‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècleChapitre 15 sur 37 · IJ2 UN MANUSCRIT GHARTRAIN · texte numérisé non relu

IJ2 UN MANUSCRIT GHARTRAIN

Le Nécrologie indique aussi des relig^ieux de monastères étrang"ers à Chartres, tels que Bernard (23 avril), abbé de Tiron, Gilduin (18 mai), qui de vicomte de Chartres devint moine de Breteuil, Evrard (3 mai), qui fut abbé de ce même monastère, Sig^on (12 juin), qui le fut de Saint- Florent de San mur, Albert (20 mai), de Marmoutier, Raoïd (19janv.), qui fut relig-ieux à Tours et à Saint-Evroul *. Ces mentions sont précieuses pour Thistoire de ces personnag^es , qui tous eurent une certaine renommée. Les historiens qui se sont occupés de Breteuil n'ont jamais su d'où provenait Evrard ; ceux qui ont écrit sur les abbayes de Saint-Florent et de Marmoutier ont ég-alement ig'noré l'orig'ine de Sig-on, d'Albert et de Raoul*.

A côté des relig^ieux nous trouvons des relig'ieuses. Dès le temps de l'évêque Hélie (vers 840), il y avait à Chartres, sur les hauteurs de Lèves, un monastère de femmes, qui fut détruit par ce prélat. 11 est difficile de déterminer quelle forme de vie avaient adoptée les relig'ieuses dont nous parle le Nécrolog*e : les unes étaient des récluses, vivant solitaires et emmurées peut-être : les autres étaient attachées à rég'lise comme des chanoinesses (on leur donne ce nom). Ne pourraiton pas relier à ces sœurs les clames des saints lieux forts ^ qui s'installèrent dans la crypte après la peste de 11 34' et s'occupèrent du ling'c de l'égalise? D'autres enfin devaient vivre en communauté. Quelques-

• Raoul mourut en 1064 à Marmoutier. Il est parlé de lui dans Orderic Vital. (Cf. Histoire littéraire, VII, p. 56).

- II est question dans le Nécrologe de deux autres monastères étrangers à la ville de Chartres qui furent à différentes époques concédés au Chapitre de Notre-Dame. Au 24 août, il est mention d'une abbaye de Saint-Aubin, qu'il nous paraît difficile d'identifier et qui fut léguée à l'Eglise de Chartres par Walon, chevalier très noble, qui la tenait de la munificence royale, quam per preceptum regale possidehat suam. Cette concession est antérieure à 1028 ; elle date probablement du X'' siècle. Vers l'année 1100, un autre chevalier, Hugues, fils d'Haganon (26 août), légua au Chapitre l'abbaye de Neauphle-le-Vieux , où il se fit moine et mourut (Cf. R. jNIerlet, Fondation de V abbaye de Neauphic-Ie-Vieux , Bibl. de l'Ecole des Chartes, année 1891).

unes étaient riches et donnaient de leurs biens au Chapitre : c'est pour leur g'énérosité ou leurs services personnels qu'elles étaient insérées au Nécrologie. Avant 1028, on trouve Froechin monialis (5 mai) et Godeleia sanctimonialis (21 mai) K De 1030 à 1060, on rencontre Helvisa (8 janv.) et Gelvisa (7 mars). Helvisa était une recluse, sanctissime memorie reclusa : l'abbé Brillon croit qu'elle vivait dans la crypte, et proteste à bon droit contre ceux qui l'identifiaient avec Héloïse et disaient qu'en même temps Abélard avait été chanoine à Chartres. Gelvise est appelée monacha et hujus sancte ecclesie canonica. Elle est ainsi désignée comme chanoinesse : c'est la seule à qui le Nécrologie donne ce titre. Enfin, après 1090, on voit une autre relig-ieuse, Adelais monacha (12 sept.), qui contribua beaucoup aux frais de la couverture en plomb de la cathédrale.

Nous n'avons jusqu'ici extrait des obits que ce qui concerne l'histoire ecclésiastique, il nous reste à y relever ce qui reg'arde l'histoire civile du pays chartrain.

Très peu de comtes de Chartres fig-urent dans notre Nécrologie : cela s'explique par les contestations continuelles qui s'élevaient entre eux et le Chapitre de Chartres ~ ; les comtes étaient peu soucieux d'accroître l'importance d'un corps déjà trop puissant à leurs yeux.

* Cette dernière figure dans le Cartulaire de Saint-Père en 977 et 979. En 977, avec sa compagne Clémence, elle donne à Saint-Père l'église de Saint-Etienne de Bailleau , qu'elles avaient achetée à un chanoine nommé Géraud , et elle fait confirmer cette donation par l'évêque Eudes. En 979, de concert avec une de ses parentes nommée Ledgarde, elle donne au même monastère, avec la permission de l'évêque Eudes, une propriété achetée en commun àPrasville. Godeleia ne fut pas moins généreuse envers le Chapitre à qui elle fit présent de nombreux ornements : Obiit Godeleia , sanctimonialis , que rcligiosam vitam diixit et ornamenta niulta liuic ecclesie tribuit.

- Pour le comte Thibaut II, le fait est évident. Au moment de sa mort survenue en 1004, il était en dispute avec le Chapitre de Chartres, dont le doyen Raoul avait pris parti contre lui pour les moines de Saint-Père (Voir Cart. de Saint-Père, p. 102 et 103).

L'influence des abbayes leur semblait moins redoutable, et c'était de ce côté que se portaient tous leurs dons. Aussi, dans les différents Nécrologies des monastères chartrains, les trouvons-nous tous mentionnés à partir de Thibaut le Tricheur '.

Deux d'entre eux seulement apparaissent dans notre obituaire. Le premier est Eudes II (15 nov.), mort en 1037, qui, pour la reconstrution de la cathédrale, donna au Chapitre de nombreuses terres, qui plurimis hoc divinitatis templum clarificavit donariis ac in ejiis restauralione muUiphces largïtus est terras. L'autre est Etienne-Henri (19 mai', mort en Terre-Sainte en l'année 1102, et qui dut son insertion dans le Nécrolog-e aux libéralités que sa femme Adèle fît au Chapitre pour le repos de son âme.

Nous ne trouvons ég^alement citées que deux comtesses de Chartres : Ledg*arde, femme de Thibaut le Tricheur (14 nov.), morte vers 985, et Berthe, femme d'Eudes V et plus tard reine de France (16 jany.), morte dans le premier tiers du XP siècle.

La famille de nos comtes n'est pas mieux représentée : nous ne rencontrons que trois de ses membres : Eudes (13 mars), neveu du comte Thibaut III, et encore était-il chanoine, un autre Eudes (15 déc), mort peu après l'année 1106, fils du comte Etienne-Henri, et enfin Berthe, fille du comte Eudes II (12 avril), qui épousa successivement le duc de Bretag*ne et le comte du Maine et passa les dernières années de sa vie à Chartres où elle mourut en 1085. Elle avait

* Voici , d'après les Nécrologes des abbayes, le jour du décès de chacun des comtes de Chai'tres antérieurs au XIP siècle: Thibaut le Tricheur, 16 janvier 975 (Nécr. de Saint-Laumer de Blois, Sainte-Croix d'Orléans, Saint-Florent de Saumur), 17 janvier (Saint-Père de Chartres, prieuré de Juziers) ; — Eudes I, 12 mars 995 (Saint-Père de Chartres, prieuré de Juziers); — Thibaut II, 11 juillet 1004 (Saint- Père de Chartres, prieuré de Juziers); — Eudes II, 15 novembre 1037 (Saint-Père de Chartres, Saint-Jean-en-Vallée , Notre-Dame de Pontlevoi, prieuré de Juziers); — Thibaut III, 29 septembre 1089 (Saint-Père de Chartres, Notre-Dame de Pontlevoi), 30 septembre (prieuré de Juziers).

DU XP SIECLE 115

donné à l'ég'lise Notre - Dame l'emplacement sur lequel fut bâtie l'Aumône ou l'Hôtel-Dieu du Chapitre, et c'est à ce titre qu'elle et ses deux enfants Conan, duc de Bretag'ne (11 déc), et Hadvise (19 aoùlj trouvèrent place dans le Nécrolog'e.

A côté des comtes de Chartres il y avait les vicomtes, dont la chargée fut héréditaire pendant tout le cours du XP siècle et qui s'illustrèrent comme seig*neurs du Puiset. Le premier dont l'obit soit dans notre manuscrit est Gelduin (18 mai i, qui vivait au commencement du XP siècle et qui mourut vers lOoO. On ne connaît pas son père d'une manière certaine , mais on sait que , dans la famille des vicomtes de Chartres seig-neurs du Puiset, le nom d'Hardouin se présente fréquemment, aussi ne serions -nous pas éloig-né de voir, dans la personne d'Hardouin, prévôt de la ville de Chartres, Harduinus, miles et provisor Carnotene civitatis, qui fîg'ure à l'obituaire sous la date du 12 août, le père du vicomte Gelduin. Hardouin était un des fidèles d'Eudes P"", et il paraît avec ce comte dans une charte de 985 *. A cette époque , le vicomte de Chartres s'appelait Geoffroy ; il ne semble pas qu'il ait laissé de postérité, et il est probable que la vicomte passa entre les mains de Gelduin, fils et héritier du prévôt Hardouin.

Quoi qu'il en soit, Gelduin n'est pas le seul vicomte qui nous soit sig'nalé par notre Nécrologie. On y retrouve ses deux fils Hardouin (14 juin), mort en 1046, et Evrard (12 févr.), mort vers 1063, son petit-fils Hug-ues (23 déc), mort en 1094, et son arrière-petit-fîls Evrard (21 août), mort en 1097. Nous ne nous appesantirons pas davantag-e sur Phistoire des vicomtes de Chartres, qui a été traitée d'une manière très complète par M. le comte de Dion ' : nous ferons seulement remarquer les liens d'amitié que le Nécrolog-e témoig*ne avoir long'temps existé entre les comtes de Chartres et leurs vicomtes. Lorsque Eudes II mourut (1037), Hardouin donna au Chapitre, pour

* Cart. de Saint- Père, p. 79.

- Le Puiset au XI^ et au XII<^ ùccle. Chartres, Garnier, 1886.

le repos de l'âme de son suzerain, l'aleu de Tessonviile que lui-même avait reçu du comte pour prix de ses services.

Nous parlerons plus long-uement des vidâmes dont l'histoire, souvent ébauchée', n'a jamais fait l'objet d'une étude spéciale, et sur lesquels l'obituaire du Chapitre fournit des renseig-nements importants. On sait que le vidame était un laïc , chargée de défendre les intérêts temporels de l'évêque. Le premier vidame de Chartres qui soit connu est Giroard : le Nécrolog-e fixe son obit au 4 juillet et nous apprend qu'il était frère de l'abbé de Saint-Père, Alvée. Un autre de ses frères, Gertrand, fîg'ure dans notre obituaire au 28 mars. Tous trois étaient fils d'un autre Giroard que nous fait connaître le Nécrolog-e du prieuré de Juziers au 8 juin : Obiit Geroardus^ laiciis, pater Alvei abhatis K Ce Giroard, laïc, qui devait vivre à la fin du IX^ siècle, occupait déjà un rang* élevé dans la ville de Chartres, car le moine Paul nous dit que l'abbé Alvée était d'illustre orignne, clarus génère-.

Le vidame Giroard fîg'ure déjà avant 930 dans l'acte de restauration du monastère de Saint-Père, à la tête duquel son frère Alvée venait d'être placé par l'évêque Hag-anon^.

Pendant près de cent ans on perd la trace des successeurs de Giroard. Le plus ancien vidame que l'on connaisse après lui est Renaud, qui vivait sous l'épiscopat de Fulbert, dans les premières années du XP siècle K Renaud appartenait-il à la famille de Giroard? La plupart des historiens chartrains l'ont pensé et ont même proposé des g-énéalog'ies fantaisistes pour rattacher ces deux vidâmes l'un à

' Dans ce même Nécrologe de Juziers et dans celui de Saint-Père, on trouve, au 17 août l'obit d'Alvée : Ohiit Aheus , abbas , structor liujus monasterii.

^ Cart. de Saint-Père , p. 11.

' Ibidem, p. 21.

* Voir une lettre d'Hildegaire, écrite en l'année 1027 environ, où il est question du vidame Renaud (Migne, Patrologie latine, T. CXLI , col. 275). Voir aussi le Cartulaire de Marmoutier pour le Vendomois , p. 3.

l'autre ; mais rien ne prouve la vérité de leurs assertions. Renonçant pour notre part à une filiation qu'aucun titre ne justifie, nous ne nous appuierons que sur des documents authentiques pour rétablir l'histoire des vidâmes antérieurement au XIP siècle.

Renaud mourut vers l'année 1033, le 12 avril, suivant son obit. Il avait épousé Oda (22 août) ', dont il eut deux fils : Albert, qui lui succéda, et Hilduin. Tous deux fig'urent dans le Nécrolog-e, Albert avec le titre de vidame au 18 juillet, Hilduin comme chanoine de Chartres au 16 octobre : OMit llilduinm, RagenoUli vicedomini filius, suhdiacomis et canonicus misericordissime Del genitricis Mai'ie.

Albert ne semble pas avoir été long"temps vidame. Il était mort avant 1044, époque à laquelle Hug'ues l'avait déjà remplacé '. Il est certain qu'Albert et Huo'ues étaient très proches parents : sans que rien nous autorise à l'affirmer, nous reg-ardons comme très probable qu'ils étaient frères.

En 1043 environ, le vidame Hug'ues était marié à Adila, dont il avait eu déjà trois fils : Guerry, Hug*ues et Albert ^. Il accompag*na Guillaume de Normandie à la conquête de l'Angleterre et mourut par conséquent après l'année 1066. Il paraît même que son décès n'arriva qu'une dizaine d'années plus tard. Une charte de Saint-Père, de 1077 environ, parle de sa mort comme d'un fait assez récent. Dans ce document, son fils Albert S Hugoms, sancte ecclesie Carnotensis vice-

* D'après les termes mêmes de l'obituaire, Oda était mère du vidame Albert, Oda, vicedomini Alberti mater, et dans une charte du comte Eudes II de l'année 1032, Albert est désigné comme fils du vidame Renaud, Albertus , fi/ius Rainaldi vicedomini (Cart. Blésois de Marmoutier , p. 13). Oda était donc femme du vidame Renaud; ce qui est confirmé d'ailleurs par une charte de Saint-Père, où elle signe : Oda, uxor Ragenoldi vicedomini {Cart. de Saint-Père , p. 142). Elle semble avoir vécu jusqu'au milieu du XI*^ siècle.

' Cart. de Marmoutier pour le Dunois, p 24.

' Ibidem, p. 33.

^ Dans un titre inédit transcrit à la fin du manuscrit de Saint-Etienne, on voit

domini filius, abandonne à l'abbaye le patronag'e de l'ég-lise de Saint- Liibin de Brou et fait confirmer ce don par Guerry qui venait d'entrer en possession du vidamé, qui nunc est, post patris mei mortem, vicedominus.

