FAR UN MARIAGE EXTRAVAGANT
ville de Québec, fortifiée et francisée, et en franchissant la porte Saint Jean par la rue du même nom, on arrivait en rase campagne. À un mille de là, on trouvait un chemin étroit, se prolongeant à perte de vue, quoique se cachant.sous les cèdres rabougris et les : sapins. Lorsqu'on s’y était engagé, au bout d’un quart de lieue, après avoir passé devant une ou deux petites cabanes, on arrivait à Saltmarsh.. la maison qui ne se louait pas. : -
« C’était un endroit triste et laid, un endroit retiré, le plus isolé qu’on pût voir; mais cela n’expliquait pas suffisamment pourquoi la maison ne se louait pas.
« Le loyer était purement nominal. M. Barteaux, le propriétaire, l’entretenait en très-bon état. Il y avait un grand jardin potager, auquel un locataire ayant des goûts agricoles eût pu faire rapporter le double du prix de la location. Les bois voisins étaient pleins de gibier. Dans les frais ruisseaux qui les àrrosaient le poisson ne manquait pas. Cependant pas un chasseur ne
venait fixer sa résidence à Saltmarsh. La maison:
n'était pas hantée; elle en avait bien un peu l'air, maisvnul n'avait jamais osé affirmer positivement qu’elle le fût. Jamais. fantôme lugubre n'avait fait briller de torche funéraire aux fenêtres, jamais de sinistres cris n'avaient troublé le silence de ces solitades à l'heure de minuit, jamais spectre de femme long et blanc n’avais pris ses ébats dans ces chambres désolées. Aucun meurtre n’y avait été commis; aucune légende ne se ratlachait à ce lieu, et son histoire était prosaïque et vulgaire au dernier point. Malgré cela, les années se succédaient et l'inscription ; -— Matson à louer
s’étalait tristement sur la sombre porte d’entrée, sans | qu’un locataire se présentât.
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« — Tom Grimshaw devait être archifou quand il a fait bâtir cette horrible vieille grange, se disait souvent en maugréant le propriétaire d’alors : avec les impôts, .les réparations, les. assurances, elle me coûte plus qu’elle ne vaut, et elle restera là, ma foi, jusqu'au Jugement. dernier. On’ dirait que même les arbres qui l’entourent, pareïls aux sentinelles d’Helheim, dont parle la mythologie du Nord, crient aux passants : Celui qui franchit cette enceinté est perdu Lg
« Si ce langage énergique éveillait votre curiosité, et si vous demandiez au propriétaire l’histoire de sa maison, il vous la racontait à peu prèsen ces termes :
«.— C’est le vieux Tom Grimshaw qu'il l’a‘fait construire. Le vieux Tom ‘Grimshaw était mon oncle maternel, que Dieu ait son âme! et il faut espérer qu'il jouit dans l’autre monde d’une dose de bon ie plus étendue que celle dont il était doué dans celüi-ci
GA
| Il détestait leu sexe autant que vous et moi nous .
détestons le diable. J'igapre quel infernal méfait les femmes avaient commis dont il eût à se plaindre. mais il n’est pas douteux qu’il ne fût fort grave ;
: d’ailleurs n’est-ce pas pour cela qu’elles ont été créées ?
