‹ Un manuscrit chartrain du XIe siècleChapitre 20 sur 37 · A. — OFFICE NOTÉ DE SAINT GILLES · texte numérisé non relu

A. — OFFICE NOTÉ DE SAINT GILLES

La plus importante des pièces liturg-iques insérées dans le manuscrit de Saint-Étienne est l'office propre de saint Gilles noté en neumes. Le texte et le chant sont l'un et l'autre du XI" siècle : le chant est inédit, mais le texte a déjà été plusieurs fois publié.

En 1608, Charles de Villiers édita cet office parmi les œuvres de Fulbert", d'après un manuscrit inconnu. Ce même document a été inséré dans le Bihliotheca maxima veterum Patrum (T. XVIII, p. 48), et reproduit par Mignie dans sa Patrologie latine (T. CXLI, col. 843j.

' Cet office est transcrit dans le manuscrit de Saint- Etienne du folio 94 r" au folio 96 v°.

- Fulberti opéra varia, fol. 174 v".

Enfin il a été de nouveau imprimé par M. Ernest Kembry'. d'après un Bréviaire de la collégiale de Saint-Donatien de Brug'es.

Ce même texte se rencontre dans d'autres manuscrits que celui de Saint-Etienne : ainsi dans plusieurs Bréviaires chartrains des XIII" et XIV* siècles : il est ég*alement transcrit avec le chant sur les feuilles de g*arde du manuscrit 71 de la Bibliothèque de Chartres et dans un Antiphonaire de Beauvais appartenant aujourd'hui à la Bibliothèque Sainte - Geneviève de Paris. Dans ce dernier manuscrit, l'office de saint Gilles est reproduit suivant l'ordre même de la cérémonie . tandis que, dans notre manuscrit de Saint-Etienne, toutes les antiennes et tous les répons sont copiés à la suite les uns des autres, et les diverses parties de l'office ne sont point indiquées.

Charles de Villiers, et après lui l'auteur du Bihliotheca ma.vima et Mig'ne dans sa Patroloc/ie, ont commis diverses erreurs en éditant cette pièce liturg'ique. dont ils n'ont pas reconnu la composition. Ils n'ont pas publié l'antienne des l""^* Vêpres ; en tête des antiennes de Laudes ils ont inscrit ce titre inexact. In matutims Laudibus responsoria ; ils ont placé à la suite les antiennes et les répons des trois Matines, qu'ils intitulent Prosœ et alia responsoria. Ajoutons à cela que le texte même de l'office contient un grand nombre de mauvaises leçons. Pour tous ces motifs nous croyons utile d'éditer à nouveau ce documeut.

L'office de saint Gilles comprend neuf antiennes et neuf répons pour les Nocturnes et cinq antiennes pour Laudes : ces dernières servaient aussi sans doute pour les Vêpres. Il y a de plus deux antiennes à Mag-nificat fl""^^ et 2"°®* Vêpres i et une antienne à Benedictus. Le manuscrit 71 de Chartres ajoute deux nouveaux répons, ce qui porte le nombre total à onze : on peut supposer qu'il y en avait un douxième, probablement noté, aux 1'"''* Vêpres, lequel aurait été chanté, selon

* Saint Gilles, sa vie, ses reliques, son culte en Belgique et dans le Nord de la France. Bruges, 1881 (T. II , p. 454).

l'usag-e ancien, entre le capitule et l'hymne. Ce nombre de douze est celui de l'office monastique qui contient, comme on le sait, quatre répons à chaque Nocturne. Le Bréviaire de Brug-es ajoute aussi cinq antiennes spéciales aux Vêpres, en vers hexamètres. Nous donnerons ces additions, après avoir publié le texte du manuscrit de Saint-Etienne.

Cet office a été composé savamment. Les antiennes dune part, et de l'autre les répons forment chacun un tout, dont toutes les parties s'adaptent à l'ordre de la cérémonie et à la vie du saint. On sait que les antiennes et les répons étaient autrefois réunis dans deux livres liturgiques distincts, lantiphonaire et le responsorial ; ce qui explique pourquoi ils développent parallèlement une idée spéciale. Ainsi l'antienne des i'"'^ Vêpres, Siiscipientes , qui ouvre la fête du saint, l'annonce joyeusement et s'élance comme un cri d'actions de g-ràces envers Dieu. L'invitatoire de Matines, Adoremus, qui se chante au point du jour, répète solennellement la même pensée. Les neuf antiennes des trois Nocturnes redisent les étapes successives de la vie de saint Gilles, depuis sa naissance jusqu'à son sacerdoce. Les neuf répons des mêmes Nocturnes reprennent aussi cette vie et la poursuivent, mais en appuyant davantag*e sur les vertus du personnag-e. A Laudes, les antiennes correspondent aux psaumes auxquels elles sont jointes, et semblent faire écho aux premiers mots des psaumes eux-mêmes.

Nous publions ci-dessous l'office de saint Gilles , en suivant l'ordre de la cérémonie, comme dans le manuscrit de Sainte-Geneviève. Nous nous conformons pour le texte au manuscrit de Saint-Etienne, sans ajouter de variantes, car. parmi les diverses leçons des autres manuscrits, aucune n'est à retenir.

Jres VÊPRES

Ant. à Magnificat. — Suscipientes beati Egidii sollempnia celebranda, tibi, somme Pater, grates atque laudes exsolvimus, qui serves tuos et in terra mirificas et in celo gloriose coronas.

DU XP SIÈCLE 201

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