Un des premiers actes où Guerry apparaît comme vidame est une donation faite par lui au monastère de Saint-Père de l'ég-lise de Notre- Dame de Tréon, pour le repos de Tàme de son père Hug*ues, qui, ditil, avait l'intention de faire ce don à l'abbaye et avait été empêché par la mort d'accomplir son projet*. Dans notre Nécrolog-e, son décès est porté à la date du 10 janvier; d'après l'écriture de cet obit, il semble que Guerry soit mort vers 1090. De son mariag-e avec Hélissende % qui après sa mort se remaria en secondes noces avec Barthélémy Boël, il eut pour enfants Hug-ues, Etienne^, Hersende * et Elisabeth.

Hug'ues, le fils aîné de Guerry, lui succéda. Le 23 février 1104, il confirme à l'abbaye de Saint-Père tout ce qu'elle possédait à Tréon. Il mourut peu de. temps après, le 24 avril d'après notre obituaire, d'une mort prématurée, gravi nimis et dolendo casii postmodum extincto ^ Son

apparaître comme témoins le vidame Hugues et son fils Albert. Nous reparlerons de cette pièce en son lieu.

^ Cart. de Saint-Père , p. 561. Les deux autres fils du vidame Hugues n'exercèrent jamais les fonctions de vidame. L'un deux, Hugues, ne pax-aît plus dans les titres après 1060; l'autre, Albert, figure dans plusieurs chartes avec la simple qualification de filius Hugonis vicedomini.

- On n'a jamais su de qui Hélissende était fille : le Nécrologe de Saint-Jean nous l'apprend ; on y lit à la date du 24 avi^il : Obiit Aiiscolfus, pater Helisendis vicedomine.

' Etienne, abbé de Saint-Jean-en -Vallée, devint patriarche de Jérusalem et mourut en 1130.

* Hersende ne nous est connue que par le Nécrologe de Saint-Jean : Obiit Herse ndis , Guerrici filia vicedomini, soror Stephani, istius ecclesie abbatis, deinde patriarchœ Jérusalem (10 mai).

' Cart. de Saint-Père , p. 562 et 563.

frère Etienne était déjà clans les ordres ; ce fut sa sœur Elisabeth qui recueillit son héritag'e. Elle était mariée à Guillaume deFerrières, qui devint ainsi vidame de Chartres, Willelmiis de Ferrariis, ad quem predicta omnia Itereditario jure ijertinehant ex parte uxoris sueK C'est ainsi que le vidamé de Chartres passa des descendants de Renaud à la famille de Ferrières, dont l'histoire est suffisamment connue.

Après avoir parlé des comtes, des vicomtes et des vidâmes de Chartres, nous devons dire quelques mots des seig^neurs du pays chartrain dont les obits sont dans notre Nécrologie.

La famille de Lèves n'est représentée que par des femmes. Elle joua, aux XP et XII^ siècles, un rôle assez important pour que nous pensions devoir établir sa g-énéalogne dont on ne s'est jamais spécialement occupé. Au 24 février, Humberg-e, femme de Goslein, donne en mourant vers 1070 de riches ornements à l'ég'lise de Chartres. Ce Goslein est le premier seig'neur de Lèves connu : il apparaît dans les chartes dès l'année 1030 environ. Il survécut à sa femme, comme le prouve l'obituaire de Saint-Jean-en- Vallée, où il est appelé Goslein le Riche : Obiit Umberga, uxor Gausleni Divitis, pro cujus anima dédit ipse (juoddam monile.

Ce surnom de le Riche se perpétua dans la famille de Lèves. Le fils de Goslein et d'Humberg'e, Goslein II, le porta ég*alement. L'obit de sa femme Elisabeth (23 février) nous apprend que leur fils Gui, abbé de Saint-Jean , concéda vers 1090 pour le repos de l'àme de sa mère une rente sur le clos de l'abbaye-. Goslein II fig'ure avec son père dans un titre de 1060 environ qui se trouve à la fin de notre manuscrit : il devait être mort avant 1090, époque approximative du

» Cart. de Saint -Père, p. 562.

- Dans notre obituaire, Elisabeth est dite femme de Goslein de Lèves, tandis que son fils Gui est qualifié fils de Goslein le Riche dans son obit du 6 janvier au Nécrologe de ral)baye de Saint-Jean.

décès de sa femme. Il laissait trois fils : Goslein III qui lui succéda, Gui, abbé de Saint-Jean-en-Y allée, et Dodon ^

Nous trouvons Goslein III cité pour la première fois comme seig^neur de Lèves entre 1090 et 1100; il était mort avant 1107.11 avait épousé Odeline, dont il eut plusieurs enfants, parmi lesquels : Goslein IV, seig-neur de Lèves, Geoffroy, évêque de Chartres après saint Ives, et Milon. Ces trois frères, le 2 novembre 1107, pour le repos de rame de leur père et de leur mère, donnèrent une famille de serfs à l'abbaye de Saint-Père ^.

A côté de la famille de Lèves, notre Nécrologie mentionne plusieurs membres de celle de Fréteval, dont M. l'abbé Métais a fait l'histoire dans son Introduction au Cartidaire blésois de Marmoutier. Ce travail est très exact, aussi nous contenterons-nous de relever sur cette famille ce qu'en rapportent les obituaires chartrains.

Ermentrude, femme de Nivelon L', le plus ancien seig^neur de Fréteval dont on ait connaissance , mourut avant son mari , d'après notre Nécrolog-e le 26 janvier vers l'année 1050 •'.

Son fils, Foucher, qui succéda à Nivelon I" comme seig*neur de Fréteval, décéda peu de temps après 1087. Il avait épousé Hildeburg^e, fille de Guillaume Goët dit le Vieux* et de Mathilde d'Alluyes. Hildeburg*e mourut vers 1070. Les chanoines de Chartres (6 août) et les relig*ieux de Saint-Père (7 août) lui consacrèrent une notice nécrolog'ique assez détaillée, en souvenir des dons importants qu'elle

* Cartidaire de Saint-Père , p. 269.

- Ego Goslinus de Leugis , fratresque mei Gausfridus, canoniciis Sancte-Marie , et Milo, pro anima patris nostri et matris, donamus Sancto-Petro Godescaldum de Canipo- Fauni, nostrum servuni et uxorem ejus totamque eoruni procreationem , filioruni et fiUaruni, tam liabitam quam hahendam {Cart. de Saint-Père, p. 275).

3 Ermentrude était fille de Foucher, abbé de Saint-Lubin-des-Vignes , dont nous parlerons plus loin.

* Cart. de Marmoutier pour le Dunois, p. 10.

leur avait faits '. Dans l'obit de Foucher (18 déc.) est mentionné son fils Nivelon II qui lui succéda, et qui resta seig-neur de Fréteval jusqu'en l'année 1122.

Aux seig'neurs de Fréteval se rattache , par alliance , la famille Boël, dans laquelle, pendant plus d'un siècle et demi, fut héréditaire la chargée de signifer ou de piimicerhis Sancte-3Iarié'~. Quelles étaient précisément les fonctions du porte-drapeau ou primicier du Chapitre? Comme le vidame pour l'évêque, le porte-drapeau avait sans doute la mission de commander les vassaux du Chapitre quand ceux-ci étaient requis pour quelque expédition^. On n'a jamais parlé de ces officiers dont la cliarg-e devait cependant être importante. Guérard, dans son Introduction au Cartulaire de Saint-Père, dit à peine un mot du signifer qu'il croit être un officier du comte. Il n'a pas remarqué la synonymie des titres , signifer et primicerius ; il confond au contraire le primicier avec le chefcier, dig'nitaire ecclésiastique du Chapitre, tandis que le primicier était un laïc.

Le premier membre de la famille Boël sur lequel on ait quelques renseig-nements vivait à la fin duX" siècle. C'était un chevalier du nom de Foucher, que nous voyons fig-urer vers 990 avec le titre de signifer dans un acte où il donne la terre de Bonville à l'abbaye de Saint- Père ''. Il dut mourir vers l'an 1000, le 11 avril suivant le Nécrologie

' Voici comment s'exprime l'obituaire de Saint-Père : Obiit Mahildis de Alogia et Hildchurgis , fîlia ejus, pro cujits anima Fidcherius , conjunx ejus, quandam ancillam nomine Alburge, cum primogenito filio suo Geruardo , Sancto-Petro tribuit.

- Pour prouver l'identité des deux termes , nous citerons entre autres l'obit de Foucher, fils de Girard. Dans le Nécrologe du Chapitre , ce personnage est appelé primicerius Sancte- Marie , tandis que dans l'obituaire de Saint-Jean on lui donne le titre de signifer Sancte-Marie.

' Au XI« siècle, le mot primicerius a quelquefois conservé le sens qu'il avait à l'époque romaine. Guillaume de Tyr par exemple , parlant des chefs des croisés, s'exprime ainsi : Precedehant autem exercitum , quasi legionum primicerii , vexilla hajulantes (liv. IV, ch. 8).

* Cart. de Saint-Père , p. 86.

du Chapitre : Obiit Fiilcherius, miles -^ le 10 avril suivant l'obituaire de Juziers : Obiit Fiilcherius, siijnifer Sancte-Marie. Diverses raisons nous autorisent à l'identifier avec le chevalier Foucher, auquel le comte Eudes P'", vers 981, avait concédé l'abbaye de Saint-Lubin-des-Vig*nes auprès de Chartres : Fukheriiis, qui ahhatiam Sancti-Leobini que est siib urbe Carnotis per hwfjitionem senioris mei , Odonis comitis , tenere videor ' . L'abbé de Saint-Lubin avait pour frère Vivien, qui sig-ne comme témoin l'acte de 981 , et qui en 988 donne à Saint-Père l'aleu de Levasville, en s'exprimant ainsi : Pro meis ciilpis redimendis, necne pro patris mei Fiilcherii, seu matris mee Anstrudis, vel fratris mei Rodulfi, jam defunctorum^ requie ^ proqiie fratris mei Fidche?m incolumitate^.

D'après l'importance des dons faits par Foucher à l'abbaye de Saint- Père, nous pouvons affirmer qu'il possédait de nombreux domaines : nous verrons en effet que ses successeurs étaient des seig^neurs les plus riches de la ville de Chartres. Dans l'acte de donation de Bonville à Saint-Père, Foucher parle de sa femme et de ses fils, causa redimende anime mee^ ac conjugis mee, sive filiorum meonim. On ne connaît pas le nom de sa femme ; ses fils, Foucher et Girard, furent après lui successivement sig-nifères du Chapitre. Il laissait en outre une fille, Ermentrude, qui épousa Nivelon de FrétevaP. Foucher lég^ua à sa fille en mourant l'abbaye de Saint-Lubin: Ecclesiam in honore sancti Leobini constructam, que olim fuisse abbatia dinoscitur , Ermetitrudis ^ uxor Nivelonis, Sancto-Petro dimisit ; erat enim ecclesia ex patrimonio suo''.

* Car t. de Saint-Père, p. 68.

2 Ibidem, p. 84. L'obit de Vivien se trouve dans le Nécrologe de Juziers, au 24 mai: Obiit Vivianus, laicus, qui dédit Sancto-Petro alodum de Levoisvilla.

^ Il est à remarquer que les deux fils d'Ermentrude portèrent, comme leurs oncles, les noms de Foucher et de Girard, qui se perpétuèrent dans la famille de Fréteval.

* Cart. de Saint-Père, p. 24. Par son mariage avec le seigneur de Fréteval, Ermentrude porta à ses descendants tous ses droits sur l'église jadis possédée par son

Son fils aîné, Foucher, est mentionné dans notre Nécrolo^'e au 23 juillet : Fulclienus, sancte Carnotensis ecclesie priniicerhis. La femme de ce dernier, . Eremburg^e , y fig-ure au 30 juin: Erembur(/is, matrona, îixor Fulcherii prhnicern. Tous deux étaient morts avant Tannée 1028 '.

Le second fils, Girard, dès 1025 environ, signie la charte par laquelle l'évêque Fulbert confirme l'égalise de Naveil à Marmoutier ~, Il prend dès lors le surnom de Boël, Girardus Bodelhis ^ que gardèrent tous ses descendants. Après la mort de son frère, il devint à son tour primicier du Chapitre. En 1063, son fils, Foucher, témoin d'une donation faite à l'abbaye de Marmoutier, s'intitule filius Girardi, primiceni Suucte-Marie^. Nous n'avons point d'autres renseig'nements sur Girard ; nous ne connaissons pas le nom de sa femme : les documents au contraire abondent sur son fils Foucher.

Primicier du Chapitre, Foucher, fils de Girard, devint ensuite chanoine et prévôt, puis se retira au monastère de Saint-Évroul, où il mourut vers 1080, le 17 novembre suivant notre Nécrolog-e : Obiit Fulchei'ius , filius Gerardi , canoniciis et jmmicerius et prejwsitiis Sancte-

père. Aussi voyons-nous son fils confirmer à l'abbaye de Saint-Père les dons faits par le signifère Foucher à ce monastère: Ccnsiun cujusdain viriec Sancto-Pctro remisit Fulclicrius , Nivelonis filius , cum ecclesia Sancti-Leobini ac quadain terra juxta cimiteriurn ipsius ecclesie (Cart. de Saint-Père , p. 69).

* Foucher dut mourir en l'année 1028 environ. C'est ce qui résulte de son obit, dont les premiers mots furent écrits avant 1028 : Obiit Fulcherius, sancte Carnotensis ecclesie primicerius, et dont les derniers mots furent ajoutés très peu de temps après cette année 1028, qui dédit canonicis ej'us ecclesie alodos suos Bellum-montem, Minarias, Castellaria. D'ailleurs, vers 1025, Foucher devait vivre encore, puisqu'à cette époque son frère Girard ne prenait pas le titre de signifer.

- Cart. de Marmoutier pour le Vendômois , p. 3.

' Cart. Blésois de Marmoutier , -ç. k2. Dans le même Cartulaire, en 1061, Foucher est témoin d'une charte donnée par Thibaut III en faveur du prieuré de Mesland : Fulcherius , filius Girardi Bodelli {Ibidem, p. 53).

124 UN MANUSCRIT GHARTRAIN

Marie, qui ad ultimum monackiis effectus estK Orderic Vital parle de la noblesse de sa famille et de la richesse de son patrimoine : Fidcherius nobilitate lucebat et ex patrimofiio suo magnam possessionem habebat ~. Outre les nombreux dons faits par lui et relatés dans les Gartulaires chartrains, nous avons dans notre Nécrolog-e même une preuve de l'importance de ses possessions : ce fut lui qui vendit à la comtesse Berthe le terrain sur lequel cette princesse fît construire l'Hôtel-Dieu du Chapitre de Chartres (12 avril). Le dernier acte où nous le voyons apparaître est un titre de 1077 environ, époque où il se retira à Saint -Évroul. 11 donne à cette abbaye tout ce qu'il possédait à Marchéville et à Landelles, et il ajoute : Concesserunt hoc etiam uxor mea Alpes atque filii mei ^.

Il était donc marié, et il avait des enfants. Ceux-ci accrurent encore le renom de la famille Boël : l'un d'eux fut vidame de Chartres, l'autre devint en Orient seig'neur de Seroudj en Mésopotamie. C'est encore Orderic Vital qui nous permet de poursuivre d'une manière certaine la filiation des Boël jusqu'ici ig-norée. Immédiatement après la donation faite à Saint-Evroul , où Foucher mentionne sa femme et ses fils, Orderic Vital ajoute : Uticenses monachi possessionem quam prefatus héros eis dederat jam l annis tenuenmt , et successores ejus Bartholomeiis cognomento Boelhis et Girardus filiiis ejus gratanter concesserunt. Barthélémy, le fils aîné de Foucher, fut donc son successeur, et en effet, en 1101 , nous le voyons sig'nalé comme signifer du Chapitre ^.