Le fait ést que la vue d’une femme produisait sur lui le même éffet que celui d’un lambeau d'étoffe rouge sur un taureau furieux. Il acheta ce terrain marécageux pour presque rien; y construisit cette vilaine maisen,
et, sy barrftadant derrière cette enceinte de bois, il y
vécutety mourut pareil à Diogène, à Robinson Crusoé,
. Ou à tel autre solitaire que vous voudrez. En ma qualité
d’héritier direct, la propriété m’en est échue, et.c’ést un précieux héritage qué j’ai recueilli là, je vous as
“ Sure. Elle’ ne se loue pas, et il faut néanmoins l’entre-
tenir, si bien que je voudrais que Tom Grimshaw l’eùt. emportée avec lui, n’importe où. il soit. :
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« Telle était l’histoire de Saltmarsh ; pendänt huit
années cette maison”était restée À louer et ne s'était pas louée. Voilà tout. PU Le | __« Grise, solitaire, battue par tous les vents, tel était
\ l'aspect sous lequel la maison abandonnée se montra constamment à moi pendant ces derniers vingt ans,
et telle je la vis le soir dont je parlé, enveloppée dans l'ombre mystérieuse de son abandon, ses deux fe-
nêtres du haut toujours béantes.:. soinbres yeux de,
cette morne et silencieuse façade. Depuis mon enfance elle avait exercé une sorte de fascination sur mon esprit... elle avait été, comme le château de Barbe Bleue, mon cauchemar, mon épouvantail. L’horreur instinctive qu’elle m’inspirait avait grandi avec mon être, et à vingt-sept ans je la ressentais aussi énergique, aussi puissante qu’à sept. AR « C'était une froide et obscure soirée de iévrier.
Une bise glacée soufflait du golfe sur les hauteurs de . Québec et sur la route morne et.nue sur laquelle je
pressais le pas dans la direction du vent. A l’ouest, le “soleil, livide et terne, se couchant à l’horizon, coupait.
- de quelques lignes rougeâtres, estompêes de jaune, la | . teinte grise du ciel. Un long rayon de ce soleil'irrité, . passant à travers les sapins, frappait sur les croisées de
Saltmarsh et leur donnait l’apparence de feuilles de cuivre doré.
« J'étais pressée. J'étais porteur de mauvaises nou-
velles, et les mauvaises nouvelles voyagent vite. Il
faisait froid, un froid piquant, et la neige tombait.
d’avais encore un demi-mille de lugubre grañde route /
à parcourir, et la nüit approchait; mais le charme de/ Saltmarsh, qui n’avait jamais manqué d'agir sur moi,
se fitsenlir encore. Je m'arrétai et regardai de ce côté pour voir ces deux yeux rouges, de cyclope et ces deux
idänt huit ne s'était h, s, tel ‘était se montra ingt ans, ppée dans “deux feyeux de, n enfance sur mon de Barbe ’horreur vec mon i énergirévrier.
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. «,— C’est comme une maison maudite, pansaisje; ‘une douzaine de meurtres pouraient.y être commis, Sans què personne s’en doutât, Jamais un être Humain voudrft-il faire de Saltmarsh sa demeure ?
€ — Cette maison est à louer? »
« Je ne suis pas peureuse, d'habitude, A ra qu’une voix douce prononça ces mots À mon côté, je tressaillis. Je n'avais rien entendu, et cependant une femme était à côté de moi, sur le chemin couvert de neige. ue OU LUE <— Je vous demaride pardon. je vous ai effrayée. J'étais là depuis ee à examiner cette mai-
son. Elle est à louer4 »
surprise en ce. moment pour pouvoir parler. Rencontrer âne étrangère à Saltmarsh dans le crépuscule d’une froide soirée de février, et une étrangère pareille, cela me semblait un véritable miracle.
:« J'étais là, je la regardais, et je pensais alors, ce ue je pense encore aujourd’hui et ce que je pensérai jusqu’à ma dernigre heure, que Je voyais un des plus. beaux visages que le soleil ait jamais caressés de ses
rayons. ee , , *. <J’aidit que c’était une femme. une enfant eût été - l'expression plis exacte: quel que fût son âge, elle.
