 1194; ce serait une erreur d'un jour.

aujourd'hui. — Depuis le IX' siècle, la cathédrale de Notre-Dame de Chartres fut donc cinq fois détruite puis reconstruite : il semble , d'après les anciennes chroniques, que les deux sinistres qui causèrent le plus de dommag"es à ce monument furent les incendies de 1020 et de

L'édifice actuel, qui fut bâti entre les années 1194 et 1230 environ, est élevé sur une vaste crypte qui servait déjà de fondement à la cathédrale antérieure, et qui, lors de l'incendie de 1194, fut éparg-née par les flammes dont ses voûtes l'avaient g*arantie. Cette crypte, par son architecture, se disting*ue nettement du reste de l'ég'lise. Elle est couverte dans toute sa long-ueur par de fortes voûtes d'arêtes, sans nervures aucunes et sans arcs doubleaux. Les retombées de ces voûtes portent sur des pilastres eng'ag'és et terminés à leur partie supérieure par des tailloirs chanfreinés. Les murs sont construits en maçonnerie de mortier et de silex ; ils ont partout de 1 " ,40 à 1 "" 60 d'épaisseur : là où a été employée la pierre de taille, les joints qui séparent les pierres entre elles sont d'une g-rande larg'cur ' ; des briques sont parfois placées verticalement dans ces joints ; la taille des pierres est écharpée et gTossière. — Ce sont là divers caractères qui font reconnaître de prime abord que la crypte de Chartres est une construction du XP siècle.

Nous donnons ci-contre (n° I) le plan de cette vaste crypte dans son état actuel. Sur ce plan, on a marqué en hachures obliques les constructions ajoutées à la crypte postérieurement à l'incendie de 1194. Les parties pointillées, indiquées au bas de rég*lise, représentent les fondations A, A' des deux clochers, qui, comme on le sait, furent bâtis au XIP siècle, ainsi que les deux travées /;, b\ qui furent faites à la même époque pour relier la crypte aux clochers. Dans la travée b, on

^ Les assises de pierre qui entourent les fenêtres de la crypte ne sont point séparées par des joints épais, mais, comme nous l'expliquerons plus loin, ces fenêtres ont été entièrement refaites longtemps après la construction première de la crypte.

Dr Xr SIKCLF.

Echelle de jr^ o u u

PLAN Oli LA CUYPÏK DE LA CATIIKDIIALI-: l)i; CHAIITUES

AVKC SES DIVERSES TUA.NStOK.MATIO.NS

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voit au point c un frag-ment d'ancien mur qui s'est conservé et qui marque l'endroit où se terminait la crypte avant la construction des clochers. Tout ce qui est dessiné en noir sur le plan appartient au XP siècle.

Si l'on suit ce tracé en lig*nes noires*, on voit que la crypte au XP siècle se composait de deux g-aleries latérales D, D', l'une au nord, l'autre au midi. Ces g'aleries, séparées par un larg-e terre-plain % étaient reliées par un déambulatoire E, sur lequel s'ouvraient trois chapelles absidales F, F' F". De plus il y avait deux transepts G, G'. — Nous allons décrire plus en détail chacune de ces parties de la crypte du XP siècle.

Les deux g'aleries D, D' ont chacune onze travées, abstraction faite des deux travées è, b\ qui, comme nous l'avons dit, datent du XIP siècle. Chaque travée est éclairée par une fenêtre cintrée dont le sommet atteint la voûte. En certains endroits le cintre de ces fenêtres a même été surbaissé pour ne pas pénétrer dans la voûte. Cette disposition paraît au premier coup d'oeil anormale : elle n'est point

' Ce tracé que nous donnons de la crypte de Chartres au XI'' siècle a été depuis longtemps reconnu et adopté par les archéologues. C'est celui auquel s'était arrêté Paul Durand, cet érudit si savant et si modeste, qui avait consacré une grande partie (le sa vie à étudier jusque dans les moindres détails la cathédrale de Chartres, mais qui a été enlevé à la science avant d'avoir mis au jour toutes les notes qu'il avait réunies. Cf. P. Durand, Monographie de N.-D. de Chartres, collection des Documents liicdits, 1881, p. 2 et ssv. — Voir aussi, d'après P. Durand , un plan de la cathédrale, telle qu'elle était avant l'incendie de 1194, dans la Monographie de la cathédrale de Chartres, publiée par la Société archéologique d'Eure-et-Loir, t. I , p. 98.