Dans d'autres chartes , Barthélémy paraît avec son frère Foucher : en 1095, dans le Cartulaire de Saint-Père, p. 417, Bartholomeus et

^ A la même date, on lit dans le Nécrologe de Saint-Jean : Obiit Fulcherius , signifer Sancte-Marie et canonicus , qui dédit balneriam terre Sancti-Stephani Osiville.

^ Migne, Patrologie latine, T. CLXXXViii , col. 246.

^ Ibidem.

' Cart. de Notre-Dame de Chartres, T. i, p. 107.

Fulcherius, (rater ejus; dans le même Gartulaire, p. 418, Bartholomeus Biitellus et [rater Fulcherius et uxor ejus Helissendis et fiUus Girardus. Ce fut ce Foucher, le premier croisé qui pénétra dans les murs d'Antioche en 1098 et qui fut la tig'e des seig-neurs de Seroudj en Palestine. Barthélémy Boël n'est pas mentionné dans notre Nécrolog-e ; mais il se trouve dans celui de Juziers, à la date du 3 décembre : Bartholomeus Boellus,vîcedominus Carnotensis ; dans le Nécrolog'C de Saint-Jean, il était désig*né avec son titre de signifer. De sa femme, la vidamesse Hélissende, il eut un fils, Girard, qui lui succéda, comme nous l'apprend Orderic Vital.

Indépendamment de ces familles dont plusieurs représentants se trouvent dans le Nécrolog*e; il en est d'autres dont nous ne rencontrons qu'un seul membre. Adoptant l'ordre chronologMque , nous énumérerons les obits relatifs aux personnag^es les plus notables.

C'est d'abord Gautier, comte de Dreux (14 janv. *). Les auteurs de YArt de vérifier les dates (T. II, p. 682) ont confondu à tort ce comte de Dreux avec Gautier, comte du Vexin ; ces deux personnag'es sont absolument distincts. Gautier, comte du Vexin, paraît dans les chartes jusqu'en 987; Gautier, comte de Dreux, était déjà mort en 980, date à laquelle la comtesse Eve, sa veuve, fit une donation au chapitre de Saint-Etienne de Dreux. Eudes, évêquc de Chartres, dans l'acte de 980 qui confirme cette donation de la comtesse Eve, s'exprime ainsi : Eva, uxor videlicet Walterii , jam tune defuncti'' .

* Cette date est conlirmée par le Nécrologe de Saint-Père de Chartres : xviiii kal. febr., obiit Gualterius , cornes Dorcasini castri, qui dédit Sancto-Petro ccclcsiain Roherie. A cette même date, Gautier fut inscrit au Nécrologe de Saint-Germain-des- Prés, en reconnaissance d'une donation faite par sa veuve Eve à l'abbaye (Cf. Longnon, Polyptique d'Irminon, p. 172).

" - Cette charte est inédite ; elle se trouve dans le Cartulaire de Saint-Étienne de Dreux (Bibl. nat., mss. latin 10106, f» 2 v°).

A la même époque vivait le chevalier Avesg'aud , qui siguie deux chartes de l'abbaye de Saint-Père en 978 et 985 K Son obil (14 août) relate la donation qu'il fît aux chanoines de Notre-Dame de l'ég-lise d'Illiers-l'Evèque, ecclesiam de Illegias. Se basant sur cet obit, les écrivains qui ont parlé d'Illiers près Chartres ont toujours admis qu'Avesg^aud avait été le premier seig'neur de cette ville. C'est là une erreur évidente. La charte de donation d'Avesg'aud existait encore en original dans les Archives du Chapitre au siècle dernier, et Gaigniières nous en a conservé une copie où on lit : Est aiitem ipsa exclesia in pago Ebroicensi , in villa que fippellatiw Illegias-. Avesg'aud avait reçu cette égalise de la comtesse Ledg'arde , et il la donna au Chapitre pour le repos de l'àme de sa bienfaitrice.

C'est encore à la fin du X*" siècle que vivait Hildeg-arde, vicomtesse de Clîàteaudun. Elle mourut dans les premières années du XP siècle. Vers 1004, du consentement de son fils Hug'ues, archevêque de Tours, elle donna l'aleu de Beaumont à l'abbaye de Saint-Père ^. L'obit d'Hildeg-arde est du 14 avril; on y voit qu'elle mourut aA^ant son fils l'archevêque Hug'ues, qui décéda lui-même en 1023, et dont la mort est portée dans notre obituaire au 10 juin.

Si nous savons peu de choses sur la vie d'Hildeg'arde, celle de Bernard de Bullou nous est plus connue. Sans parler des nombreuses donations qu'il fit à Saint-Père, nous croyons devoir relater la notice qui fut dressée au moment de sa mort, vers 1085, par les relig-ieux de Saint-Père. Alité depuis de long*ues années par suite des blessures qu'il avait reeues à lag'uerre, Bernard de Bullou, un des plus opulents seig-neurs du pays , in hac regione valde opimatissimus , se voyant sur le point de mourir, donna à Saint-Père tout ce qu'il possédait à Fontenay,

* Cart. de Saint-Fcre, p. 65 et 79.

2 Bibl. nat., mss. lat. 17024, f» 124.

' Cette donation est rappelée dans la notice que le Nécrologe de Saint-Père a consacrée à Hildegarde le 15 avril.

DU XI« SIKCLK 127

à Brou et à Marché ville, et commanda à ses fidèles de transporter son corps à Chartres pour l'enterrer dans Tég-lise de l'abbaye. Ce qui fut fait le jour des ides de novembre (13 nov.), ajoute le rédacteur de la notice'. Et en effet on lit dans le Nécrolog'e du Chapitre, au 14 novembre, jour de son inhumation : Obiit Bernardus de Buslo, qui, per multum temporis languore oppressus , alodiim suum de Pireio nohis reliquit.

Parmi les seig'neurs du pays chartrain , nous nommerons encore Ives de Friaize (1" mars), Ives, fils de Gaston de Rémalard (8 janv.), Simon de Montfort (25 sept.), Hervé de Gallardon (28 nov.). Beaucoup d'autres sont désig*nés simplement avec le titre de chevalier, miles ^ ce qui rend très difficile toute identification.

Avant de passer à un autre ordre d'idées, nous voulons encore mentionner d'autres obits qui méritent quelque attention. Ce sont par exemple ceux d'Ascelin le breton ~ (4 avril] et de son neveu Herbert (27 avril), de Manoald le charpentier, Manoaldus hritto (10 mai), d'Hervé, chanoine de Saint-Serg-e , Eirveus , hrittigena (14 juillet), tous membres de la colonie bretonne qui existait à Chartres au XP siècle ^.

Nous venons de citer le charpentier Manoald mort avant 1028; ce n'est pas le seul ouvrier de la cathédrale dont le nom nous ait été transmis. Deux autres charpentiers, Jean (4 juin) et Martin (21 nov.), vivaient entre 1028 et 1060. Plus importants encore sont Béreng-er (28 oct.) et Vital (15 oct.), tous deux appelés artifices ecclesie, c'est-àdire maîtres de l'œuvre de l'ég'lise. Béreng'er, d'après l'écriture de son obit, mourut vers 1050; tout concourt à nous faire voir en lui l'architecte de la cathédrale de Fulbert, artifex bonus liujus ecclesie, et ainsi notre manuscrit, qui nous fournit une représentation de la

^ Cart. de Saint-Père,^. 243.

^ Ascelin , disciple de Fulbert, fut l'un des grands adversaires de l'hérésiarque Bérenger, qui parle plusieurs fois de lui dans ses lettres. ( Cf. Berengarius Turonensis, par Siidendorf, p. 202).

' Cf. Une colonie de Bretons à Chartres, par Luc. Merlet. Vannes, Lafolye, 1892.

basilique , nous donne en même temps le nom de celui qui présida aux travaux. Quant à Vital, mort avant H30, ce serait lui sans doute qui aurait dirig-é les restaurations de la Cathédrale entreprises par saint Ives.

Nous avons parlé des personnes; nous nous occuperons maintenant de recueillir les renseig'nements divers intéressant l'archéologie ou l'histoire que l'on peut tirer de notre manuscrit. Viennent en première ligne les donations faites à la cathédrale , en vue de sa restauration ou de son ornementation.

En ce qui concerne la restauration de l'église, on peut consulter les obits de Raoul (8 mai), du prêtre Eudes et de Lambert (4 juillet), du sous-chantre Etienne (20 octobre), du comte Eudes (15 nov.), qui tous contribuèrent généreusement de leurs biens à la reconstruction de l'édifice.

Ces dons s'appliquent à la basilique de Fulbert : n'y aurait-il rien dans notre obituaire qui pût se rapporter à une cathédrale anté Heure? La première fois qu'on y trouve mentionnée la cathédrale de Chartres, c'est au milieu du X^ siècle. L'évêque Ragenfroi, mort vers 955 (18 juillet), orna splendidement son égalise, ecclesiam Sancte-Marie ornavit mirifice. Il s'agit ici de l'église construite par Gislebert après l'incendie de 858.

Le 5 août 962, le Nécrologe rapporte que la cathédrale fut détruite par les flammes, ecclesia Snncte-Marie siiccensa est. Elle fut réédifiée par l'évêque Vulfald. Nous avons peu de renseignements sur les bienfaiteurs de cette nouvelle basilique qui subsista de 962 à 1020; toutefois nous en connaissons un sur lequel le Nécrologe s'étend assez longuement, c'est Teudon (15 déc), le célèbre artiste, auteur de la sainte châsse * , laquelle se conserva jusqu'à la Révolution au Trésor

* Voir pour la description de la sainte châsse le Catalogue des reliques et joyaux de Notre-Dame de Chartres, par Luc. Merlet, 1885.

de la cathédrale, r/2/i aiireiim scrinium composiiit in qiio est funica béate Marie ^. On n'a jamais su à quelle époque précise avait vécu Teudon; notre obituaire nous fournit un renseig-nement précieux en nous permettant de fixer l'année de sa mort avant 1028. Le Nécrologie ajoute qu'il construisit la laçade principale et qu'il fît les toits de l'ég-lise, frontem liujiis ecelesie fecit et ipsam ecclesiam cooperuit. On ig-norait de quelle cathédrale il était ici question, si c'était de celle de Vulfald ou de celle de Fulbert. Le doute n'est plus possible, car, en 1028, date où Teudon était déjà mort, il est certain que la dernière main n'avait pas encore été mise à la basilique de Fulbert et que les toitures ne pouvaient être complètement achevées. D'autre part, on trouve fréquemment le nom de Teudon parmi les témoins qui fig-urent au bas des chartes de l'abbaye de Saint-Père de 977 à 988 ~. Ce Teudon était im riche laïc, et l'époque où il vivait est précisément celle où l'on travaillait à l'ég'Iise de Vulfald. Tout porte à croire que ce personnag^e est le même que celui que nous fait connaître le Nécrolog*e du Chapitre. Cette hypothèse est confirmée par ce fait qu'il construisit (( l'écrin d'or où est la tunique de la bienheureuse Vierg'e Marie. » Or c'est à partir de ce temps que se rencontrent les mentions de la sainte châsse. Hilduin (24 mars), qui vivait en 974, est appelé custos scrinii sacre vestis. Rotlinde (29 mars), mère de l'évêque Eudes, morte avant 1004, lég*ua deux aig-les d'or pour être attachées à l'écrin de la mère de Dieu, que scrinio Dei (lenitricis affufendas reiiquit aureas

* Ce fut aussi sans doute à la fin du X^ siècle que fut faite la châsse de saint Piat. Moins riche que celle de la sainte Tunique , la châsse de saint Piat était en bois : vers 1050, le chanoine Raimbaud (13 avril) en fit couvrir d'or le pignon, frontem feretri sancti Piati auro cooperuit. — Quelques années plus tard , le médecin Jean , qu'on croit être le même qui soigna le roi Henri I*^"" dans sa dernière maladie, fit faire le coffre d'argent où l'on renfermait les châsses, capsarum sedem deargentatam construxit (25 déc).

2 Car t. de Saint-Père, p. 63, 65, 67, 79, 83, 86.

aqiiilas, miro opère sancti Eligii informatas ' : ce qui montre que la sainte châsse était déjà faite avant l'an JOOO et ce qui rejette Teudon, son auteur, aux temps qui suivirent l'évêque Vulfald.

Voilà donc quelques renseig-nements sur l'antique égalise construite après l'incendie de 962, la même sans doute qui, d'après un Martyrolog'e chartrain ~, aurait été dédiée le 13 du mois de mai.

Passons maintenant aux donations d'objets d'art. Dans la préface du Cartiilaire de Notre-Dame de Chartres, MM. de Lépinois et Merlet en ont déjà dressé la liste: celle que nous donnerons, limitée aux X^ et XP siècles et basée sur des documents plus précis, sera peut-être plus complète et plus exacte.

Nous parlerons d'abord de la table d'autel, qui fut une œuvre importante à laquelle on travailla pendant plusieurs années. Lorsque saint Ives mourut en illo (23 déc), il lég'ua cent muids de vin pour la table dont il avait entrepris de décorer le maître-autel, ad aïKjmentandam tahuJam altaris, moriens, centiim modios vint reliquit ^ . Quand le doyen xVrnaud se fît moine, il laissa 10 livres à la même intention, perficiende tabule altaris, vadens ad monacliatum , decem lihras dédit (4 nov.). Cette table d'autel était recouverte de feuilles d'or, comme nous l'apprend l'obit du sous-doyen Hug-ues (6 oct.), ad deaurationem tabule béate Marie centum solidos dédit.

Parmi les autres donations importantes, notons celle du chevalier Plastulphe (30 juillet), mort avant 1028, qui lég'ua à la cathédrale une couronne d'arg-ent, sorte de lustre, appelé quelquefois phare ou roue,

* Cet usage d'attacher des bijoux à la sainte châsse se perpétua jusqu'à la Révolution. Notre Nécrologe nous en fournit plusieurs exemples pour le XI'' siècle. Hildeburge, femme de Foucher de Fréteval (6 août), adhuc vivens , dédit duo aurea mouilla scrinio super altare posito affigenda. De même, la matrone Havise (19 juillet) dédit unum monile septetn unciarum auri ad ornandam capsam qua tunica béate Marie est.

2 Bibl. de Chartres, n» 137, f° 166.

3 Vers la même époque, le chanoine Gautier (31 aaût) donnait au Chapitre 8 marcs d'argent et une once d'or pour le même objet, ad augmentandam tabulant Virginis.

et destiné à supporter des cierg^es pour éclairer le sanctuaire '. Rappelons ayssi la construction du jubé par saint Ives (23 déc), la donation de la comtesse Berthe (il déc.j, qui, à la mort de son fils Gonan, décora le maître-autel d'un riche ciborium ', et celle du charpentier Jean (4 juin), qui fît fondre pour la cathédrale de Fulbert une cloche pesant 5,000 livres.