,ne paraissait Pas avoir un jeur de plus que -dix-sept ans. "Elle n’était pas grande, mais sa taille était trèssvelte, ce qui contribuait feut-être à lui donner cette apparence enfantine toute particulière. Je suis grande, eelle ne m’lait. pas à l'épaule. | - € Sa robe de velours noir trafnait sur le sol, dans
ES
Cela m’étonnerait bien: | a
À A « J'avais reculé de quelques pas etfe la regardai S, trop
chéminées noires dominant sa façade refrognée etre- :
la neige, un court pardessus de la plus fine fourrure . l’enveloppait, un boa de martre zibeline s’enroulait autour de son cou, et un manchon pareil abritait ses mains. Un capuchon de velours noir, garni de martre et de soie rouge, couvrait sa tête, et’en dépit de cette riche cgiffure, sa beauté, plusriche encore, me frappa Comme une révélation nouvellede ce qu’il est possible: à une femme de posséder d’attraits. ;
« Des années ont couru et sont passées depuis ce soir-là, mais l’admirable physionomie qui pour la première fois s’offrit à mes regards dans cette soirée de février, est encore devant moi aussi vivante qu’alors. Deux grands yeux d’un noir sombre, dont le regard était empreint d’une certaine sauyagerie, une peau fine et nacrée, une bouche d’un carmin aussi pur que la bouche .d’un enfant, un front bas, un nez droit, un menton gracieusement fendu, l’éclat de ses petites dents d’une blancheur incomparable, tout cela m'apparut comme une vision, et je comprends que les hommes depuis Samson deviennent aveugles, insensés, et sacrifient leur vie, leur honneur, et le salut de leur âme pour des femmes comme celle que j'avais devant moi, C'était assurément une étrange visiteuse pour la maison qui ne se louait pas, et À la dernière heure de la journée,
«Ces pensées traversèrent mon esprit en une seconde pendant que nous restions ainsi en face l’unede l’autre. Sa voix douce et traînante se fit entendre de nouveau, mais avec une nuance d'impatience.
« Je vous demande pardon; mais m'avez-vous entendue ? Cette maison est-elle à louer ? »
« — Évidemment, pensai-je, cette dame n’est pas habituée à ce qu’on la fasse attendre, quelle quesoit sa posilion dans le monde.
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€ — Oui, oui, je vois, reprit-elle avec plus d'impa- #lence encore; mais il n’y a personne là dedans pour 4 le moment, n'est-ce pas? :
À <— Madame, lui répondis-je d’une voix brève, à personne n’a habité cette maison depuis huit ans. » « Ses étonnantes prupelles sombres, presque oranà gées dans les parties ées, ses, yeux dont je n’ai - 4 vu les pareils. que sur un seul autre visage, se dila- 1 tèrent en se reportant de ma personne à la maison si- # lencieuse et déserte. + à !
| «— Pourquoif » demanda-t-elle, « Je levai les épaules, tn .
< —" Est-il besoin de le demander, madame, quand en on voit cette maison? Qui voudrait vivre dans un endroit aussi isolé, aussi perdu que celui-ci ?
€ — Qui?... Moi, Personne ne songera jamais à y venir. » Poe | « Elle avait fait cette réponse tout bas, plutôt pour elle-même que pour moi; son pâle visage restait tourné vers la maison. | Ë F « Sa pâleur me frappa alors. Ce n’était ni la p4- | leur de la maladie, ni celle propre à certains tempéra.ments, mais plutôt cette teinte incolore que produit
“ — Personne ne songera jamais à venir icif répétai-je à part moi. Non
une beauté incomparable. Vous êtes riche et l’une des privilégiées
de ce bas monde ou vous ne seriez pas vêtue de cette façon. Mais qui êtes-vous et que faites-vous ici, seule à cette heure, »
. € Le dernier rayon du soleil couchant s'était com
“plétement éteint.’ Un ciel d'hiver, froid, gris, obscur, s’étendait au-dessus de nous comme un dais funèbre, et sur le cap Diamant, couronné de sa citadelle, soufflait un vent glacé qui yenait du Saint-Laurent. Un ou deux flocons tombèrent du ciel qui s’assombrissait rapidement ; la nuit et la tourmente tombaient ensemble sur nous, et j'avais encore un demi-mille à faire pour arriver chez nous.
