SUR MOI
ieur qu'on ocksley et attirail de la matinée n fils pour "as Croisés, onsif. Dans i rappelait que jamais.
108e de plus artistique, ey. C'était ent mis de euvres des
merveilleusement vivante d'expression et de coloris. Ilavait saisi son regard avec un succès étonnant et il avait admirablement rendu eette malicieuse étincelle de l'œil-et du sourire, ce port de tête si élégàämment
mulin, si bien qu’on eùt dit qu’elle se penchait pour ,
sriir de la toile. Ses gfands yeux noirs regardaient l'artiste sous sa riche et opulente chevelure, que le peintre avait faite flottante. Ses gracieuses lèvres lui suriaient presque insolemment, comme si elle eût compris ses sombres pensées et qu’elle eût voulu les tourner en ridicule.
« Comme elle le ferait probablement, pensait-il, si ele savait tout. Mais non, ce n’est pas France Forres-
kr, fière comme elle l’est, fière du nom qu’elle porte,
du lignage dont elle sort.et de la place qu’elle occupe dans le monde, ce n’est pas elle qui se rirait des chagrins d’une créature humaine, quelle qu’elle soit. Je puis voir son premier mouvement d’orgueilleuse colère ei de surprise en s’apercevant de la présomption du peintre sans nom, et ensuite sa douce et tendre compassion pour ses souffrances, qui rendrait gracieuses et affectueuses ses paroles d’adjeu. Et pourtant j'ai pensé que si elle savait tout, si elle savait la vérité tout entière... »
Il s'arrêta soudain et se retourna vers la fenêtre avec un mouvement d’impatience. |
«Que je suis fou, murmura-til. Elle aime ce jeune lomme, naturellement ; c’est un de ces petits-maîtres dont les femmes font leurs idoles. N'ai-je nas vu cela sur son visage hier soir? »
Il resta plus d'une demi-heure à contempler le jar-
> dé France > détachait
din -de-Mylady, tout émaillé des magnifiques fleurs d'août. Il faisait une chaleur étouffante; le ciel était gris, sans soleil, sans un souffle de brise. Dès les pre-
mières heures de la matinée le soleil s'était montré dans tout son éclat, mais il n’avait pas tardé à dis
paraître dans une atmosphère lourde, une atmosphère
de plomb, chargée d’épais nuages.
La grande demeure était silencieuse. Mylord el Mylady étaient partis. Nulle part on n’entendait ni la voix de Mlle Forrester, ni le léger froufrou de sa robe de soïe. Elle ne devait plus poser devant Locksley. La dernière séance avait eu lieu la semaine précédente, et quoiqu'il vint encore tous les jours, & n’était plus que pour parachever et finir son travail. Il dinait quelquefois avec les deux dames et il pas sait de temps en-temps les soirées à l'Abbaye, quand il n’y avait pas d’autres visites. Il évitait les réunions nombreuses, mais il ne refusait jamais les cordiale . invitations de Mylady, quand elle était seule avecsa pupille. Il aurait mieux valu qu’il le fit, car ils devenaient bien dangereux pour lui ces tête-à-tête pendant des soirées entières avec lhéritière de Caryllynne. Elles étaient aussi périlleuses que précieuses ces longues séances auprès d’elle, où il tournait les feuilles de sa musique, où il écoutait les vieilles ballades qu’elle aimait à chanter, où il contemplait cs doigtsblancs et déliés, cette belle et intelligente figure. Qu'il trouvait tout cela aimable, cher et doux, à ses dépens !
« Suis-je destiné à passer une fois encore par les mêmes épreuves de douleur et de misère? pensait:l. N’en ai-je pas eu assez dans le passé? Mon ancienne folie survit encore en moi, malgré que j’aie assez fait, Dieu le sait, pendant ces dix-sept années pour m'a débarrasser. J'aurais dû savoir que pas un homme au-dessous de quatre-vingts ans ne pourrait voi France Forrester presque tous les jours depuis le mois
de mai der.
reux d’elle que tous c l'amour des ændres da go venant, k danger y Il quitta pas l'atelier suverte tot La journée ne respirai sajoutait à xate qui ser elle-même 1 bis face à f Ilsétait pr son âme, tc rester, la fu Dynely, qui depuis sa I der comme ls yeux pou vi la lumièr dipité follen ébait cruelle «Je parti main, La fl sances. Si je la dernière e Fay or irai en Esp:
l'Escuria] ju
ait montré tardé à dis atmosphère
Mylord et ntendait ni ufrou de ga ant Locksemaine préles jours, son travail, ès et il pas Jaye, quand es réunions es cordiales eule avec sa ar ils deve- -à-tête pene de Cary!- > précieuses ournait les vieilles balemplait ces ente figure.
doux, à ses
ore par les ÿ pensait:il.
