SCÈNE CINQUIÈME
H£NRI, de même.
Sans adresse?.. Tu crois?.. Je ne sais... je n*ai pas encore regardé...
^GASTON
Eh bien! regarde !...
HENRI* de même, tournant la lettre entre ses mains.
Tu veux que. ..je regarde ?. . .
GASTON
Certes !..
HENRI* cherchant à .se calme Eh bien!., voilà!.. (Baissant pea à peu les yeux snr la lettre.)
Je vais... regarder... je regarde 1... (Regardant^ d'un ton eaime.) Ea effet, elle n'a pas d'adresse...
Lis maintenant, lis vite ! . ..
HENRI
Tu me conseilles de...
GASTON
N'est-ce pas le seul moyen?... Du courage!... allons, mon pauvre ami, du courage I...
HENRI* très-émn, dépliant la lettre.
J'en aurai... puisqu'il le faut. .. (Li»nt.) c'est signél... Tiens !.,. A. deT... Adrien deTaisy I...
Il se lèro.
GASTON* à part.
Ah!... Comment?... c'était?...
HENRI
Oh! je le tuerai!... (Lisant.) « Madame, si Tamourle plus » humble, le plus tendre, le plus dévoué, a jamais pu » toucher le cœur d'une femme, daignez abaisseï' vos 1» beaux yeux sur celui qui vous implore à genoux!... » A genoux devant ma femme ! ... le misérable ! . . .
GASTON
Voyons, voyons, calme-toi!... Un bon coup d'épée punira l'insolent...
18 VV MABI QUI PLBDRB
HENRI
n lui était si facile de ne pas aimer ma femme et d*aimer la tienne!...
GASTON
Merci bien !.. v
HENRI
Et c'est pour mieux masquer ses batteries qu*il se montrait empressé près de madame d'AyroUes?...
GASTON
Évidemment... (i. part.) Mais je ne suis pas fâché de rapprendre.. (Haut.) Tu ne doutes pas de ta femme, j'espère ?...
HENRI) marchant à grand» pas.
Pas une minute!... Mais enfin... pourquoi elle et pas la tienne?... M"»« d'AyroUes est aussi jolie que M"" Laroche... Oui, mais tu es militaire, toi, tu es dragon 1... on te redoute... Tu as dix ans de salle peut-être I... Tandis que moi... un avocat... un simple avocat... j'ai dix ans de
salle., des Pas-Perdus... (Arpentant le théâtre en trois enjambées.)
ça ne compte pas, cela, et l'on n'a pas peur de moi !... *
GASTON
Calme-toi, je t'en supplie!... Si ta femme te voyait ainsi !...
HENRI
Ahibah!...
GASTON
Dans son état!...
HENRI t se calmant on p$a.
Oui, oui, tu as raison !
GASTON
• Juge la situation froidement. . , comme moi !. ••
HENRI
Comme toi!... Je te conseille de parler!... Tout à l'heure, quand tu croyais que ton honneur était en jeu, tu allais trouver M. de Taisy, tu lui montrais sa lettre, il choisissait deux témoins, tu avais déjà les tiens, et vous
* Heori, Gaston.