< — Si vous désirez des renseignements sur cette propriété, madame, lui dis-je, vous n’avez rien de mieux à faire que de vous adresser à M. Barteaux,
. rue Saint-Louis, à Québec. C’est le propriétaire actuel. Il désire louer et il sera enchanté de trouver un locataire. Bonsoir. »
« Elle ne répondit pas ; elle paraissait même n’avoir pas entendu. Elle était debout, les mains dans son manchon, les yeux fixés avec une sombre intensité sur la blanche clôture, et son profil se dessinait froid et blanc comme du marbre sur le crépuscule aux reflets d'acier. Ÿ
« Jeconnais peu par moi-même la passion et le désespoir, mais bien certainement ce fut le désespoir le plus passionné que je pus lire dans ses yeux fixes et. sans regard.
« Je me retournai et la quittai. J'étais intriguée, comme de juste, mais non pas au point de me décider à rester là debout et à me laisser surprendre par la nuit. Tout en me hâtant sur la route déserte, je régardai une fois dans sa direction. Elle était encore à la même place sans mouvement, formant une tache sombre sur un ciel sombre. -
«€ — Il y a quelque chose de suspect dans tout cela, pensai-je. Je me demande qui elle peut-être et ce qui peut l'avoir conduite ici. Ce n’est aucune des
gris, obscur, dais funèbre, itadelle, souf- -Laurent. Un assombrissait ombaient endemi-mille à
nts sur cette avez rien de M. Barteaux, taire actuel.
1ver un loca-
nême n’avoir ins dans son bre intensité ssinait froid cule aux re-
ion et le dédésespoir le eux fixes et.
8 intriguée, me décider à par la nuit.
je régardai e à la même sombre sur
s tout cela, être et ce ucune des
femmes ou filles des officiers de la garnison. Je les ai toutes vues chez le major. Ce qu’il y à de certain, c’est que jamais M. Barteaux ne voudra louer Saltmarsh à une jeune femme comme celle-là. »
« Bientôt la pensée de la mystérieuse jeune femme et de tout ce qui se rattachait à elle S’effaça de mon esprit, car la lumière rougeâtre de la maison de ma ère brillait au loin dansles Champs, et les mauvaises nouvelles que j'avais à lui apprendre me préoccupaient entièrement.
« Dans l'étrange récit que le devoir m'oblige à écrire, je dois dire quelques mots de moi-même, et je vais le faire ici pour en être quitte tout de suite. J'étais alors Jeanne Kennedy et je suis encore Jeanne Kennedy. J'avais vingt-sept ans et j'étais l’unique soutien de ma pauvre vieille mère et d’une sœur âgée de douze ans.
« Ma mère, qui avait été gouvernante dans sa jeunesse et dans sa ville natale, Glascow, m'avait élevée en vue d’une position bien supérieure à celle que je devais avoir, et m'avait fait donner une éducation anglaise complète. Elle m'avait appris à parler français avec un joli accent écossais. À la mort de mon père, dix années avant l'époque dont je prie, je dus entrer en service, et depuis je suis toujours restée en service.
« Ce soir-là je me hâtais Pour arriver à la maison à travers la neige et l'obscurité, et la nouvelle que je portais à ma mère et à ma sœur était la perte de ma
place, sans que j’eusse aucune perspective probable
d'en trouver gxautre pour le moment. Telle est toute l’histoire bas:
et présente de Jeanne Kennedy, pour ce qu’il peut être intéressant au lecteur d'en savoir.
10 ‘un marrace EXTRAVAGANT
obscurité lorsque e elentrai. Tout antérieur. Un grand ‘âtre. La table était prête pour ière lançait dans tous les sens ; Ma mère tricotait, assise au coin du feu, et ma gentille sœur Jessie Chantait en cousant près de la table. À la vue de la visiteuse couverte de neige, toutes deux laissèrent tomber leur ouvrage, de surprise.
€ — Jeanne! »
€ Aussitôt les bras de Jessie enlacèrent mon cou et le visage de ma Pauvre vieille mère s’illumina. <— Jeanne ! parce temps et à cette heure, et seule. Es-tu seule, Jeanne ?