»n ancienne e assez fait,
UN MARIAGE EXTRAVAGANT ‘295 reux d'elle. J'aurais dû savoir cela, mais je pensais que tous ces sentiments étaient éteints en moi, que lanour des femmes avait pour toujours été réduit en ændres dans mon cœur. Je le pressentais vaguement
a venant, et malgré cela je suis venu: Celui qui aime
k danger y nérira. » |
Il quitta la fenêtre et se mit à parcourir à grands pes l'atelier de long en large. Quoique la croisée fût œverte toute grande, l'atmosphère était suffocante. la journée était si chaude, si dépourvue d’air qu’on me respirait qu'avec effort. La souffrance physique sajoutait à la souffrance morale. I1 défit la légère cra-
*äte qui serrait son cou, comme si cette mince cravate
dle-même l’étouffait. Il se trouvait pour la première lois face à face avec la vérité dépouillée de tout voile. Ils'était pris à aimer France Forrester avec son cœur,
son âme, toutes les forces de son être... France For-
rester, la future épouse du beau et jeune fils de Lady Dynely, qui l’aimait pour sa beauté et était habituée depuis sa plus tendre enfance à l’idée de le regarder comme son mari. Il avait volonfirement fermé ls yeux pour ne pas voir le danger. Le papillon avait vu la lumière et, séduit par son éclat, il s’y était prédipité follemént. Fallait-il plaindre le papillon, s’il s’y était cruellement brûlé les ailes?
«Je partirai,.se dit-il brusquement, je partirai demain. La fuite est. l'unique refuge dans ces circonstances. Si je reste, si je la vois encore, je commettrai l dernière et la plus grande folie de toutes, je lui di-
“mit-tout. Mon travail est terminé, il n’y.a plus de motif de différer davantage. Oui, je partirai, je m’en
irai en Espagne dès demain et je l'explorerai depuis l'Escurial jusqu’à l’Alhambra. J’oublierai ma folie de
de mai dernier, comme je l’ai fait, sans devenir amou- :
LS
cet été en peignant des filles au sang arabe et aux yeux noirs et des combats de taureaux.»
Il regarda sa montre, il était deux heures. A trois heures il dinait, et pour se rendre au villageilen avait pour une heure. Il avait fixé sa résidence à l'ay. berge des Armes de Dynely, dans le village & Dynely, et il couchait dans cette chambre où seix
ans auparavant, par une nuit d'été, Alexis Dynely était mort. |
& mépri:
avient été lui était ve Il n'avait mérité son eu raison ; ce qui lui exil. Cette rière et 4 geterre, c épouse de L de sa mère
‘l'ancien sc
À nère, la fe:
ya seize ai
Non, non, ]
gaze, une tête gracieuse penchée sur un livre ouun D et l'exil jus
dessin, ou d’entendre la douce voix d’une jeune fille. « Monsie
Mais on n’apercevait Mlle Forrester nulle part. C Une voix.
tait tout aussi bien ainsi peut-être. aillir et le t
. € Je reviendrai ce soir et je ferai mes adieux à cs une vision C
deux dames, » se dit-il. Le drée dans u
Et enfonçant son chapeau sur.ses yeux, il se mit DS Mlle Forres:
î rapidement en route, | conduisait u i Oui, il s’en irait le lendemain, pour tout de bon MR Elle enleval celte fois. Quelle utilité y avait-il à revenir lorsque DS l'artiste ave } la vue de ces lieux familiers.et de ces visages amisne ME « Monsie | luï causait que du chagrin? Il s’établirait à Rome et Tous, je veu se livrerait entièrement au culte de son art. Amour, Æ yaller. Laiss
à patrie, femme, enfants, tout cela était pour toujours
1 €n dehors de ce qu’il pouvait espérer. Une folle sottis "? de jeune homme, une indigne fourberie de femme avaient brisé sa vie il y a seize ans. Il avait été chasté de la maison et du cœur de sa mère avec des paroles
sn fouet, les
rabe et aux
ares. À trois village il dence à l’au.