Beaucoup d'autres dons consistent en vêtements sacrés, tapisseries, vases ou autres objets liturg'iques. L'évêque Robert, mort le 23 décembre 1068, rendit à son ég-lise plusieurs ornements que son prédécesseur, Hug^ues l'intrus, avait sans doute aliénés, et notamment un « g'rand calice d'arg'ent, plusieurs tapisseries, des chapes et descouver- » turcs d'autel : il avait aussi donné à son église cinq tapisseries neuves » achetées à g'rand prix et deux aig*uières d'arg-ent avec leur vase. » — L'évêque Arrald, mort le 10 février 1075, «■ enrichit sa cathédrale » de divers ornements, comme de chapes superbes et de tapisseries » très précieuses. Il lui donna un calice d'or d'un admirable travail » qu'il désira qu'on fît servir chaque jour au g'rand autel. En mou- » rant, il lui laissa sa chapelle avec ses ornements épiscopaux. » — Aubrée (7 sept.) donna un phylactère ; — Gautier de Blois (28 mai), un phylactère d'or qui pesait 15 livres et un candélabre de 20 livres d'arg*ent ; — Hervé de Gallardon (28 nov.), un calice d'or. — Humberg-e (24 févr.) fît présent de deux chasubles, l'une pour le maître-autel, l'autre pour l'autel du Grucifîx ; — Mainard (19 juin), d'une chape, — ainsi qu'Hilduin (2 nov.) ; — le chanoine Herbert (24 avril), d'un calice d'arg-ent. — Gitons encore Aimery (20 févr.), qui donna une dalmatique avec son aube, une chape, trois phylactères précieux, et décora rég*lise d'une verrière ; — le sous-doyen Goslein (13 juillet), qui ofTrit aussi trois vitraux précieux et une lampe supportant trois cierg'es, ctim lampade semper ardente in nocte et

* Cf. Lenoir, Architecture monastique, T. II, p. 137 et 138. -• Ibidem, p. 149 et 150.

tiibus cereis eidem lampadi suppositis, ad matutinas, in festis dtiplicibiis ; — Simon de Montfort (25 sept.), qui lég'ua un gTand calice d'or et une tapisserie précieuse; — le doyen Adelard (26 août), qui fît don d'une table d'autel et de deux candélabres d'arg'ent. — La comtesse Berthe, si aumônieuse envers le Chapitre, donna le pectoral, fait d'or et orné de pierres précieuses, qui, divisé en deux parties, revêtait la sainte chasse posée sur l'autel ; de plus deux encensoirs d'or, un grand phylactère, trois chapes, deux chasubles et deux tapisseries. — Hildeburg-e et son mari Foucher de Fréteval (6 août) offrirent, de leur vivant, une tunique, une dalmatique, une très belle tapisserie pour la décoration du Crucifix , avec trois lampes d'arg*ent qui devaient être suspendues à la poutre de g'ioire, — Enfin saint Ives (23 déc.) lég-ua six couvertures d'autel, sept chapes, trois mitres, trois tapis, un missel, un épistolier, un évang^éliaire , un lectionnaire pour matines, tous couverts d'arg'ent.

Quant aux livres, outre ceux de saint Ives, le doyen Adelard (26 août) donna de très bons manuscrits ; Raimbaud (3 juillet), un beau missel et un psautier ; Thierry (16 avril), une certaine quantité de volumes; le prévôt Guillaume (8 juin), un an tiphonaire décoré d'arg'ent, un missel et un beau martyrolog'c ; Restald (28 juillet), un beau missel ; le chantre Gerog*ius (12 févr.), un précieux antiphonaire et un gTaduel ; le prévôt Serannus (19 avril), un saint Aug'ustin De civitate Dei et deux volumes de saint Jérôme ; Guérin (20 nov.), un g*raduel ; Raoul (15 sept.), un psautier, un antiphonaire et un graduel ; le sous-doyen Hug*ues (6 oct.), un martyrolog^e et un livre d'homélies.

Cette liste de donations est peut-être sèche, mais elle fournit plusieurs remarques intéressantes. On y voit la première mention des vitraux : ils apparaissent dans les obits d'Aimery et du sous-doyen Goslein, sous saint Ives, à la fin du XP siècle. C'était, croyons-nous, des vitraux de couleur comme ceux du XIP siècle qui ornent aujourd'hui encore la façade principale de la cathédrale : les mots décora

DU XP SIECLE 133

l'itrea , preciosa vitrea qu'emploie le Nécrologie nous semblent le démontrer suffisamment.

Parmi les livres liturg'iques. la donation qui nous a le plus frappé est celle du martyrolog*e que le prévôt Guillaume « fît copier avec le « plus gTand soin. » Ce martyrolog'e ne serait-il point le nôtre, et n'aurions-nous pas ainsi le nom du membre du Chapitre qui fît les frais de cet ouvragée ? Tout nous semble indiquer que le martyrolog'e de Guillaume n'est autre que le manuscrit de Saint-Etienne. Notre martyrolog'e, nous l'avons souvent répété, fut transcrit vers 1028. De 1026 à 1028, Guillaume vivait à Chartres près de Fulbert dont il était disciple, et, d'après l'écriture de son obit, il mourut après 1060: c'est lui probablement que l'on voit paraître dans les chartes de 1034 à 1038. peu après l'époque où fut écrit le martyrolog'e. Il faisait partie du g-roupe chéri des élèves de Fulbert, avec Hildeg*aire, Sig'on, Ascelin, Eng'uerrand et Arnoul, dont les trois derniers vécurent aussi jusqu'après 1060. C'est ce qui explique comment Sig'on aurait fait insérer dans le marlvrolo^e de Guillaume la miniature d'André de Mici en l'honneur de Fulbert. Ces deux disciples reconnaissants élevaient de concert un monument à leur vénérable maître. C'est là une hypothèse, mais elle nous paraît bien fondée.

Différents autres passag'es de notre Nécrolog'c méritent une remarque particulière : ainsi . plusieurs concessions de maisons sises autour de la cathédrale, dans le cloître, dans le faubourg- Muret, près de la porte Evière, près de la poterne, concessions faites à la condition que les log-is soient habités par des chanoines. C'est le commencement de l'occupation systématique par le Chapitre de toute la ceinture de maisons qui entourent la cathédrale. Les chanoines voulaient s'y créer un domaine réservé, qui fût exempt de la juridiction épiscopale et civile. Ces donations apparaissent à partir de 1070 environ, avec le chantre Arnoul (9 nov.), le sous-chantre Frodo (5 août), le prêtre Berland (o déc), avec Giroard (21 oct.), les deux Herbert (13 et 24 avrilj et enfin le doyen Arnaud (4 nov,). A l'occasion

de ce dernier , il est dit que ses maisons étaient en pierres ; de même il est rapporté de saint Ives qu'il refit en pierres rÉvêché qui était jusqu'alors en bois : il semble que la construction en pierres ait été encore rare au commencement du XI P siècle.

Sig'nalons aussi les nombreuses donations de vig'nes faites au Chapitre. Le pays chartrain devait être aux X" et XP siècles un bon et riche vig-noble, car la majeure partie des leg's consistent en clos ou arpents de vig-ne, soit à Saint-Lubin, soit près de Saint- Saturnin, soit ailleurs. On a soin d'indiquer si le donateur, avec le clos, a laissé la maison attenante et surtout le pressoir, cum tota niansione, cum torculari. La culture de la vig^ne était donc alors plus florissante que de nos jours, et de là ces caves admirables de gTandeur et de solidité dont nos pères ont sillonné le sous-sol de la ville de Chartres.

Les donations faites au Chapitre comme corps étaient- elles employées à constituer des prébendes assignées à chaque chanoine individuellement, ou bien rentraient-elles dans la masse et appartenaient-elles à tous d'une façon indivise? Cela dépend des époques. Au début , les chanoines vivaient en communauté comme les moines ; ils n'avaient qu'un droit collectif sur les biens capitulai res, qui étaient administrés par un économe. Cet état de choses durait encore au X'' siècle : nous en avons une preuve bien expressive dans les obits d'Adelelme et d'Hilduin. On dit du premier (H avril) qu'il était le g'ardien de la chose commune , qu'il avait g^éré avec amour les affaires du monastère , Adelelmus , rei famUiaris custos et rerum monasterii amator et ecUficator : peut-être même avait-il bâti les lieux rég^uiiers des chanoines, ecUficator. L'obit d'Hilduin (24 mars) est conçu à peu près dans les mêmes termes, Hilduimis, rei famUiaris servator fidelis et distributor dapsilis ; il était l'économe et l'administrateur au nom de tous.

Après Hilduin, on ne trouve plus ces expressions visant la communauté de vie et de biens. L'évêque Eudes en effet, vers 970, modifia profondément l'org-anisation du Chapitre, de monachis canonicos fecit,

est-il dit dans un Gatalog-ue inédit des évêques de Chartres ' , et ce Catalog'iie ajoute qu'Eudes accorda aux chanoines le droit de g'érer leurs biens personnels , dont ils n'avaient pas la plénitude auparavant, eis facuîtatem emendi et vivendi f/unm antea non hahehnnt concessit. A l'avènement d'Eudes (967), de g-raves abus s'étaient g'iissés dans la Question des biens du Chapitre : les prébendes, qui étaient alors perçues sur les revenus communs, se trouvaient souvent réparties inég-alement entre les chanoines, au g-ré de l'économe qui administrait les biens capitulaires. Pour remédier à ces désordres, Eudes divisa tous les biens du Chapitre en prébendes territoriales et en fît le partagée entre les chanoines, prebendas distmxH et divisit. Notre Nécrolog'e confirme l'assertion du Catalog-ue épiscopal : au 19 juin, à propos de l'évêque Eudes, il y est dit : fratribus prebendas dédit et privilegio firmavit. L'économe du Chapitre fut alors remplacé par quatre prévôts, dont la chargée fut érig-ée en dig'nité canoniale '~ , prepositum dignitatis titulum sorti ta est.

Parmi les premiers prévôts du Chapitre, nous pouvons citer Raoul (22 avril), Alcarius (28 juillet), Atto, Bernard (12 juillet). Gui, Haldric. Ils vivaient tous à la fin du X' siècle ; leurs noms nous ont été conservés tant par le Nécrologie que par les divers Cartulaires du pays chartrain. Donc, à dater de l'épiscopat d'Eudes, d'une part, les chanoines vivaient séparés, en séculiers et avec leurs biens, d'autre part , ils participaient aux biens communs qui restaient sous la g*estion des prévôts et qui s'accroissaient toujours par des donations, augendo fratrum iisui. Cet état dura jusqu'à la fin du XII' siècle où toute communauté fut rompue.

Nous devons faire remarquer le nombre relativement considérable

' Archives dép. d'Eure-et-Loir, G. 293.

- La première fois que le titre de prévôt apparaît dans les chartes est le 5 février 974 [Cart. de Saint-Père , p. 60) : antérieurement, l'office de prévôt n'étant pas une dignité, les chanoines qui en avaient la charge n'en prenaient pas le titre.

136 UN MANUSCRIT GHARTRAIN

de pèlerins qui firent le voyag-e de Terre-Sainte : c'est Hervé, fils d'Arnaud (8 avril), qui, à son retour de Jérusalem, rapporta une relique insig'iie de la croix du Seig^neur ; c'est le prévôt Goslein (23 août), qui mourut à Jérusalem même; c'est le chanoine Léger (30 juin), qui fut tué sur le chemin de Jérusalem ; c'est le sous-diacre Goslein (25 juillet), qui mourut à Malte en revenant de Palestine ; c'est le chanoine Mainard (25 septembre), qui décéda pendant son retour de la ville sainte. Tous ces personnages suivirent, selon toute probabilité, l'armée des Croisés qui partit sur l'appel du pape Urbain II après le concile de Clermont. Leur présence dans cette expédition ne doit pas surprendre : les Ghartrains y jouèrent un gn^and rôle ; leurs hommes d'armes y étaient conduits par le comte de Chartres, Etienne-Henri. Ce prince y montra des alternatives de courag'e et de faiblesse. Après être revenu en France, il fut obligé par sa femme Adèle de retourner à l'armée des Croisés : il disparut devant Kamla en 1102. Au 19 mai, l'obituaire porte qu'il mourut en défendant l'église de Jérusalem : Obiit Steplumus cornes in defensione Hierosolimatane ecclesie.

D'autres pèlerins se contentaient d'aller à Rome pour visiter les basiliques des saints Apôtres. Sans parler de l'évêque Fulbert et de son disciple Hildegaire, nous mentionnerons en 1069 l'évêque Robert (23 déc.;, qui mourut à Senlis en revenant de Rome. En 1076, nous trouvons aussi à Rome un autre Robert, évêque intrus de Chartres, accompag'iié du doyen Enguerrand et du maître de grammaire Ives. Enfin, le chanoine Durand (3 février), qui, vers 1050, avait fait le voyage de Rome, mourut, lors de son retour, dans la ville de Plaisance.

Il est un autre trait, bien simple, mais aussi bien curieux qu'on nous reprocherait de ne point mettre en relief parce qu'il jette un jour sur la vie intime des chanoines de Chartres : c'est celui qui est relaté dans l'obit du prêtre Constantin , chanoine de Saint-Euverte d'Orléans (H nov.). Ce pieux ecclésiastique sollicite la faveur de laver dans sa

maison les pieds des chanoines de Cliartres au retour de leur procession. Il fait mieux, et lèg'ue huit arpents de terre à ses héritiers, à la condition de continuer la même œuvre de charité suivant l'exemple de Notre-Seig*neur. Cet obit est doublement intéressant parce qu'il rappelle en même temps un très ancien usagée de l'Eg'lise de Chartres, dont les lettres de Fulbert nous ont conservé le souvenir K Chaque année, les chanoines de Chartres se rendaient processionnellement à la cathédrale de Sainte-Croix d'Orléans, et c'est pour les délasser de leur long* voyag-e que Constantin voulut les recevoir chez lui et s'offrit à leur rendre le plus humble office. En l'année 1021, Fulbert écrit à Thierry, évêque d'Orléans, qu'il a réuni son Chapitre et que tous les chanoines ont été d'accord que, vu l'incendie tout récent de la cathédrale et les trav^aux de reconstruction de la basilique, on ne pourrait cette année-là se rendre en procession à Orléans. De processione ecclesiœ nostrœ ad vestram fieri solita cîericos nostros conveniens, audivi ah eis quod damnaiis incendio et ad ecclesiœ restaurationem mhiantibus pj'ocessio non sit ad presens facŒs.

On pourrait rapprocher de la pieuse humilité du prêtre Constantin un trait de la vie de saint Sig-ismond, chanoine de Chartres, dont l'obit fignn^e au 22 septembre en notre Nécrologie '~. C'est du Cartulaire de Saint-Père que nous tirerons le récit qui va suivre, en empruntant la traduction de Guérard dans ses Prolég*omènes. Vers l'année 980, lors d'un séjour du comte Eudes I" à Chartres, ses échansons cherchaient dans la ville du vin d'excellente qualité pour la table de leur maître. Apprenant qu'il y en avait dans le cellier du prêtre Sig-ismond, ils y courent pleins de joie, entrent audacieusement, se hâtent d'emplir

* Lettres de Fulbert, éd. Ch. de Villiers, fol. 65.

