‹ Un mariage extravagant [microforme]Chapitre 2 sur 44 · SON, AVEC · texte numérisé non relu

SON, AVEC

ma mère et à

ui, pour le ce à Québec.

egard à mon

r avec moi? »

réponse était .

vante, d’une aire n’y fera je donnerai seule. toute s'éteignait, vé un grand

nquille pour.

iquille pour nps. Je vais uer. J'ai été t je vous ai ’aime votre grins vouse sensible.à ssiez vivre in mortel. »

à trahit sur

ec un long

elle se mit

4 à pleurer et à sangloter avec une telle violence, que jamais je n'ai été témoin d’une douleur pareille.

<— Oh! pauvre chère enfant ! » s’écria ma mère.

« Moi, je restais immobile et je l’examinais. Que 1 pouvais-je dire ou/que pouvais-je faire ?

« Ses longs sanglots la secouaient ‘de la tête aux pieds. Une veuve portant des bijoux, des fourrures et de la soie rouge! Jé regardai sa main gduche. Effectivement, à cette main, parmi les diamants, les opales, :

0 les émeraudes, j’aperçus ce simple cercle d’or qui a pro- {curé tant de joies et tant de chagrins à des millions: | de femmes, un anneau de mariage...

« Cela ne dura pas même deux minutes. Avec une énergie Presque sauvage, elle refoula ses larmes et

| releva la tête.

« — Je m'appelle Gordon, dit-elle, Comme je vous

“’ai dit, je suis entièrement seule. Je Suis arrivée hier

Québec; j'ai vu l'annonce de cette ison, et c’est insi que j’ai été amenée à venir la voir. Elle me convient et4Eveux la louer pour six mois au moins.

| Il faut que j'aie quelqu'un avec moi là-bas. Votre phy- [sionomie me plaît. Voulez-vous venir? »

« Irai-je?.… Vivrai-je dans là maison à louer?.. Je

restais indécise. Cette proposition me faisait Peffet

p d'une douche froide, elle menlevait la respiration. |" — Je payerai les gages qu’on voudra à une personne convenable.

les gages qu’on voudra. et d'avance. C’est un endroit isolé... et il ne ns’en con- | vient que mieux, et vous ne me paraissez pas être une femme qui s’effraye pour rien. Si vous ne voulez pas.

j en trouverai une autre!

{— Je... je n’ai pas refusé, murmurai-je. C'est. c’est si soudain, si inattendu. Il faut me laisser y réfléchir. Je vous donnerai ma réponse demain. »

UN MARIAGE EXTRAVAGANT « Ses manières changèrent: sa physionomie prit

\ cette expression de vive douleur qu’exprime lé visage désolé de l’enfant abandonné sans secours. Elle leva ses deux mains entrelacées vers moi. | «— Venez! me dit-elle avec l'accent de la prière.

Je vous payerai quoi que ce soit. quoi que ce soit! J'ai besoin seulement d’être tranquille quelque temps et

« éloignée de tout le monde. Je suis toute seule en ce . monde... toute seule. J'ai perdu mon mari. je l'ai perdu..! je l'ai perdu.… je l’ai perdu!

{ — Cette dame.va s’évanouir! » s'écria Jessie.

« C était vrai. Soit que l’ardeur du feu l’eût saisie, - f soit que la douleur effrayante dont elle prodiguait les à marques left anéantie, ellese mit chanceler, les mots expirérent sur ses lèvres, et je la reçus dans mes bras au moment où elle s’affaissait.

€ C’est ainsi que le premier locataire de la maison à louer s'introduisit dans ma demeure et dans mon existence, pour la changer entièrement à partir de cet in-

‘ stant.

< Mme Gordon ne quitta pas notre maison cette nüit-là ; elle ne la quitta pas durant deux semaines entières, et au bout de ce temps, la maison qui nese louait pas fut enfin louée, et Saltmarsh eut un locataire.

