‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècleChapitre 3 sur 37 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

frère, le chevalier de Mont viol , ancien garde- du- corps de Louis XVI, se réserva notre Ne'crologe, car il écrivit de sa main, sur la couverture intérieure, ces mots : Ex libris J. de Montviol, 1805. Lorsque M. de Mont viol mourut à Saint -Etienne, son pays natal, la ville acheta ce manuscrit de son héritière et le plaça dans sa Bibliothèque. C'est ainsi qu'il est allé de Chartres à Saint -Etienne.

Il serait bien à souhaiter qu'il fût rapatrié. Comme les objets d'art les manuscrits n'ont toute leur valeur et toute leur utilité que dans leur milieu naturel. La place véritable de ce Nécrologe et de ce Martyrologe est à Chartres, il n'a aucun intérêt pour Saint- Etienne. On l'a déjà compris: en 1841 , il y eut des négociations faites entre les deux villes par l'intermédiaire de M. Benoît, juge suppléant au Tribunal de Cliartres, dont la famille habitait Saint -Etienne. Mais ces négociations n'aboutirent point, faute d'entente sur les compensations à fournir. Puissent- elles se renouer avec un meilleur résultat !

La Bibliothèque de Chartres jusqu'ici ne possède de ce manuscrit qu'une double copie manuscrite du Nécrologe. La première est l'œuvre de M. Benoît, qui la fit à Saint -Etienne en 1843; l'autre est une transcription de la copie de M. Benoît, transcription écrite de la main de M. Roux, professeur au collège de Chartres. M. Benoît a fait précéder son travail d'une petite préface qu'il a publiée dans l'Annuaire du département -pour 1844, et où il a établi d'après le Nécrologe que la cathédrale actuelle de Chartres ne remontait point jusqu'à Fulbert, et datait simplement du XIII^ siècle. Ce qu'il a écrit est bon, mais insuffisant pour faire connaître la valeur réelle du manuscrit. 31. Benoît n'en a étudié qu'une partie et dans un but très restreint. Le champ reste encore ouvert après lui, et nous y ferons ample moisson.

Nous ne mentionnerons que pour mémoire la communication faite en 1841,

INTRODUCTION v

au Coiujrès scientifujue de France tenu à Lifon , sur le yécroluiie renfermé dans notre manuscrit. « Les comptes- rendus de ce Congrès contiennent à ce » sujet (p. SH-Sif), dit justement M. Benoit, une notice qui fourmille » d'erreurs de diverses natures. » Et après en avoir cité quelques-unes, le modeste érudit conclut en ces termes ; « Si je peux encore croire que Vauteur » de la notice a fait faire et communiqué au Coufirès une copie du Sécroloffe, » il m'est bien difficile d'admettre qu'il en ait pris lecture. » Ce juijement , que nous avons contrôlé nous-iiuhne . n'est pas trop sévère. Le manuscrit de Saint-Etienne n'a donc pas encore rencontré Vétude complète et soignée dont il est digne.

Il n'a même pas été mis en relief comme il le mérite ni dans le Catalogue que M. Molinier a joint à son étude sur les Obituaires, ni dans le Catalogue de la Bibliothèque de la ville de Saint - Etienne , rédigé en iSSo par J.-B. Galleg. bibliothécaire. }L Molinier, p. "273, ne lui consacre qu'une seule ligne; M. Galleg, qui l'avait pourtant sous les yeux et le décrivait ex professe sous le n" 958 (t. L p. 201 ), n'en comprend aucunement l'intérêt : il en fait une analgse très sèche, incomplète et parfois inexacte. Il le dit composé au commencement du XH^ siècle , en écriture onciale ; ce qui est contraire à la vérité : il ne fait point mention du rapport qui a été fait au Congrès scientifique de Lyon en iSil , et n'explique même pas comment ce manuscrit est venu de Chartres à Saint-Etienne .

Après avoir retracé ainsi l'histoire de notre manuscrit, il nous reste à faire la description de son contenu.

Il ne se compose pas seulement d'un Xécrologe , comme le feraient croire les études ci -dessus mentionnées. Les Obituaires étaient destinés à être lus au milieu de primes. Or. à cet endroit de l'office, la liturgie commandait aux religieux de réciter la liste des saints du jour que l'on devait invotiuer

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