^ Obiit Sigeinundus , dignus Deo sacerdos et canonicus aime Marie. A la même date , on lit dans l'obituaire de Saint-Père: Ohlit Sigemundus, sacerdos, canonicus Sancte-Marie , qui Sancto-Petro dédit optimas vineas, ce qui se rapporte à la donation faite par Sigismond à l'abbaye (Cart. de S/iint-Pcrr , p. (57 et 00).

leurs outres et les rapportent au palais. Cependant le saint prêtre revient de l'ég-lise et trouve dans son cellier le maître des échansons qui lui demande, en raillant, si le vin est bon. « Mon frère, » lui répond l'homme de Dieu, vous vous y connaissez; il ne tient » qu'à vous d'en faire l'essai. » Le malheureux, ayant approché la cruche de ses lèvres, fut frappé subitement de paralysie. Le comte, informé de l'événement, fît venir le bienheureux Sig"ismond et ordonna en sa présence d'arracher les yeux aux coupables et de reporter aussitôt le vin qu'ils avaient pris. Mais Sigùsmond intercéda pour eux, obtint leur g^râce du comte, pria celui-ci d'accepter en présent le vin dérobé, et s'étant mis en prières rendit la santé au maître des échansons ^

Les Nécrologies ne servaient pas seulement à rappeler la mémoire des bienfaiteurs des ég-lises et des monastères et à indiquer le jour de leur anniversaire; quelquefois encore, à défaut des chartes, ils tenaient lieu de titres de propriété, et, dans les procès, ils étaient invoqués comme pièces à conviction. Nous en avons un exemple frappant dans notre Nécrolog-e même.

Vers le milieu du XP siècle, une contestation s'éleva entre l'abbaye de Marmoutier et le Chapitre de Chartres au sujet de la terre de Vieuvicq. Cette terre, située dans le pays chartrain, appartenait du temps de l'évêque Eudes (967-1003) à Umbaud, seig^neur de Vierzon, qui la transmit à son fils Umbaud, lequel la laissa lui-même à ses trois fils, Umbaud, Robert et Geoffroy. De ces trois fils, deux se firent relig-ieux, et le troisième, Geoffroy, ayant réuni en ses mains tout rhéritag*e paternel , pour le salut de ses frères et pour le sien , donna à Marmoutier l'aleu de Vieuvicq. C'était d'ailleurs une assez pauvre donation : par le malheur des g*uerres, bellis sepius in hisce regionibus fréquent atis , depuis sept ans, la terre était complètement sans culture, et il n'y restait qu'un seul habitant, uno tantum mhabitante, qui encore

^ Cart. de Saint-Père , Prolégomènes, p. ccviii.

s'occupait peu de la cultiver, mais vivait seulement de miel sauvag*e et du produit de sa chasse, non tamen aliquo terre cultu^ sed mellis questu silvestris volucrumque atque ferariim vivente venatu. Les moines chang*èrent tout cela: ils envoyèrent plusieurs des leurs à Vieuvicq, et au bout de quoique temps ils avaient transformé ce lieu désolé en une campag'ue florissante. Mais cette prospérité devait exciter l'envie, ce mal qui ne meurt pas, comme dit le rédacteur de la charte, vêtus illud malum^ quod inter mortelles qiioque non moritur. Les chanoines de Chartres prétendirent que l'aleu de Vieuvicq, avant la donation de Geoffroy à Marmoutier, leur avait été donné à eux-mêmes par le second Umbaud, seig-neur de Vierzon. Après de long-s débats, la cause fut portée devant l'évêque de Chartres, Ag-obert. A l'appui de leur prétention, les chanoines montraient leur Nécrolog-e, où , parmi les défunts dont ils devaient honorer la mémoire, se trouvait le nom d'Umbaud, avec cette mention : Nonis fehruarn , obiit Uncbaldus miles , qui res j)roimetatis sue quas habebat in pago Carnotensi reliquit Sancte - Marie K Le texte semblait formel ; mais les religieux répondirent que cet obit ne se rapportait pas au second Umbaud, mais au père de celui-ci, qui en eff"et avait donné au Chapitre quatre manses dans l'aleu de Vieuvicq; qu'Umbaud le fils était mort le 15 des calendes de novembre et non le jour des nones de février, et qu'il était de notoriété publique qu'il avait joui, sa vie durant, de la terre de Vieuvicq et qu'il l'avait transmise à ses trois fils ~. Le bon droit des religneux était manifeste ; les chanoines

^ C'est bien de noire Nécrologe qu'il est ici question : on y lit en effet, aux nones de février : Obiit Humbaldus miles, qui dédit fratribus Sancte-Marie res proprietatis sue in pago Carnotensi.

- Les moines de Marmoutier invoquaient en outre la prescription de 30 ans : Cuin tamen ab hujusinodi repetitione [Carnotenses canonici] annis siluissent amplius quam trigenta, nimirum a diebus Hodulfi Carnotensis quondam episcopi, qui Uncbaldum illum, ut /labetur cognitum, tradidit sépulture, ad usque tempora tune presentis illius Ageverti, inter quos Fulbertus et TIteodericus cidem episcopatui pre fuisse noscuntur. Cette phrase permet de fixer la date à laquelle mourut le second Umbaud, seigneur

tentèrent bien de protester, mais ils furent forcés de céder ', — Ainsi le pivot de cette affaire était la mention de notre Nécrologie : c'était lui qu'on invoquait comme preuve ; il fallait détruire son autorité pour avoir g'ain de cause.

11 nous reste, pour terminer cette introduction, à parler des obituaires du Chapitre qui ont fait suite au manuscrit de Saint-Etienne.

Entre 1124 et 1130, notre Nécrologie, surcharg-é d'obits en bien des endroits, ayant été abandonné, on en ouvrit un autre qui est actuellement conservé à la Bibliothèque de Chartres sous le n° 1032. Dans ce nouveau registre, on inscrivit d'abord d'une même écriture tous les obits antérieurs à 1124, et une modification apportée à l'obit du chancelier Bernard, mort le 2 juin 1124, prouve combien cette mort était alors récente. L'écrivain du manuscrit de Saint-Etienne avait simplement noté que Bernard avait lég*ué ses livres au Chapitre, le scribe du manuscrit 1032 précise et dit que ces livres étaient au nombre de ving-t-quatre, détail minutieux qui ne pouvait être connu que d'un contemporain.

Ce second obituaire fut en usag-e jusqu'à la fin du XIV' siècle; il est le plus complet, et celui qui a été le plus employé par les éditeurs du Cartulaire de Notre-Dame'-. C'est d'ailleurs un fort beau manuscrit, quoiqu'il ait subi depuis le XVIP siècle de nombreuses mutilations. Au commencement de quelques obits étaient des lettres

de Vierzon , dont il est ici question. Il est dit en effet qu'il fut mis en terre par l'évêque de Chartres, Raoul. Or Raoul fut élu cvêque quelque temps après le mois de juillet 1004 et il mourut le 15 juillet 1006. D'autre part nous avons vu qu'Umbaud décéda le 15 des calendes de novembre, c'est-à-dire le 18 octobre. Il en résulte que la date de la moi^t du second Umbaud, seigneur de Vierzon, est le 18 octobre de l'année 1004 ou 1005.

^ Cart. de Marmoutler pour le Danois, p. 102.

- Cf. de Lépinois et Merlet, Cart. de N.-D. de Chartres, t. III, p. 2, note 1.

ornées et des miniatures qui ont été enlevées. Le volume était couvert en arg'ent. Sur le dos, on lisait cette inscription :

llac licet urhe manens, comitisse sub ditione, Noster homo Mkhael^ servili conditione, A nohis tamen est captus nummisque redemptiis. Quonou parte fuit liber hic arffenteus emptus.

Sur les plats, on voyait, d'une part, des chœurs d'ang'es, d'apôtres, de martyrs, de confesseurs et de vierg'es ; d'autre part, était l'imag-e de la sainte Vierg^e, ayant à sa g'auche des pontifes, des clercs, des chevaliers, des bourg^eois et des paysans', et à sa droite des rois, des reines, des bourg*eoises et des paysannes. A g"auche, on lisait :

A droite

Pontifices, clerus, cum militibus dare proni, Undique doua ferunt bimjenses atqiie coloni.

Ueges, regine pariter sua mimera douant^ Dant et matrone^ que burgi, que quoque ruris.

Vers la fin du XIP siècle, on eut la pensée de créer un troisième Nécrolog-e ; c'est le manuscrit 1034 de la Bibliothèque de Chartres : mais on l'abandonna presque aussitôt. On n'y voit que peu d'écritures difTérentes. La plus ancienne peut se dater avec certitude de Tannée 1 182. De cette première écriture en efTet est l'obit du célèbre Pierre de Pavie, mort le 1"' août 1182: mais le commencement de cet obit seulement fut écrit de la première main : Eodem die, obiit Pet rus ^ Tusculanus episcopus, canonicus Beate-Marie et abbas Sancti-Andree : le reste de

* Cette scène était reproduite en couleur à l'intérieur du manuscrit; mais une partie de la page a été enlevée avec un canif; il ne reste plus que les clercs et les bourgeois implorant la Vierge.

la notice, relatant le leg*s fait par Pierre de Pavie à l'ég-lise de Chartres, qui hiiic ecclesie legavit..., fut ajouté postérieurement, parce que ce leg's ne fut connu que plus tard. On cessa de se servir de ce Nécrologie en 1201 environ : il ne reproduit que les trois premiers mots de Tobit de Geoffroy, comte du Perche, mort le 5 avril 1202, de Louis, comte de Blois, mort le 15 avril 1205, du doyen Hug-ues, mort le 4 mai 1206 : il était dès lors abandonné. Biaise le Féron , au XVIP siècle , disait déjà : Videtur scriptum circa annum 1W0.. ciim aliquibus sed paucioribiis additionibiis. Voilà donc encore une manière de préciser la date de beaucoup d'obits, de 1124 à 1182 et de 1182 à J202.

Au XIIP siècle, on commença deux autres Nécrolog-es: l'un, actuellement n" 1051 de la Bibliothèque de Chartres, est plutôt un compte des anniversaires à l'usagée des chambriers et des marg^uilliers ; l'autre (n° 1055) n'offre rien de particulier.

Enfin, au XIV^ siècle, on ouvrit un nouvel obituaire, maintenant divisé en deux parties, dont l'une est reliée à la fin du Poème des Miracles (ms. 1027), et l'autre forme le manuscrit 1034. Ce Nécrolog-e fut tenu au courant jusqu'en 1606. Il fut pendant un certain temps entre les mains des enfants de chœur, comme le témoignent différentes notes, telle que celle-ci, à la fête des Saints Innocents : In qua octava (Sanctorum Innocentiiim) , magister jmeroriim chori carere débet omni severitateK

Au XVIP siècle, on composa le Nécrologie G. 131 des Archives départementales d'Eure-et-Loir. A la même époque, dans les assemblées capitulaires des 1" et 26 juin 1630, on donna mission au chanoine J.-B. Souchet de rédig'cr un obituaire g-énéral qui résumât tous les autres : il devait être lu à primes, avant le De profundis. En 1638, le travail était mis au net ; en 1639, le 5 novembre, on payait huit livres à celui qui en avait fait la copie. L'abbé Brillon, au

* Bibliothèque de Chartres, ms. 1034, f" 25.

DU XP SIECLE 143

commencement du XVIIP siècle, eut entre les mains ce manuscrit et rapporte que Soucliet n'avait pas eu à sa disposition notre Nécrolog-e de Saint-Étienne, que Clialline n'avait pas encore restitué au Chapitre. II ajoute que l'œuvre de Souchet était incomplète, ne comprenant que les obits du 8 février au 18 octobre.

Les chanoines Biaise le Féron, mort en 1692, et Louis Patin, mort le 15 septembre 1711, avaient composé chacun un Nécrologie : leurs manuscrits sont conservés à la Bibliothèque Nationale. La série des obits y est assez complète, mais rien ne permet de les dater.

IL — Texte du Nécrologe

Nous avons annoncé déjà qu'afîn de mieux reproduire la physionomie de notre obituaire et démontrer avec plus d'évidence son intérêt chronolog-ique nous adopterions, pour l'impression, autant de caractères spéciaux qu'il y a de g'roupes différents d'écritures.

Nous avons représenté l'écriture primitive par des caractères dits romains. Les personnag'es , dont la notice nécrologique est imprimée avec ces caractères, sont tous morts après 940 environ et avant 1028. Pour prendre un exemple entre beaucoup d'autres, on lit au 24 janvier dans notre obituaire : « Vivianus archidiaconus inter- » fectus est a Drocensibus predonibus. » Ces mots sont en caractères romains ; il s'ensuit que Vivien mourut avant l'année 1028. Nous n'avons d'ailleurs aucun renseigMiement sur cet archidiacre. Seul son obit nous fait connaître qu'il périt assassiné par des brig^ands au cours d'une de ses tournées de visites dans l'archidiaconé de Dreux. Il y a intérêt , on le comprend , à pouvoir dater même approximativement un événement comme celui-là. Dans le cas présent nous ne

sommes en droit d'affirmer qu'une chose, c'est que Vivien décéda entre les années 940 et 1028. Mais quelquefois on peut préciser davantag*e. Il en est ainsi pour l'obit de la reine Berthe, seconde femme du roi Robert le Pieux, Les historiens nous apprennent que Berthe était née vers 963 ou 964 ^ , mais ils ig'norent l'époque de sa mort. Répudiée par son mari, elle se retira vers l'an 1000 auprès de son fils, le comte de Chartres, Thibaut; elle vécut long^temps à Chartres et il est probable qu'elle y mourut. La dernière fois que Berthe est sig-nalée dans les documents contemporains, c'est en 1010, année où elle accompag'na à Rome le roi Robert qui song'eait à divorcer avec sa troisième femme , Constance ^. Berthe était alors âg'ée de 50 ans environ ; depuis ce temps les chroniques et les chartes sont muettes à son sujet. Le Nécrologie du Chapitre de Chartres fournit à l'histoire une donnée nouvelle ; car, en consultant notre obituaire à la date du 16 janvier, on voit que la notice consacrée à la reine Berthe y est imprimée en caractères romains. Nous savons donc d'une manière certaine que cette reine mourut entre les années 1010 et 1028 et que, lorsqu'elle décéda, elle n'avait point atteint sa 65® année ^.

A côté des obits dont nous venons de parler, qui furent tous transcrits dans le manuscrit de Saint - Etienne en une seule fois vers

^ Cf. Pfister, Études sui' le règne de Robert le Pieux, p. 47, note 4 , et p. 359. * Ibidem, p. 68.

' Souvent, lorsqu'un personnage venait à mourir, ses héritiers ou ses proches, pour le repos de son âme, faisaient au Chapitre des dons de diverses natures : on ajoutait alors à la suite de l'obit la mention de ces donations. De là un nouvel indice pour dater quelques notices d'une façon plus précise. Au 13 février, est imprimé en caractères romains : « Interfectus est Rotbertus, miles, fdius Teduini. » Robert était donc déjà mort en 1028 lorsqu'on rédigea notre obituaire. Quelque temps après, la mère de Robert, Odila, donna au Chapitre la terre de Cussey ; mais dans l'intervalle le Nécrologe avait été achevé, car ce fut postérieurement à 1028 qu'on ajouta la mention: Cujus mater Odila dimisit Sancte-Marie terram de Cussiaco. Nous avons donc là une preuve que le chevalier Robert fut tué en 1028 ou très peu de temps auparavant.