€ — Qui pourrait m'accompagner, petite J essie ? Oui, je suis seule, et vous allez probablement jouir de ps peut-être que vous ne le
able. Ma chère mère, j'ai
€ — Que dis-tu, Jeanne?
{ — Je ne mérite a
le bien, Mais,
Englehart s’est
jalouse de moi,
nedy. Le, major,
une fois ou deux
voilà ce qui en est
cela. J'irai demain
4 , tiers une tasse de thé, »
« J’ôtai mon châle et mon Chapeau en riant, de peur de me trahir et d’éclater en sanglots, et je pris
ité lorsque trai. Tout . Un grand prête pour us les sens , ASsise au ait en couteuse cour leur ou-
lon cou et NA.
et seule.
e Jessie?
tjouir de ous ne le ère, j’ai
>, Crois- 0e, Mme > d’être ne Kenadressé ntes, et plus de je troueine, Et volon-
ant, de je pris
un siége. A peine y étais-je assise qu’on frappa à la 4 porte un coup rude et sec, si rude et si sec que Jessie à faillit Jaisser tomber la théière, 4 « —/Bonté divine, Jeanne, qui cela peut-il être? »
« Je me dirigeai vers la porte et je louvris, mais
je reeulai effarée, car la Jumière de la lampe et la lueur 41 du feu éclairaient en plein la pâle et belle figure de la : femme que j'avais vue près dela maison À Jouer,
Ù «— Puisje entrer?»
« Elle n’attendit pas ma réponse. Elle. entra et, 44 passant devant moi, ‘} duquel elle se tint de
M ; elle retira les mains du manchon, qu’elle secoua, Ôta ses gants, et présenta
la flamme du foyer deux petits mains blanches scin-
L! entière, elle regarda fixement le feu. Enfin, sentant
AN ic repris courage et lui dis: , € Vous avez été surprise par la neige, madame?» « Je me hasardai à me rapprocher d’elle, « — C'était ce que je craignais. Voulez-vous prendre la peine de vous asseoir? »
« Elle ne parut pas faire attention à mes avances. Son regard se porta de la flamme à -mon visage. €— Voulez-vous me dire votre nom? demanda brusquement cette étrange jeune femme.
« — Jeanne Kennedy.
« — Êtes-vous libre?
« — Oui, madame. de
< — Vous habitez ici, dans cette maison, avec. »
« Elle s’interrompit et jeta un regard à ma mère et à Jessie. o
€ — Avec ma mère et ma sœur, Oui, pour le moment. Habituellement je Suis en service à Québec.
« — En service? »
« Nouvelle interruption et nouveau regard à mon adresse.
« — Jeanne Kennedy, voulez-vous venir avec moi?»
« C'était une question sérieuse dont la réponse était .
- difficile.
« — Avec vous, madame? murmurai-je.
« — Avec moi. J’ai besoin d’une servante, d’une compagne... comme vous voudrez. Le salaire n’y fera rien. À une personne digne de confiance je donnerai ce qu’elle me demandera. Je suis toute seule… toute seule ; — ses lèvres tremblaient, sa voix s'éteignait, — toute seule en ce monde. J'ai éprouvé un grand Chagrin et j'ai besoin d’une maison bien tranquille pour. y demeurer... d’une personne bien tranquille pour vivre avec moi... pendant un certain temps. Je vais prendre à baïl cette maison qui est À louer. J'ai été surprise tout à l’heure par la tourmente, et je vous ai suivie ici au lieu de retourner à l'hôtel. J'aime votre visage; vous paraissez avoir eu des chagrins vousmême et, par conséquent, vous devez être sensible. 4 ceux des autres. Je désirerais que vous vinssiez vivre avec moi. Je vous ai dit que j'avais un chagrin mortel. »
< Elle s'arrêta, une espèce d'angoisse se trahit sur son visage. 4
< — J’ai perdu mon mari! » dit-elle avec un long à
soupir. Es 4 « Et couvrant sa figure de ses mains, elle se mit
nn