‹ Un mariage dans le mondeChapitre 8 sur 10 · MADAME DE LORRIS A MONSIEUR DE RIA · texte numérisé non relu

MADAME DE LORRIS A MONSIEUR DE RIA

« Encore un p<9i d'aigreur, . . . mais enfin de ta soumission ! Gela me snfBt«

UN BURIAGE DANS US KONDE Ui

« Je quitte, monsieur, un ton de légèreté qui cofivient bien peu au sérieux de noes peiisées et des vôtres. Vous aunsE Mmpris que j'avais reçu toutes les oonfide&oes de votre femme. Vous avez eu avec elle des paroles bien graves, bien offeusantes et»

permettez-moi de dire, bien imprudentes.

Après une telle sojbne et dans Tétat de vos dispositions à tous deux, m peasez-vous pas que voUb intimité s<»*ait bieu difficile? que la vie commune, reprise aussitôt, ne pourrait qu*euvenimer vos mutuelles bJes* sures et les rendre irrémédiables? Ne peusez-vous pas qu'il faut vous domier le temps de vous calmer chacan de votne côté»

d'oublier vos griefs, de vous rappeler peutêtre vos torts? Je vous supplie de penser

it cela avec moi. — Votre femme rentre

èi Paris dans huit jours. Je vous ai entendu dire autrefois qu'un séjour en Angleterre vous serait indispensable pour vos recherches historiques, mais que vous n'aviez pas le courage de vous y décider. Ayez aujourd'hui ce courage, je vous en prie. J'ai le sentiment profond qu*il y va du bonheur de votre vie. Pendant votre absence, je me charge de votre femme: elle demeurera chez elle ou chez sa mère à votre gré ; mais nos deux existences seront communes. — Elle est toujours digne de vous, j'en suis sûre et je vous l'affirme ; mais ce n'est pas assez, puisque vous ne l'aimez pas telle qu'elle est... Eh bien! je ferai tout mon possible pour que vous retrouviez en elle la femme de vos rêves, — c'est-à-dire une femme de marin, je crois? — Seulement,

monsieur, si vous voulez là conserver telle que j'espère vous la rendre, vous aurez, s'il vous plaît, à faire quelques petites réformes de votre côté. J'ai là-dessus des idées que je vais mûrir dans ma haute sagesse, et que j'aurai l'honneur de vous exposer en temps et lieu. »

MONSIBDR DB RIAt A MADAME DC LORRIS*

« Chère madame, j'accepte l'épreuve.

Je n'en attends rien pour mon bonheur; j'en attends tout pour ma justification. Vous ne tarderez pas èi reconnaître qu'il y a des folies incurables qui découragent, qui désespèrent la plus patiente affection. Vous me rendrez alors plus de justice, et je ne regretterai pas le sacrifice que je m'impose, y ai gagné l'amitié d'un cœur aussi

délicat et aussi généreux que le vôtre* — Je pars dans deux jours pour Londres.

— Je désire que madame de Rias continue d'habiter chez elle. — Je prie madame Fitz- Gérald de vouloir bien me donner quelquefois des nouvelles de mes enfants. »

MADAUB FITZ-G<RALD A MORSIBUft DE RIAft A LONDRES, HÔTEL CLARBHDON*

Paris, octobre.

« Mon cher Lionel, je vous envoie les nouvelles photographies de vos enfants, qui $e portent tous deux k merveille. Us ont posé avec une sagesse bien remarquable pour leur âge. Le photographe n'en revenait pas. C*est un Polonais. Je ne me risque pas à vous écrire son nom. Il nous a été indiqué par la duchesse. Pauvre femme !

elle me désole avec son cousin Pontis. Le duc est bien aveugle. Tant mieux, du reste ; mais revenons à vos chers enfants. Ce sont deux prodiges d'intelligence et de beauté.

Ils me consolent de bien des choses. Vous çie comprenez, mon ami. J'espère que votre grand ouvrage avance. Nous serons bien heureuses, ma fille et moi, d'en entendre la lecture. Ce sera délicieux. Nous comptons sortir très-peu cet hiver. Ma fille ne quitte plus sa cousine de Lorris. C'est Paul et Virginie. Elles lisent ensemble madame de Sévîgné. On n'écrit plus comme cette femme-lâ.

n Adieu ! mon ami. Quand nous revenesbvous? 9

MOnSirVtL DE RIAS A MADAME FITZ-GÉRALD A PARIS*

« Londres. — Je vous demande pardon, chère madame, on écrit encore comme madame de Sévigné, et votre charmante lettre en est la preuve. Les femmes écrivent avec une sorte de génie naturel dont aucun art ne saurait approcher, pas même celui des photographes polonais. Je n'en suis pas moins ravi des deux portraits, et très-reconnaissant de votre attention.

» Vous voulez bien vous informer de répoque de mon retour. Madame de Lorris vous renseignerait beaucoup mieux que moi à ce sujet. Suis-je ici pour deux mois ou pour dix ans? Dois-je me faire naturaliser sujet britannique? Elle seule le sait.

» Je baise avec un tendre respect, chère

madame, les plus belles mains du monde.

Il n'y a rien d'approchant en Angleterre, ©

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