DU XP SIECLE 145

l'année 1028, il y a ceux qui y furent insérés plus tard, au fur et à mesure que les décès se produisaient. Parmi ces notices postérieures à 1028, nous avons imprimé en caractères italiques toutes celles qui nous ont paru avoir été écrites avant 1060. Ainsi, par exemple, au 12 septembre, on trouve dans notre Nécrolog'e Tobit suivant imprimé en italiques : Et fuit interfectus Bernardus qui reliquit nobis unum agripennem vinee de Submouciis. De même que Vivien, l'archidiacre de Dreux, ce Bernard nous est inconnu. Peut-être un jour ou l'autre pourra-t-on l'identifier avec quelque personnag^e du pays chartrain. Présentement il est certain, d'après son obit, qu'il fut tué après 1028, et avant 1060 environ. Nous disons 1060 environ, car cette dernière limite ne peut être d'une exactitude rig^oureuse. Malgré une comparaison minutieuse et un classement méthodique des diverses écritures de notre manuscrit, il nous serait bien souvent difficile d'affirmer que telles ou telles notices ont été écrites avant 1060 plutôt qu'avant 1062 ou même 1065. En un mot, pour les obits imprimés en italiques, la limite inférieure 1060 ne peut être qu'approximative. En utilisant notre obituaire, les érudits devront donc attentivement disting'uer ce qui est sûr de ce qui n'est que probable.

Nous ferons la même observation pour les deux g'roupes d'écritures que nous avons représentés par des caractères dits allongés et par des caractères dits ebéviriens. De ces deux g^roupes le premier comprend les obits des personnag-es morts entre 1060 et 1090 environ. Au 17 juin on lit : [Obiit] Milesendis, uxor Gerardi de Guastela, ({ue dédit Sancte-Marie quoddaiu siiljiirbium in parrocliia Sancti-Saturnini. Ces mots étant en caractères allongées, il s'ensuit que Milescndc mourut entre 1060 et 1090. Mais il ne faut pas oublier que ces deux limites 1060 et 1090 ne sont pas d'une fixité absolue. Peut-être aurons-nous introduit dans ce gToupe quelques obits un peu antérieurs à 1060, ou bien un peu postérieurs à 1090, car, nous le répétons, l'écriture à elle seule, sans le secours des chartes, ne peut permettre d'arriver à un résultat tout à fait certain.— Le second gToupe, imprimé en caractères elzéviriens, comprend

les notices consacrées aux personnes décédées entre 1090 environ et 1130. Oh peut considérer comme sûre la limite 1130. Au 2 février est imprimé en caractères elzéviriens Tobit suivant: [Obiit] Adelelmus, sacerdos et canonicus Sancte-Maric, sed monacus defunctus est. Ce chanoine Adelelme mourut entre 1090 et 1130, peut-être quelques années avant 1090, mais certainement avant 1130.

Les trois gTOupes 1028-1060, 1060-1090, 1090-1130 sont, comme nous l'avons dit, composés de notices insérées dans le Nécrologie au fur et à mesure que les décès se produisaient : indépendamment de ces notices qui sont de beaucoup les plus nombreuses, il y en a quelques autres qui, pour des raisons diverses, ne furent inscrites à l'Obituaire que long*temps après Tépoque du décès. Ces dernières nous ont paru devoir former un gu^oupe spécial que nous avons représenté par des lettres capitales. Lexamen même du manuscrit montre que la plupart du temps Tinscription tardive de ces obits n'est qu'apparente; car, à part une ou deux exceptions, tous avaient été d'abord composés au moment de la mort, mais ils furent ensuite g*rattés et recopiés après coup. La cause de cette altération est la nécessité où l'on se trouva d'abrég'er en certains endroits le texte primitif pour faire place à de nouvelles notices très détaillées. Au 12 avril, lorsqu'on voulut énumérer les nombreuses donations de la comtesse Berthe, on fut forcé de g-ratter l'obit du vidame Renaud et de le transcrire en caractères plus fins : OBIIT raginaldus, vicedominus, qui reliquit canonicis

SANCTE-MARIE UNUM ALODUM APUD CEREIS VILLAM. C'cst CU 1085, auuéc OÙ

décéda la comtesse Berthe, que l'obit de Renaud subit cette transformation. De même, au 14 novembre, on lit : obiit ernoldus, decanus SANCTE-MARIE, ET LETGARDis , coMiTissA. Gcs dcux noticcs primitivement remplissaient presque entièrement l'espace réservé dans le manuscrit à la date du 18 des calendes de décembre : lorsque, vers 1080, on eut à insérer au même jour l'obit plus détaillé de Bernard de Bullou , on fut contraint d'effacer et de transcrire à nouveau les deux obits

précédents. On comprend dès lors que l'écriture ne fournit plus aucun indice qui permette de déterminer d'une manière même approximative la date de la mort des personnag'es dont la notice nécrologique a été ainsi remaniée. — Nous avons fait entrer dans ce dernier g*roupe et imprimé en capitales les obits dont nous avons déjà parlé, qui étaient sur deux feuillets lacérés et remis au net entre les années 1066 et 1070 ^ Actuellement, ces feuillets renouvelés embrassent, dans le Nécrologie , la période qui va du 2 au 13 octobre et du 30 novembre au 14 décembre. Il y a encore lieu de disting'uer ici les notices, qui ont été recopiées toutes à la fois vers 1066, de celles qui furent ajoutées plus tard. Les unes, se trouvant avoir été écrites plus ou moins long*temps après l'époque du décès, ont été fig-urées par des capitales ; les autres postérieures à 1066, ayant été inscrites au moment même de la mort, ont été imprimées en caractères allong'és ou elzéviriens suivant l'àg-e que paraissait révéler l'écriture. Ainsi , au 5 décembre , on lit

dans notre Nécrolog'e : Obiit Berlandus presbiter et canonicus

Et Gaufridus. puer et canonicus La notice consacrée à Berland est de celles

qui furent recopiées après coup vers 1066. Nous l'avons imprimée en capitales, car l'écriture de cette notice ne peut fournir aucune indication pour l'époque de la mort. Nous savons seulement que Berland décéda avant 1070, année où les deux feuillets étaient certainement renouvelés. Quant au chanoine Geoffroy, son obit a été inscrit plus tard, et l'écriture, contemporaine de la mort, nous a fait considérer le décès de ce personnag^e comme antérieur à 1090. Aussi avons-nous imprimé cette seconde notice en caractères allong'és. Il est certain que Geoffroy mourut après 1066 et il est probable que ce fut avant 1090.

Les explications que nous venons de donner ont pour but de montrer le parti qu'on peut tirer de la publication de notre Nécrolog'e.

' Voir plus haut, pages lOG et 107.

MalgTé nos recherches, un certain nombre de défunts mentionnés à rObituaire nous sont restés inconnus ; sur beaucoup d'autres nous avons pu recueillir quelques renseignements. Parfois, sachant exactement Tannée du décès, nous avons à la fin de Tobit imprimé cette date entre parenthèses : le plus souvent, igmorant l'époque précise de la mort, nous avons indiqué l'année où pour la dernière fois dans les documents contemporains était signialé comme vivant encore le personnag-e dont nous voulions dater l'obit.

— »^»i^sSoooes3"e"

NKCHOLOfiirM

ECCLESI^ r3EATiE MARI^ CARNOTENSIS

viiii kat jan.

viii kaf. jan.

vi kaf, jan.

Anno Domini DCCCGXLI, indictione xiiir^ , obiit Hag-anus, episcopus et cornes, Leobino beatissimo primus eonsimilis ; cujus anima, sicut ci in bac vita jure potestatis coaequata est, ita cum eo in futura perhenni felicitate perfruatur.

Eodem die. oljiit Herbertiis, subdiaconus et canonicus aime Mariae.

Et Adelais, mater Gerardi, que rebquit canonicis Sanctae-Marie Cerasetum, Fromoldi-villam et Pinum.

Eodem die, obiit Johannes, medicus, qui capsarum sedem deargentatam construxit et istius ecciesie dextri lateris veslibulum fecit et quamplurimis aliis operibus eidem ecdesie profuit.

Obiit Odo, filius comitis Stepliani, pro cujus anima Adela, nobilis comitiffa, mater cjus, petentibus hujus ecclefie canonicis, precepit dirui quandam ftallam macellarii ante Portam Novam, nec ulterius inibi eam reedificari conceiïit, quia eluviem totam continebat et in domum horrei nollri convertebat et carreciis noltris et plauftris inducendis atque educendis pro tectis hujus ecclefie reparandis plurimum nocebat (f après ilOO).

Obiit Haimerieus, archidiaconus et cantor Sancte-Mariae , qui reliquit nobis alodum qui dicitur Canta-Pia (f 040;.

V ha(. jan.

iftt kat jan.

tut non. jan.

ttt non. jan.

riit ib. ^an.

vit iî>. jan.

Obiit Adelandus, levila et canoniciis Sancte-Mariae.

' Obiit Ebrai'dus, levita , fubdecanus et cancellariiis , litteris eruditus et ] facuJidus eloquio (f après 1034).

3anuatiue

Obiit Hugo, Bituricensis archiepiscopus et canonicus Sanct^-Mari^ (f 987).

Et Gausfridus, 7niles,qui dédit canonicis SanBœ-Mariae unum alodum apud villam que dicitiir Villaris.

Obiit Gislevertus, episcopus Garnotensis (f après 878).

Et Gualo, subdiaconus.

Guiddoqite , diaconus et Jidelis canonicus Sanâe-Marie, qui reliquit fratribus in Saiiâi-Andree fubuî^bio decem folidorum cenfum.

Obiit Vuitbertus, subdiaconus et canonicus Sancte-Mariae, qui reliquit fratribus ipsius ecclesie res sue proprietatis : in pag-o Parisiacensi videlicet, alodum unum in villa que dicitur Aureng*iaco cum vineis, in pag*o etiam Milidunensi , de vinea aripennum ex alodo, in pag-o quoque Gastrensi, hoc est in Beroldi-villa et Gerberti-villare quitquid juris habebat.

Et Albertus, ejufdem fancte ecclefie levita et canonicus, qui poftea Sancti-Johannis fuit abbas et prefbiter devotiffimus (f après 1107).

Obiit Bernoldus, levita et canonicus Sanctae-Mariae. Et Herveus, diaconus ejusdem.

Et Guido, diaconus et canonicus, et abbas Sancti-Johannis (-{- après 1092].

Et Ewardus, rex Scothiœ, vir honefliffimus et Dei fervitio devotiffimus (f 1107).

vi ib. jan.

V ib. jan.

Hii ib, ^an. ,

m ib, jan.

Obiî't Helvifa, fanât [Jhnœ memorie reclufa.

Et Ivo, filius Gazonis de Regihnalaftro, ex cicrico factus monachus, qui terram de Piredellio ad opus hujus ecclefie deliberavit, et manfionem Brummeville que erat ex fuo feodo nobis conceflit,

Obiit Hilo, subdiaconus et canonicus Sancte-Marise.

Obiit Odo , clericus. adolescens indolis egi'eyie, sanctae misericordiae matris canonicus.

Et Guerricus, vicedominus, pro cujus anima uxor ejus, omnibus filiis filiabusque suis concedentibus, Balduinum servum suura dédit aime Marie (f après 1080).

Et Gilo, nobilis britto, qui pro anima fua conceiTit nobis viaturam quam ipfe et filii fui in terra Beate-Marie habebant jure hereditario (-|- après 1114).

Interfectus est Rodulfus, fîlius Adelaiidi, pro cujus anima habemus alodum de Vico-Abonis.

a ib, }an.

ib, }an.

^viîii haf.fe6.

Obiit Tetbertus, sacerdos et canonicus Sanctae-Mariae.

Et Rodulfus , clericus, ^ui reliq^uit ufibus fratrum unum agrîpennum

vinearuin.

Obiit Ascelinus, prepositus et canonicus Sancte- Marie, qui dédit canonicis alodum de Calniaco.

Eodem die, obiit Gelduinus, miles, qui dédit Sancte- Marie alodum suum de Fontanis.

Et Rodulfus , prepositus et canonicus aime Mariae.

Obiit Yualterius, comes, et reliquid fratribus Sancte-Marie alodos suos qui sunt in pag*o Dorcasino et Carnolo, ea ratione ut me-

moria ejus celebretur in ecclesia Sancte- Marie perpetualiter

(f avant 980).

Eodem die, obiil Johaanes, diaconus et caiioiiicus Sancte-Marie.

^vtîi kaf. fe6 ^vu Aof. ff6.

Obiit Gisbertus, abbas bone inemorie (f ioo4).

Obiit Berta, mater Udoiiis comitis, que dédit canonicis Sancte- Marie alodum nomine Marcilliacum , ciim toto ovili suo et carruca. Gujus anima paradisum possideat (f après 1010).

wi kaf, ff6. Obiit Hildeg'arius Al bus, sacerdos et canonicus Sancte-Mariae.

i Et Rag'embaldus, sacerdos et canonicus.

viîtî kaf. fe6.

vii kat fe6.

vnii kaf. fe6.

vin kaf. fe6.

vit kaf. fe6.

lit Rodulfus. Saucti-Martiui Majuris-Monasterii iiionachus et prius Imjus ecclesie canonicus (f 1004).

'Vtti kaf. feb, Eodem die, obiit Ofulfiis, diaconus Sanctae-Marie. Ciijits anima pocia-

tiw aeterna quiète, amen.

Eodem die, obiit Gausfredus. îilius ïïerberti, qui dédit canonicis Sancte-Marie unum aripennem vineœ ad Leugas.

vi kaf. fe6. Eodem die-, obiit Adelmus. levita et canonicus aime Marie, (jui reliquit fratribus Imjus aecclesie

j apud Sanctum-Mauritium très quadrantes vineic.

Vivianus, archidiaconus, interfectus est a Drocensibus predonibus.

Eodem- die, obiit Wauterius , facerdos et canonicus aime Marie, qui dédit fratribus hujus œcclefie très aripennos vinearum apud Cajîrumdunum.

Eodem die, obiit Ermentrudis, uxor Nivelonis, pro cujus anima datum ejï nobis alodum in Juburbio Beati-Andree, unde, unoquoque anno, decem et octo folidos habemus.

V kaf. fc6. Iiiterfeclus est Rorico, subdiaconus et canoniciis aime Mai'ie.

nii kaf. fc6.

iii kaf. fc6.

n kaf. fc6.

Obiit Benedictus, presbiter et canonicus aime Marie.

Obiit Erembertiis, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie. Et Gauzbertus, diaconus et custos Sancte-Marie.

Obiit Vualleimus, episcopus Garnotensium ff après 911 j.

Et Tbeudo, miles, interfectus obiit, pro quo habemus alodum quem tenebat in Arg^elivilla.

Et Grimoldus, interfectus, obiit.

kaf. fr6.

uii non. fe6.

iii non. feB,

a non fe6.

,Ve6niarui6

Obiit Gausfi'iilus. subdiaconus et canonicus ahne Marie. Et Odo, hujus aecclesie subdiaconus et canonicus.

Obiit Odo, Sticerdos, canonicus Sancti-Stephani.

, Et Adelelmus, lacerdos et canonicus Sancte-Marie, fed monacus defunctus eft.

Diirandus, hiijits Janâe ecclejîe canonicus et fiibdiaconus, Roma redicns, Placent ie obiit.

Obiit Rotbertus, miles, qui reliquid canonicis Sancte-Marie alodum nomine Vendobrum.