- Ce terre-plain est également dessiné en noir sur le plan. C'est un immense massil de terre ou de remblais. Dans la partie semi-circulaire qui termine ce massif, vers l'abside, se trouve en contre-bas de la crypte un caveau connu sous le nom de caveau de Saint-Lubin. Ce caveau, que nous n'avons point figuré sur le plan, servait de martyrium à la cathédrale qui fut incendiée en 1020. Protégé par sa voûte, il ne fut pas endommagé par les flammes; lorsque l'évêque Fulbert récdifia l'église, il conserva celte crypte primitive, dont l'architecture peut fournir d'utiles renseignements sur l'art de bâtir à l'époque carolingienne.

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du reste la disposition primitive. Des fouilles pratiquées récemment dans la cathédrale l'ont démontré. Ces fouilles ont mis à jour, en /, /', deux fenêtres, d'un aspect antique, dont le cintre n'atteint pas les voûtes, et dont la construction, différente de celle des autres fenêtres de la crypte, est toute en pierres alternant avec des briques et séparées par des joints très épais. Il est certain que dans le principe toutes les fenêtres de la crypte étaient semblables à celles-là ; mais, par suite de l'élévation prog'ressive des terrains avoisinant la cathédrale, ces baies, qui primitivement avaient été ouvertes au ras du sol, furent après une centaine d'années obstruées en partie par les remblais extérieurs. La crypte étant devenue insuffisamment éclairée, on dut, vers le milieu du XIP siècle, exhausser toutes les fenêtres, et, pour permettre à la lumière de passer plus abondamment, on les mit dans l'état où on les voit aujourd'hui '. D'ailleurs les traces de ce remaniement s'aperçoivent encore en plusieurs endroits.

Chacune des travées des deux g^aleries D, D' de la crypte étaient donc à l'orignne semblables à celles où se trouvent les fenêtres i, i'.

' A l'origine et avant quelles n'eussent été reconstruites au XII^ siècle, les fenêtres de la crypte devaient produire un assez bel effet d'ornementation sur chacune des façades latérales de l'église. En effet, les deux fenêtres primitives récemment découvertes sont d'une construction très soignée dans toutes les parties qui pouvaient être aperçues du dehors. Leur voussure extérieure est entièrement formée par des pierres de petit appareil alternant régulièrement avec des briques de grande dimension. Mais la brique n'est plus employée ici de la même manière qu'aux époques mérovingienne et carolingienne où elle entrait dans toute la construction. On voit qu'au temps où l'on bâtissait nos deux fenêtres, la brique ne servait plus que de siujple décoration. La preuve en est qu'elle n'apparaît point dans la voussure intérieure. Il est certain que vues du dehors ces fenêtres devaient rompre par la teinte de leurs briques la monotonie des murs latéraux de l'édifice. Au-dessus de chacune d'elles est un arc plein-cintre formé d'un seul rang de briques; il semble que ce soit comme le prototype de l'archivolte à biilettes si communément employé pour décorer les fenêtres dans tout le cours du XI'' siècle. Cf. R. Merlet, Dates de la construction des Cryptes de la Cathédrale de Chartres, Chartres, Garnier, 1892, in-8°.

UN MANUSCRIT CHARTUAIX

La planche placée ci-dessous représente : i, le profil des tailloirs couronnant les pilastres qui supportent les retombées de la voûte, ii, le plan de la fenêtre i\ à IV-chelle de 0,03. m, la travée T dans son état actuel, à lechelle de 0,01.

Le déambulatoire E, qui relie entre elles les g^aleries D, D', est voûté en berceau; on y pénètre par deux portes /.:, /,:', dont le cintre est formé de claveaux de pierre séparés par de larges joints. Les trois chapelles absidales ¥, ¥\ F", qui s'ouvrent sur ce déambulatoire, sont ég-alement couvertes par une voûte en berceau, dont

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l'extrémité se termine en cul-de-foui". Les fenêtres de ces chapelles ont été remaniées et rehaussées au XII" siècle '.

