SCÈNE HUITIÈME
que n'osais pas... (Se reprenant.) je ne pouvais pas dire non. Je vois d'ici l'avenir qui m'attendait entre un beau-père en cuir, une vieille tante acariâtre et revêche, et une femme, qui ne m'épousait peut-être que pour mes écus. N'est-ce pas ton avis, Gélestin?
GÉLESTIN.
Je n'aurais jamais osé le dire à Monsieur.
RAVINEL.
Mais j'y vois clair! On ne m'en conte pas à moi,
GÉLESTIN.
Oh ! non.
RAVINEL.
Et si les Beauperthuis frère et sœur se présentent ici, tu leur diras... (Fièrement.) que je suis parti pour faire le Tour du Monde... Ah ! mais voilà comme je suis, moi...
GÉLESTIN.
Bravo I Nous restons célibataire.
RAVINEL.
Quant à ses trente centimes, je lui en fais cadeau.
GÉLESTIN.
Il achètera avec un second mari.
RAVINEL, appelant, joyeux.
Parfaitement ! Célestin ! Mon veston! Mes pantoules ! Je ne sors plus. Sers-moi mon déjeuner.
GÉLESTIN, lui apportant ce qu'il demande et l'aidant à se dé* vêtir, joyeux.
Voilà, Monsieur, (a part.) J'ai gagné mon procès.
RAVINEL, s'asseyaut.
Enfin me voilà libre. Je respire. Dieu, que c'est Don de ne plus se marier !
UN M A Ii 1 PoUrl .HO CENTIMES
CÉLESTIN, préparant la table pour le déjeuner.
A qui le dites-vous, Monsieur ! Mais dorénavant méfiez-vous des omnibus et des voyageurs qui ont oublié leur porte-monnaie.
RAVINEL.
Merci, je craindrais trop d'y pêcher un nouveau beau-père.
Rideau.
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