Et Milesendis. mater Johannis canonici. pro cujus anima babemus très agripennos et diraidium vinearum in dauso Sancti-Leobini.

non. fc6.

V» ib, fe6.

iiii ib, fe6.

il ib, feB.

ib, fe6.

Obiit Humbaldus, miles, qui dédit fratribus Sancte- Marie res proprietatis sue in pag'o Garnotensi (f avant 1005).

Et Willelmus, prepofitus hiujus ecclefie, levitaet canonicus Sancte-Marie.

Obiit Aimericus, f rater Gelduini, et reliquit canonicis Sancte-Marie omnem hereditatem suam, hoc est Lulaplum totum, Riniacum totum, et quidquid habet in Popone-monte , et in Ulmos, et in Monte-mediano , et in Britone-corte ultro Perticum ; tribuit etiam vineam cum trig-ila super ripam Audurae,

Obiit Adraldus, liujus misericordissime Dei matris ecclesie episcopus venerabilis et abbas Bremetensis, vir eloquentissimus et utriusque scientie radiis illuminatus, qui ecclesiam istam sibi commissam toto cordis affectu totaque mentis intentione dilexit, et eam, vita sibi manente, diversoruiu ornamentorum muneribus, capis videlicet optimis et dorsalibus preciosissimis, sicuti pastor egregius, extruxit, unumque ei aureum calicem opère elegantissimo informatum donavit, quera et cotidiano altaris servitio deputavit, atque, hujus vite cursu completo, capellam suam ornameutis episcopalibus instructam , cum ingenti argenti pondère , pro peccatorum suorum remissione, huic preclare matri sue ecclesie dereliquit (f 1075).

Et Warnerius, levita et canonicus Sancte-Marie.

Et Teduinus, filius Teduini.

Obiit Frotgerius, sacerdos et canonicus Sanctorum Serg'ii et Bacchi.

Et Ebrardus, vicecomes, Gilduini filius, pro cujus anima reddidit nobis terram Ciconiolas nomine Ebrardus, filius ejus, et Hugo perpetualiter babendam nobis dédit casam ecclesie de

Viletâ (f après 1061).

Et Gerogius, levita et precentor humilis, qui huic ecclefie antiphonarium preciofum cum gradali dédit, et pauperibus Elemofine Sancte-Marie tribuit quicquid habebat ad Benfo-Ingelardi et Pagani, et ad Felardi-villam, et très agripennos et quadrantem unum terre ad Lucetum, et eifdem pauperibus multa alla bona fecit (f 1124).

Interfectus est Rotbertus, miles, filius Teduini, ciijiis mater Odila dimijit Saiiâe-Marie terrain de Cuffiaco pro anima fiia et Jilioriim fuorum .

DU Xl^ SIECLE

^itti katmart.

^tt kaf. matt.

TQt kof. matt.

19 kaf. matt»

vint katmatt

vinkatmatt.

vit kaf. matt.

vi kaf. matt.

îiti kaf. matt.

Obiit Alcherius, miles dévolus, qui dédit Béate -Marie fratribus alodum Avenziacum.

Et Gausbertus, levita et canonicus Sancte- Marie, pro cujus anima liabemus duos aijripeiinos vinearum juxta Sanctum-Bartolomeuin.

Obiit Alcherius, levita et prepofitus Beate-Mariœ.

Obiit Bernardus, sacerdos et prepositus Sancte-Marie (f après 979). Et Sanctio, miles, frater Radulfi episcopi (f après 1004). Et Gislardus, subdiaconus et canonicus predicte matris Domini .

Obiit Haimericus, clericus, Herbranni filius, qui dédit huic œcclefiae unam dalmaticam cum alba, et unam cappam; dédit etiam tria preciofa filacteria, et ipfam gecclefiam décora adornavit vitrea.

Obiit domnus Ebrardus, hujus ecclesie subdecanus et dig-nus Deo sacerdos, qui, dum perg'eret ad matutinas, innocens a nocentibus interfectus est (f i0l8).

Obiit Warneriiis , facerdos et canonicus Sancîœ-Marie.

Obiit Gozlinus, canonicus et levita.

Et Elifabeth, uxor Gauflini de Leugis, pro cujus anima Widdo, filius ejus, abbas Sancti-Johannis, dédit fratribus hujus ccclefie cenfum decem folidorum in Valeia Minori [j- avant 1099).

Obiit Huraberga, uxor Gauslini, que dédit Imic ecclesie duascasulas, alleram preciosam dominico altari, alteram altari Crucifixi.

Obiit Odo, miles, pro cujus anima dédit Tetbaldus, frater fuus , Sanâœ- Marie alodum de Marchai/villa, et Murcenciacum quant calumpniabatur ex fua parte abjblutam clamavit.

hat, mavt.

Obiit Rotg"erius, canonicus et prepositus Sancte-Marie.

Et Ivo de Friasia, qui dédit nobis alodum suum de Chalniaco (f après 1080).

vi non. matt.

Obiit Badehildis, que dédit Sancte-Marie molendinum de Haroltmonte, cum omnibus pertinentibus ad eum.

V non. mavt. ■ Obiit Sig-ebodus, qui nobis dédit ununi alodum Villeis et alterum I Cusenceis.

Et Gauzbertus, canonicus aime Marie.

Et Goslinus, succentor, sacerdos et canonicus Sancte-Marie (f 1087).

tit non. mavt*

Obiit Harduinus , levita et decaniis beati [finie Dei genitricis Marie, qui ^ reliqiiit nobis quinque agripennos vinearum et dimidium [•\- après 1033).

Il non. mavt. ^ Obiit Ragiîialdus , prejbiter et canonicus Sancîe-Marie.

non mavt.

\n\\ tb. mavt*

vi ïh. mavt.

Obiit Gelvisa, monacba et hujus sancte ecclesie canonica, que dédit canonicis Sancte-Marie alodos suos, Vulmedum et Canta-Merula.

Obiit Ermtlfus, abbas Sandi-Petri (f 1033).

Obiit Adela, comitissa (f 1137).

Obiit venerabilis et eloquens vir Henricus , Dei gratia , Anglorum rex (f 1135).

Obiit Walterius, fiibdiaconus et canonicus Sanâœ-Mariae. Et Urjo , J'acerdos atque canonicus.

DU XF SIECLE

lit ib, matt.

H ib, matt.

Tffv kaf. apr.

^iiii kaf. apr.

^tt kaf. apr.

^t kaf. apr.

viiii kaf. apr.

vi kaf. apr.

V kaf. apr.

un kaf. apr.

Eodem die , obiit Hikluinus. sacerdos et canoniciis aime Marie. Et Odo. ejusdem Virginis canonicus. nepos Telbaldi comitis.

Obiit Landricus, abbas Saiicfi-Petri (f ifXiO).

Obiit Letburg'is, uxor Gilonis, pro cujus anima l'eliqiiil idem Gilo et fîlii ejus alodum nomine Osilei.

Obiit Fulco, levita et canonicus beatissime Marie.

Obiit Gaufridus, puer et canonicus Sancte-Marie.

Obiit Rag'enoldus de Cliraciaco, qui dédit nobis alodum suum qui vocatur Judeus, cum servis et ancillis, et totum quod habebat in villa que dicitur Modetus.

Obiit Hilduinus, aime Marie canonicus, custos scrinii sacre vestis et totius aecclesie ornamenti, rei familiaris servator fîdelis et distributor dapsilis.

Et Hardvadiis , levita et canonicus.

Obiit Rodulfus, qui reliquid fratribus Sancte-Marie alodum qui jacei in villa que vocatur Mure.

Et Roscelina, matrona, que relie[uit nobis alodum quem habebat in Ginnoni-villa.

Eodem die, obiit Gertrannus, frater Alvei abbatis, hujus ecclesie FIDELIS (f avant 900).

Obiit Rotlindis, mater episcopi Odonis, que scrinio Dei g'cnitricis affig'cndas reliquid aureas aquilas miro opère sancti Eligùi inf'ormatas ; pro cujus anima inter alia dona idem episcopus Odo dédit fratribus alodum de Vulmari-Curte habentem mansos xiiii.

UN MANUSCRIT GHARTRAIN

cum privileg-io reg-ali. Quorum anime portionem in terra viventium mereanlur habere, Ghristusque rex celorum sit pars hereditatis eorum (f après 9G8).

Et Fulco, hujus ecclefie fubdecanus, ad fuccurrendum monachus factus (f après 1118).

ifi hat a\>t*

Obiit Mag*enardus, abbas sanete memorie (f lois;

jrpriPte

kat, apt.

fii non. af)r.

tt non. a\>v.

vin ib, apr.

vil th. af)r.

Eodem die, obiit ; cujus anima pociatiir eteivia reqiiic , amen.

Obiit Herveus, puer, acolitus et canonicus Sandœ-Mariœ.

Eodem die, obiit Ragenfredus, levita et canonicus Sancte- Marie, et

ABBAS SaNCTI-AnDREE,

Et Ermentrudis, que dedit canonicis Sancte-Marie alodum de Vicheriis.

Atque Ascelinus, brito. sacerdos egi'egius, qui huic sancte ecclesie librorura bonam copiara contulit, et post raortem Herberti, nepotis sui, domum suam et unum agripeiiuuin vinearum atque diraidiura confratribus suis reliquit (f après 1078).

Obiit Guarinus, qui reliquit béate Dei genitrici Marie quatuor agripennos terre et duas domos, unam juxta posternam positam, alteram apud Manum-villare.

Et Hugo, prefbiter et canonicus Sancte-Mariae.

Obiit Gherifendis, mater Otranni, que dedit canonicis Sancte-Marie agripennum unum terre in Maiferiis.

Et Odo, canonicus, levita et arcliidiaconus Sancte-Marie.

vi ib, apt.

iiii ib. apt.

iii ib. apt.

n ib. apt.

ib. apt.

ObIIT HeRVEUS, ARCHIDIACONUS et PREPOSITUS, qui DEDIT CANONICIS SANCTiE-

Marle alodum de Grinneitvilla , et alterum de Hadulvilla (f après 1022).

Et Herveus, Arnaldi filius, de cujus beneficio habemus terram de Buflani-villa, cum fervis et ancillis ad eam pertinentibus; qui etiam, de Jerofolima rediens, magnam partem ligni dominicc crucis huic ecclefie apportavit.

Oblît dileâiis Deo et hominibiis pater nojîer bone memorie Fiilbertus, hujiis Jancîe fedis epifcopus, lux preclara miindo a Deo data, panperum fiijlentator, defolatorimi conj'olator, predonmn et latronum refrenator , vir éloquent i[[imus et fapientiffwius, tant in divinis quam in omnium liberalium artium libris ; qui ad rejlaurationem hîijus fanai templi, quod ipfe pojt incendium a fundamento reedificare ceperat , bonam partem auri fui et argenti reliquit , et difcipline ac fapientie radiis hune locum ilUmiinavit, et clericis fuis multa bona fecit (f 1028).

Et Guarinus, le\ita et canonicus.

Obiil Adhelelmus, rei familiaris custos et rerum monasterii amalor et edifîeator.

Et Fulcherius, miles (f après 984).

Obiit Raginaldus, vicedominus, qui reliquit CANONICIS Sanct^-Marle

UNUM ALODUM APUD CeREISVILLAM (f après 1028).

Et Berta, comitissa, que ad hujus ecclesie decorem plura contulit, videlicet pectorale iinum ex auro mundissimo et gemmis preciosis confectiiin quod, in duas partes sectum, allaris scrinium condecorat, et duo Ihuribula aurea, et filacterium grande, et très capas, et duas casulas , et duo dorsalia ; terram quoque a Fulcherio. iilio Girardi , émit, iu qua Elemosinam hujus ecclesie de suc fecit, et ad usus infirmorum ipsius Elemosine furuum dédit, et alia plura (f 1085).

Obiit Ragemboldus , fubdiaconus et canonicus Sanâe-Marie, qui dédit magnam partem fue poffejjîonis ad edifcationen veftibuli frontis

IGO

iQvnikaf.mai,

^vtikaf. mai.

TQvi kaf. mai.

10V kat, mai.

loiiii kaf, mai.

iQiii kat, mai.

Tcii kat mai.

hujiis œcclefiœ , et p^ontem feretri fancli Piati auro cooperuit , et fratrum iifibus vu agripennos vinearum tribuil , cum domo et torculari.

Obiit Hildeg-ardis, vicecomitissa de Gastello-Dunis, pro eu jus anima dédit Sancte- Marie fîlius ejus, Hug'o, Turonensis episcopus. alodum suum qui vocatur Viverus (f avant 1023).

Et Kohertus, hujus aecclesiae diaconus et succentor devolissimus (f après 1070).

Obiit Herbertus, clericus et caiionicus Sanctse-Marie, qui legavit concanonicis suis domum suara in claustro positam. ea racione ut uniis illomm in vita sua illara possideat.

Obiit domnus Teodericus, epifcopus, qui hanc ecdejiam librorum copia et multimodis ornamentis decoravit, atqiie aiigendo fratrum ufui contulit alodum Juum de Cerfiaco, ecdejiam Vilete cum qltari et ecdejiam Luci - Plantati cum altari , duojque vinearum claujbs , unum ht"''"'", alterum xii'^'"' agripennium, cum quadam domo annone et ri no fratrum custodiendo necessaria (f après 1048).

Eodeui die, obiit Arraidus, levita et canonicus aime Mariae. Et Droco. canonicus Sancke-Mariae.

Obiit Geiio, miles, qui dédit canonicis Sancte-Marie alodum suum Daoocortem super aquam que dicitur Mortru et quantum habebat in Osilleio et in Bomervilla.

Et Bei'la, vidua. nobilis et inultœ bonitatis femina, que eisdem canonicis alodum suum in Villari et unius carrucae terram reliquit.

Obiit Serannus, diaconus et prepofitus Sancte-Marie, qui dédit huic ecclefie très libros obtimos, fcilicet Auguftinum de Givitate Dei, et Jeronimum contra Jovinianum, et Egefippum (f après 1119).

Obiit Herbaldus, miles, qui dédit canonicis Sancte-Marie alodum suum de Silvestri-villa.

iOl

^t kat mai.

^ kaf. mai.

vint kaf, mai.

viii kaf. mat.

vit kaf. mat.

Et Ing*elbaldiis, canonicus et archidiaconiis.

Et Frotg'eng'ius, subdiacoiius et canonicus SancLc-Maric.

Et Ivo, levita et canonicus Sanctaî-Mariœ, qui dédit nobis areas quas in claullro habebat.

Obiit llaldimariis, presbitcr et canonis-iis Sanclc-Marie.

Obiit Rodulfus, sacerdos et canonicus ahue Marie et prcpositus (f après 980).

Obiit tlildradus, sacerdos, qui dédit canonieis 1res ao'ripennos vinearum.

Et Bernardus, levita et canonicus Sancte-Marie.

Et Giflebertus Bertinus, canonicus et prepofitus Sancti-Karauni, factus ex clerico monachus (f après i092].

Obiit Hugo, vicedominus, hujus ecclefie fidelis (-|- après 1104^.

Et Herbertus, facerdos et canonicus aime Marie, qui, poft: mortem nepotum fuorum, Alberti videlicet et Tefcelini, concanonicis fuis reliquit très agripennos vinearum cum torculari, et domum in clauftro pofitam, et calicem argenteum huic ecclefie dédit -j- après 1104).