Il reste à parler des deux transepts G, G'. On remarquera dans ces transepts, en L, L', deux escaliers qui permettent de descendre de l'extérieur dans la crypte. Ces escaliers sont éclairés chacun par une fenêtre m, m'; au bas de chacun d'eux est une porte n, n', donnant accès dans les g-aleries D, D'. La fenêtre m a été refaite au XII* siècle ; quant à la fenêtre m', elle s'est conservée dans son état primitif. Son ébrasement est pratiqué obliquement dans le mur et était dirigée sur la porte n\ de façon que la lumière venant du dehors frappât directement sur cette porte. L'ébrasement et le cintre de cette fenêtre m' sont appareillés en pierres taillées g-rossièrement et dont les joints sont épais. On reconnaît encore ici la marque du XP siècle, mais il faut noter avec soin que la construction de cette fenêtre se disting'ue de celle des deux fenêtres ?', i', dont nous parlions tout à l'heure, en ce que la brique n'y a point été employée.

Cette remarque a son importance, car, comme nous allons le voir, les deux transepts G. G' n'appartiennent point au plan primordial de la crypte. Ils ont été ajoutés lors d'une reconstruction partielle de la cathédrale au XL siècle.

Le transept G ofTre actuellement des restes d'architecture de beaucoup d'époques. Il a été maintes fois remanié et transformé, de sorte qu'il y a quelque difficulté à le reconstituer tel qu'il était à l'orig'ine^.

* Dans la chapelle F on remarque deux fenêtres actuellement bouchées qui appartiennent à la construction primitive. Elle ne furent pas exhaussées au XII*^ siècle, parce que dès lors elles étaient sans doute aveuglées par un bâtiment extérieur. On verra plus loin que les deux fenêtres /, i', que Ion a découvertes récemment, n'ont été conservées dans leur état primitif que grâce à ce qu'elles étaient déjà au XII^ siècle masquées par des perrons conduisant aux porches de l'église supérieure.

2 Nous croyons devoir avertir les archéologues que, par une négligence incompréhensible, le plan de la crypte, qui a été dressé par les soins du Ministère de

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Voici comment Paul Durand s'exprimait à ce sujet : « Cet endroit, et » celui qui y correspond du côté du midi, ont subi de tels chang^ements » et de telles modifications, qu'il est fort difficile de se rendre compte » de leur état primitif. Nous en sommes réduit à faire des supposi- » tions, sans pouvoii* rien établir de certain. L'examen de ces parties » fait sur place conduit à penser qu'il y avait ici un transept se repro- » duisant à l'étag^e supérieur dans la cathédrale du XP siècle ^ » Ce que Paul Durand émet comme une simple hypothèse nous paraît être une certitude. Les parties G, G' de la crypte, par la place qu'elles occupent et par leur symétrie absolue, correspondent sans aucun doute à deux anciens transepts.

Si Ton se reporte au plan que nous avons donné de la crypte, on remarquera dans le transept G, au point /<, un corridor qui fut construit vers l'année 1640 et qui a complètement changée l'aspect de ce lieu. En faisant abstraction de ce corridor ainsi que d'un petit cachot bâti au XIV' siècle dans un des ang"les du transept G, on voit que ce transept offrait anciennement le plan ci-contre (n° II).

Ce plan représente l'état de cette partie de la crypte avant l'incendie de 1194. Les lettres AB G D fig-urent les quatre points extrêmes du transept. La lettre L représente l'escalier par où l'on descend à la crypte : a b c d sont les quatre angles d'une salle voûtée en berceau ; on y pénétrait autrefois par une porte g, qui a été condamnée lorsqu'on construisit la sacristie de la cathédrale à la fin du XIIP siècle : h, h', h" sont des fenêtres. La fenêtre A' est aujourd'hui en partie détruite; elle fut transformée en porte à la fin du XIIP siècle, quand la porte g eut été bouchée. La fenêtre h" prenait le jour sur la fenêtre h' et éclairait la travée T de la crypte. Actuellement cette fenêtre n'existe plus ; elle a servi à faire la porte du corridor qui fut construit en cet endroit

l'Instruction publique [Monograp/iie de la cathédrale de Chartres, planche II), est absolument faux pour toute la partie de la crypte répondant au transept G.

' Cf. P. Durand, Monographie de la cathédrale de Chartres, p. 7.

vers 1640; m est une fenêtre, qui fut démolie après l'incendie de IlOi et dont on voit encore les restes dans l'intérieur de la crypte : E est la travée de la crypte où se trouve l'autel de la Vierge noire.

Si, de l'intérieur de la salle abcd, on reg-arde le mur ab, on constate sur ce mur au point i les traces d'une fenêtre très ancienne que la voûte coupe par le milieu ; de plus un examen attentif montre que le mur ac a été apj)liqué après coup contre les murs ab et cd. Cette

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