€ Il serait peu utile, 4 cette heure lointaine, de Tape porter en détail tous les arguments qu’elle fit valoir & pour me gagner et obtenir de moi que je devinsse sa domestique et sa compagne. Le plusirrésistible de tous fut le salaire, triple de ceux que j'avais gagnés jusqu’à ce jour et qui me payé fut d'avance. J avais conçu les doutes les plus graves sür son compte et sur son histoire; mais les Pauvres ne peuvent pas choisir. Je pris son argent, et je devins sa cofnpagne.

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" « Pendant de longues heures cette nuit, après que ma mère et Jessie furent couchées, je demeurai assise auprès de Mme Gordon, écoutant son histoire, qu’elle me raconta. Cette histoire était courte, vague et trèspeu satisfaisante. Elle avait été orpheline dés son enfance. Elle n'était pas riche, mais elle avait une aisance suffisante. Un grand malheur l’avait frappée subitement : elle avait perdu son mari après quatre mois bien courts d'existence conjugale. C'était tont.

« — Vous avez perdu votre mari ? répétai-je en la regardant avec curiosité. Votre mari est-il mort ? » « C'était assurément une question naturelle. Mais son visage, pâle auparavant, : prit une teinte livide. «— Mort, naturellement, répondit-elle durement ; mais, je vous en conjure, ne me faites pas de questions. Il n'y a qu’une semaine de cela, et je ne puis encore m'y faire. Rien qu’une semaine, et ‘elle

m'a paru un siècle. Et penser. :, penser à toutes les longues années désolées, vides, qui me restent encore à passer. Ne jamaistntendre sa voix, ne jamais revoir son visage... jamais. jamais plus! » re

« À ces mots, elle s’affaissa de nouveau et elle fondit en larmes. Oh} commeelle pleura! Mon cœur était plein de compassion, et cependant une semaine seulement, ef s’enfuir ainsi, sans habits de deuil, sans un ami sur la terre, elle riche, jeune, belle. Étrange! étrange histoire que celle-là. te étrange histoire !

< Qui peut mesurer le pouvoir de ‘la beauté de la femmef Si elle eût été une jeune personn& ordinaire, je crois que dix livres emaine ne m'eussent pas tentée pour aller avec € m'ensoveli M yante à SaltmarSh. Maïs son étonnante beauté me fascina com-

plétement; sa charmante figure me gagna en dépit

"€ — Si ce visage a le pouvoir de te faire perdre le bon sens, quels ravages terribles n'exercerait-il pas dE ri sur le genre humain? me dis-je en:me couchant. Comme ce pauvre M. Gordon a dù trouver cruel de mourir et des’en séparer, et comme elle a dû être passionnément aimée de lui, j'en jurerais ! |

€ — Vous me laisserez habiter ici jusqu’à ce que la maison de là-bas soit prête? nous dit-elle le lendemain, de l’air d’une personne qui n’a pas l'habitude d’être refusée. Je n’aime pas les hôtels, nfle monde qui vous regarde. Je ne vous donnerai aucun tracas, et je n’ai besoin que d’être tout à fait tranquille et seule. » à |

4 C'était un curieux spectacle que celui de cette . charmante personne, avec son costume élégant, ses bagues, ses diamants, sa chevelure noire flottante, si déplacée dans notre humble maison pauvre et nue. Je ne savais si je devais la laisser y demeurer ou nou; mais notre pauvreté plaida en sa faveur, et je consentis à tout ce qu’elle demandait : à louer pour elle la maison, à la faire meubler, et à surveiller tout, jus-

‘qu’à ce qu’elle püt s’y retirer elle-même, loin de tous

les yeux. ( | |

« Mes nouvelles fonctions commencèrent. J ’allai

chez M. Barteaux, et brusquement, sans préambule, je-

l’informai que j'avais un locataire pour la maison à

louer. | ,

« — Une dame veuve, monsieur, lui dis-je, une

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