II INTRODUCTION
Les folios, en bon 'parchemin, sont au nombre de 138, répartis en 18 cahiers, et mesurent 255 miUimètres de hauteur sur 165 de largeur. Leur état de consolation est parfait. L'écriture elle-même et les dessins sont presqu'aussi éclatants qiC au premier jour .
Différentes indications, tracées par des mains modernes sur les premiers et les derniers folios, et aussi sur la couverture intérieure, vont nous permettre de suivre la piste de notre manuscrit.
Qu'il ait été écrit à Chartres et longtemps employé dans l'église cathédrale, on n'en saurait douter, puisqu'il renferme un Martgrologe et un Nécrologe à Viisage de cette église. En établissant plus bas la date de ces deux livres liturgiques , nous montrerons avec certitude qu'il fut composé dans le premier quart du XP siècle.
A une époque cjui ne peut guère remonter au-delà du XVI^ siècle, il devint la propriété d'un Jacques Haligre, chartrain, comme le prouve une note autographe , inscrite sur le dernier folio et ainsi conçue: Siim Jacobi Haligre Garnotensis pro [curatoris] electi. Quel était cet Haligre? On trouve trois Jacques Haligre, tous trois élus : l'un mourut en 1649, l'autre vécut de 1506 à 1588, le troisième naquit en 1539 et nous ne savons Vannée de sa mort. Le premier de ces Jacques Haligre était sans doute le possesseur de notre manuscrit.
Une autre note, inscrite au verso de l'avant -dernier feuillet (137), à la marge inférieure, témoigne qu'il appartint aussi à Challine (1596-1678), avocat du Roi, et explique comment il rentra dans la bibliothèque du Chapitre. Voici cette note: Moiis"^ Challine , feu avocat du Roy à Chartres, a donné ce livre à M' Féron, docteur et chanoine, par son thestament holog-rafe, pour le mettre dans la bibliothèque du Chapitre de Chartres. A Chartres, ce IS-^ juillet 1678. Du Theilleul.
On sait que Charles Challine était un grand amateur de curiosités
INTRODUCTION m
chartraines : toutes les Histoires de Chartres et la Bibliothèque chartraine de M. Merlet le témoignent. Sa hihliotlièque, à sa mort, comptait 3,600 volumes. Outre le manuscrit qui 7ious occupe, il donna aux clianoines celui qui porte aujourd'Jiui le n" 1098. — Biaise Le Féron. non moins amateur que lui, était bibliothécaire du Chapitre : il fit un cataloque des manuscrits de la bibliothèque capitulaire, et le nôtre s'y trouve indiqué; il rédigea même un obituaire à l'aide de tous ceux qui existaient (Bibl. nat., n" 10,100). et particulièrement à l'aide de celui qui [ait l'objet de cette étude.
Celui-ci, réintégré dans son lieu naturel, fut catalogué avec les autres manuscrits. En haut du premier folio on mit alors ces mots : Ex bibliotheca Gapituli Carnotensis, et en bas on écrivit le numéro d'ordre général, 1214, donné à ce volume, et son rang spécial parmi les manuscrits du Xlt siècle : Manuscripta duodecimi seciili n° 63 ; on le croyait plus récent qu'il ne l'est en réalité. On le revêtit de la couverture qu'il porte encore maintenant , sur laquelle on frappa la chemisette capitulaire.
Dans le premier quart du XVIII" siècle, le chancelier Brillon l'avait entre les mains, car il écrivait à l'intérieur de la couverture ce faux -titre: FragTnentum Necrologùi post Marlyrologùiim, titre qui fut corrigé par une main plus récente et remplacé par celui-ci : iSecrologMLim integ^rum a pervigMlio Nativitatis Domiiii inchoatum more pervetuslo. Cette correction, dit une note moderne, signée par un bibliothécaire de Saint- Etienne, serait l'œuvre de M. l'abbé Antoine Courbon du Terney. Cet ecclésiastique, né à Saint- Etienne, après avoir été confesseur de Madame Louise de France, était devenu chanoine de Chartres. C'est alors sans doute qu'il prit notre manuscrit. Il le garda, on ne sait pourquoi, dans sa bibliothèque. Après sa mort, en 1787, il y eut une vente de ses livres. Le Catalogue en fut imprimé ; on y voyait par exemple /'Histoire de Chartres p«r Challine, qui est actuellement sous le n° 1074 de la Bibliothèque communale de Chartres. Il est probable que son
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