Et Hugo, prefbiter et canonicus (f après 1104).

Et Germundus, canonicus, qui reliquit nobis domum in clauftro et cenfum duorum folidorum apud Poevillare (f après 1104).

Obht Radulfus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie, qui ex cano- Nico factus fuit monachus (-|- avant 1028).

Et Bernardus, abbas de Tiro, qui ejufdem loci ecclefiam a fundamento conllruxit et multos ibidem monachos fub fanctitatis et rcligionis norma congregavit [f 1116).

UN MANUSCRIT GHARTRAIN

vi kaf. mat.

Obiit Herbertus, brito, qui ex canonico monachus factus fuit, et nobis terram de Manunviila dereliquit(-f- après 1092).

iiii kai\ mai, Obiit Sig^bertus, presbiter et canonicus aime Marie.

ift hat, mai.

a kaf. mat.

V non mat.

tttt non. mat.

ttt non. mat.

tt non, mai.

non. mat.

vttt ib. mai.

Eodem die . obiit Wido , prepositus et canonicus aime Mariae.

Obiit Ebrardus, levita et canonicus aime Marie.

iOZaiue

Obiit Eubrardiis , primo devotus matris Dei canonicus ac Jîndiqfus cancellariiis, pojt vero totius obedientie monachus et abbas afjidue evatigeli:{ans ovibus (-f- 1053).

Obiit Tetbertus, sacerdos aime Marie.

Obiit Froechin , monialis.

Obiit Mag'enardus, sacerdos et canonicus Sancte-Marie.

Et Grimoldus, miles, qui fuit huic ecclesie fîdelis, jcro cujus anima Gaujcelinus , Jilius ejus, dcdit ufibus fratrum alodum Juum qui vocatur Tetlaifvilla.

Obiit Vuinemandus, sacerdos et canonicus aime Marie. Et Herbertus, canonicus Sancti-Aniani.

Obiit Raherius Casatus, qui dédit canonicis Sancte-Marie alodum quem tenebat ad Gereisvillam.

DU XP SIECLE

Et Rodiilfus, qui dédit eisdem fratribiis ii arpeniios vinearum, rX restriictioni hujus aecclesie multas impensas devotus attribuit.

Et Fulcherius, qui dédit nobis alodum quein babebat in Briteniaco.

vi ib, mai.

V tb. mat.

Obiit Richardus, diaconus.

Et Adbelais, matrona, que dédit usibus canonicoruin alodum de Sarniaco cum appendiciis suis.

Et Rotbertus, lubdiaconus et canonicus Sancte-Marie.

Obiit Manoaldus, britto, et carpentarius Sancte-Marie. Et Haudricus, facerdos et canonicus Sancte Marie.

ini tb. mat.

ib. mal

^vii kat, jun.

Obiit Symon, facerdos et archidiaconus Béate -Marie, qui reliquit fratribus hujus ecclefie centum folidos denariorum, et domum in clauftro pofitam, quam emerat ex proprio, dédit nobis liberam ab omni confuetudine, pofl deceffum unius heredis. Cujus anima eternam requiem poffideat (f après 1098).

Obiit Ingelerius , faceî\ios et canonicus Sanâœ-Mariœ , qui rcliquid canonicis Sanâœ-Mariœ très aripennos vinearum, uno quadrante minus , pojl unius heredis fui Jînem.

Obiit Rag-enoldus, presbiter et canonicus Sancte-Marie.

Et Harduinus, canonicus et subdecanus aime Marie (f après 950).

i^vï kaî, jun.

^v kaf. jun.

Obiit Letericus, sacerdos et canonicus Dei g-enitricis Marie.

Obiit Gelduinus , ex vicecomite tnonachus, qui, pro fua et fîlii fui Harduini anima, reddidit nobis terram Ciconiolas nomine , et longam nobis inde faciam injuriam tali fatiffaciione correxii (f après 1050).

^iiii kaf» jun.

mii kat jun.

fffii kaf. jun.

yi kaf. jun,

viii kaf. jun.

vii kaf. jun.

V kaf. jun.

iiti kaf. jun.

ii kaf. jun.

ObIIT WaRINUS, SACERDOS et CANONICUS SaNCTE-MaRIE, qui DEDIT NOBIS DUOS AGRIPENNOS VINEARUM APUD MONCELLUM [f avant 1090).

Et Ingelrannus, hujus aecclesie decanus et prepositus fidelis et cancellarius utilis (f après 1084).

Eodem die, obiit Stephanus, palatinus cornes, in defenfione Jerofolimitane ecclefie, qui libertatem epifcopalibus domibus contulit , et pro cujus anima Adela, nobilis comitiira, conceffit canonicis Beate- Marie vicariam quam eis Gaufridus, brito, vendidit, et alia multa bona fecit (f 1102).

Obiit Albertus, Imjus sancte ecclesie primum decanus et rerum ecclesiasticarum procurator egregius, qui, postea Majoris-Monasterii factus abbas. monastice regulse fuit observator diligentissimus (f 1064,.

Obiit Ernustus, clericus et canonicus aime Mariae.

Et Godeleia, sanctimonialis, que relig-iosam vitam duxit, et ornamenta multa huie ecclesie tribuit (f après 976).

Obiit Heirveus, nobilissimus abbas Sancti-Garauni et canonicus aime Marie (f après 968).

Et Eiricus, sacerdos et canonicus Sanctse-Mariae.

Interfectus est Bernerius, levita et canonicus Sancte-Marie.

Eodem die, obiit Hugo, facerdos et canonicus Sancte-Marie, qui ex canonico factus eft monacus.

Obiit Rotbertus, sacerdos et canonicus aime Marie.

Et Gauterius Blesensis, canonicus et archidiaconus Sanctœ-Mariœ, qui dédit huie aecclesiae filacterium aureum xv"™ librarum, et redemit xx'' libris unura argenteum candelabrum.

Obiit Rotbertus, canonicus aime Marie.

Obiit Dada, matrona, que dédit fratribus Sancte-Marie alodum qui vocatur Murcincus, in pag"o Dunensi.

haf. jun.

im non. jun.

m non, jun.

H non, jun.

non jun.

vi i6. jun.

lïii ib. jun.

3uniu6^

Obiit Martiiiiis, Jacerdos et canoniciis Sanâœ-Maj^iœ , qui dédit concanonicis fuis duos aripentios viiieariim et qiiadrantem îimim.

Et Fulbertus, canonicus et sacerdos Sancte-Marie, qui dédit custodibus hujus ecclesie duos agripennos vinearum et dimidium in Argillaribus et unum in clauso de Spina.

Obiit Bernardus, fubdiaconus et canceliarius Sancte-Marie, qui dédit huic ecclefie libros fuos (f 1124).

Obiit Guarinus, clericus et canonicus Sancte-Marie.

Obiit Johannes, carpentarius Sancte-Marie, qui, inter alia hujus ecclefie refiaurationi necejfaria , fignum etiam quinque milium liby^arum compojuit.

Obiit Ing'rannus, clericus et canonicus Sancte-Marie.

Et Haldricus , prepofitus, qui dédit fratribus hujus aecclefie unum alodum in Lucif-villa.

Obiit Guillelmus, hujus sancte ecclesie prepositus, qui quante utilitatis et honestatis apud prefatam ecclesiam extiterit, non tam verborum quam operum exibitione declaratur : ex uno enim alodum qui vocatur Brittonaria usibus canonicorum tribuit, et ex alio antiphonarium argento decoravit, ex utroque'vero niissalem et martjToIogium honeste scribere fecit, et multa alia ad hec siraul pertinentia dura viveret exhibere curavit, qui, post unius lieredis obitum, orania que \idebatur habere sine exceptione huic ecclesie dereliquit.

Obiit Hug'o, Turonorum archiepiscopus, qui dédit nobis alodum suum de Vivariis (f 1023).

Et Herveus, canonicus aime Marie, subdiaconus.

UN MANUSCRIT GHARTRAIN

tt tb, jUtt.

ib, jun.

^viîikafottf.

T^ii hat juf.

^vi haf, juf.

Obiit Balduiiius, levita et caiionicus Sancte -Marie, abbas Sancti- Carauni et Sancti-Martini (f avant 962).

Anno incarnationis dominice DGCCLVIII, indictione vi^% a paganis Sequanensibus facta est magna CEDES Carnotis, in qua interempti suNT Frotboldus episcopus, Stephanus presbiter, Titulfus presbiter ET monachus, Tetbertus presbiter, Rainulfus presbiter, Adalgaudus clericus, Mono clericus, Landramnus subdiaconus. Letramnus subdiaconus, Almandus subdiaconus, Ulgarius subdiaconus , Adalbertus clericus, Gaubertus clericus etcetera multitudo; pro quibus exorate Dominum.

Et Bloco î7iterfeâits cjt , qui dédit canonicis Sanctœ-Mariœ duos agripennos vinearum ei dimidium, cum una domo in eifdem conjtruâa.

EtSigo, îactus ex clerico raonaclius. et abba tandem Salmurieiisis moiiasterii (f 1070).

Eodem die, obiit donnus Jerardus, episcopus. Hic sua inpetratione inploravit aput Karolum imperatorem Aloiam, cujus medietatem altari Sancte -Marie, alteram cessit profuturam fratrum utilitati :; qui etiam reddidit fratribus medietatem Alvernis, quam domnus Frotboldus episcopus jam olim concesserat primam (f après 885).

Obiit Harduinus , vicecomes, pro cujus anima pater ejus , Gilduinus , reddidit nobis , injujie longo rétro tempore ablatam, villam que dicitur Ciconiolas, cum omnibus appcnditiis ejus et ferpis et ancillis ad eam pertinentibus (f après 1046).

Obiit Rotbertus, rex (f 923).

Obiit Hug^o, dux Francorum, qui Sancte-Marie donavit fîscum Novig^enti (f 956).

Et hujus ecclesie Hugo canoiiicus et ai'cliidiaconus, et Sancti-Auiaui Aureliauensis decanus.

^v haf. juf.

Obiit Salico, subdecanus et canonicus Sancte-Marie, qui reliquit concanonicis suis alodum de Bodani-villa (f après 977).

EtAlherius.

Atque Milesendis, uxor Gerardi de Guastela, quae dédit Sanctae-Mariae quoddam suburbium in paiTochia Sancti-SaUirniiii.

^ttit kaf. juf.

Obiit Hunbertus, cantor Sancte-Marie (f après 950).

T$m kaf. juf.

^« Çaf. juf.

Obiit Vuitg'erus, miles eg^reonus, episcopi Odonis frater amantissimus ; pro cujus anima reddidit idem episcopiis abbatiam Saneti- Carauni, eiim privilegMO jure firmato, bujus ecclesie fratribus ; qui eisdem fratribus prebendas dédit et privileg-io fîrmavit

(-{- après 968).

Et Guctricus interfectus est, miles, qui reliquit hujus ecclesie canonicis alodum suum de Britonaria.

Et Vualterus interfectus est.

Et Mainardus, canonicus , obiit, pro cujus anima habuit hec ecclefia viginti libras et preciofam de pallio cappam.

Obiit Alpasia, que dédit canonicis Sancte-Marie alodum suum qui est in Moncellis.

Et Herbrandus de Grandi-Ponte, qui reliquit nobis alodum fuum de Paifico.

^ kaf. juf.

Obiit Herbrandus, levita et canonicus Sancte-Marie.

v'm kaf. juf.

Obiit Sug-g-erius, qui apud civitatem Garnotum in archisterio. Sancte-Marie decanie curam ministravit. et ex clerico monacbus effectus est sub prefata urbe in monasterio Sancti-Petri . cl reliquit alodos Sancte-Marie, unum in Mecionis-villa , alterum vero in Loisvilla (f après 974).

vxï kaf. juf.

Obiit Sug-g-erius, archiclavus ff après 977).

Et Gaufridus, sancte Marie, Dei genitricis, canonicus.

V haf. juf.

il Maf. juf.

kat juf.

xi non. juf.

V non, juf.

itft non, juf.

Obiit Hilo'aiidus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie.

Obiit Vitalis, canonicus Sancte-Marie.

Et Eremburg'is. matrona, uxor Fulcherii primicerii.

Et Leodegarius, precelfe matris Domini Marie canonicus, in itinere Jherufolimitano eft interfectus. Cujus anime mifereatur univerfalis Dominus.

3uftue

Obiit Tetredus, qui reliqiiit nobis alodum fiiiim ad Tcjfoldi-v illare.

Et Hubertus. utilis et lionestus ia miuisterio sacerdotali, et caiioiiicus Saiictœ-Mariae.

Eodem die, obiit Haldricus , Sanéîi-Carauni prepofitus , diaconus et canonicus Sancte-Mariœ .

Obiit Rag-emboldus , presbiter, qui dédit Sancte-Marie unum optimum missaleni et psalterii volumen, ac fratrum usibus vineam aripenni unius.

Et Fulbertus, levita et canonicus Sanctae-Mariœ.

Et Herbertus. clericus et canonicus ejusdem Mari*.

Obiit Eirveus, presbiter et canonicus Sancti-Serg-ii , brittig^ena.

Et Geroardus, frater Alvei.

Et Odo, dignus Deo facerdos , fancîe Dei genitricis Marie canonicus , qui huic ecclejie et multis aliis in 7'ejiauratione plurimum profuit.

viit ib. juf.

vii ib* juf.

V ib. juf.

iift ib, juf.

m ib, juf.

iî ib, juf.

^v kaf. aug.

Et Lambertus, pro cujus anima date funt decem libre opère fuftentaculi liuius aecclefias.

Obiit Ilgerius, sacerdos et canonicus raisericordissimse matris Domini.

Obiit Romoldus, sacerdos et canonicus Sancte-Marie.

Obiit Sigo, levita , fapientia clams vitaque venerandiis, cantor hiijus fafi✠matris œcclejiœ amantiffimus , ammirandi prefulis Fulberti , dum terris exularet , fidiis a Jecretis, poji , ut datiir ceimi, tumulator liber alis (-j- après 1034).

Et Genovefa, mater Gerogii archidiaconi , pro cujus anima dédit idem Gerogius alodum de Delentiaco. Cujus anima paradysum possideat.

Obiit Bernardus, levita et canonicus aime Marie atque prepositus

(f après 980).

Et Areg-arius, levita et grammaticus (f après 980).

Hac die, obiit Henricus, imperator, justici^ amator et ecclesiarum

DEFENSOR (f 1024).

Et Goflinus, fubdecanus et prepofitus, qui adquifivit Buflamvillam Sancte-Marie , et ecclefiam iftam tribus preciofis decoravit vitreis, cum lampade femper ardente in nocte et tribus cereis eidem lampadi fuppofitis, ad matutinas, in feftis duplicibus (f après 1097).

Obiit Vuaracco, canonicus Sancte-Marie atque sacerdos. Et Richardus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie.

Obiit Fulcho, miles, qui dédit canonicis Sancte-Marie villam que vocatur Funtanas cum omnibus adjacentiis suis.

Et Albertus, vicedominus, qui dédit nobis villam que dicitur Pircdellium (f avant 1044).

UN MANUSCRIT GHARTRAIN

T^iiii kaf. aus-

yiii kaf. ans.

vit kaf. au(i.

^ kaf. mS'

viiii kaf. anç^.

viii kaf. ms»

vit kaf. aitfi:.

vi kaf. aug.

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