> village de bre où seize exis Dynely
, il examin lus en plus, ber. Il était pât gagner vant la pluie regards tout une robe de livre ouw > jeune fille.
e part. Ce
dieux à ces , il se mi
out de bon nir lorsque ges amis ne à Rome tt rt. Amour, ar toujours
d mépris et de colère, et ses droits de naissance avient été reportés surun étranger. Jamaisla pensée ne hi était venue d’essayer de faire adoucir cette peine. Ilwavait plus rien à déméler avec le passé. Il avait mérité son sort : il avait flétri son nom ; Sa mère avait euraison ; pour l'avenir, l’art “qu’il aimait était tout œqui lui restait. Il partira demain pour son second exil. Cette fois il n’y aura pas de regard jeté en arrière et cet exil durera toute la vie. Revenir en Angkterre, ce serait revenir pour la voir l’heureuse épouse de Lord Dynely. Revenir et rechercher la faveur de sa mère, ce serait la priver de sa fortune, réveiller ‘l'ancien scandale oublié, rappeler la honte que sa nère, la femme la plus fière d'Angleterre, avait fui il
V e e le | y à seize ans, et la faire revivre dans toute sa force.
Non, non, pour lui il n’y avait plus rien que le silence et l'exil jusqu’à la fin.
« Monsieur Locksley!... » :
Une voix claire, douce, prononçantcenom, lefit tressaillir et le tira de sa mélancolique réverie. Et comme une vision céleste, la figure souriante de France, encadrée dans un ravissant Chapeau, lui apparut radieuse. Mlle Forrester, ayant derrière elle un tout petitgroom,
conduisait un petit panier attelé de deux jolis poneys. Elle enleva les chevaux avec élégance et tourna devant l'artiste avec son séduisant sourire sur les lèvres.
« Monsieur Locksley, est-ce que vous rentrez chez vous, je veux dire à l'auberge? Je vous prie de ne pas yaller. Laissez-moi vous offrir cette place; j’ai quelque chose à vous dire. » ,
Était-ce le destin qui le poursuivait au moment où. : voulait fuir le danger? Il prit place à côté d'elle, et Mlle Forrester, en touchant ses petits trotte e sn fouet, les lança rapidement sur la route.
É de soleil de Claude Lorrain, une galerie de peinture
« Je suis toute seule aujourd'hui; le saviez-vous! Comme je n’attendais pas même yotre compagnie, jé
tais sortie. Ils sont partis par le premier train ce matin,
— Qui... euxf . ,
— Lady Dynely ét Éric: Ah! c’est que vous ne save pas. Je pensais qu’elle vous l'avait peut-être dit hier soir en faisant votre partie d'échecs. Oui, ils sont all dans le comté de Lincoln, où ils resteront au moim une semaine, et me voilà reine régente, souveraine de tout. jusqu’à leur retour. Le premier usage que je fais de ma liberté est de courir passer toute une jour. née dans ce cher et vieux Caryllynne. Ce domaine n'est pas tout à fait aussi ancien ni aussi vaste que l'Abbaye, mais je l’aime cent fois plus. Y êtes-vous jamais allé, monsieur Locksley? ».
Elle le regardait à moitié étonnée de la sombre gra vité de sa physionomie. DEEE re
« Oui, j’y suis allé, mademoiselle Forrester.
— En véritéf C’est étonnant que Mme,Mathews, h gouvernante, ne m'en ait jamais parlé.-
— Je ne suis jamais entré dans la maison:
—-En ce Cas, vous avez manqué une belle occasim d’études artistiques. La galerie de tableaux de Caryl est lorgueil du pays; il n’y a rien de pareil da toute la contrée. Mme Caryll, comme je vous l'ai dit, à une passion pour l’art, et elle l’a toujours eue. Ily. a des Cuyps, dés, Wouvermans, des portraits de Sir Joshua, des couchers de soleil de Turner, des levers
floderne et une galerie de l’école vénitienne. Il fuit positivement que vous voyiez cela, et tout de suite. Je vous y iène et je vous servirai de cicérone; Il 17 a rien que j'aime autant que de faire voir ce cheret romanesque vieux-manoir
Vous !
ditil avec eux dire, que, COMM lktémps. L que, aussi d mon porte écrire, m’o4 lnelar et peut-être soudaine qu « Vous al — Le por Je dois à L rester, mill torts pour n — Si Lad ls actions d ser pour ao longues et Mlle Forres Elle le regre — Si ja rais fait mes compter sur Forrester, e cs avec m Ælle inclir les ii 8 d' subite Etait t mais sa fierl na ester s:
” és artis <amarche. J
saviez-vous!
mpagnie, jé ain Ce matin, OUS ne savez être dit hier ls sont allés nt au moins uveraine de sage que je te une jour.
Ce domaine si vaste que Y êtes-vous
sombre gra-
ster.
Mathews, là
D lle occasion ix de Caryl pareil dans ous l’ai dit, 1rs eue. y.
raits de Sir , des levers de peinture ane. Il faut de suite. Je rgne; Il ny r ce cheret
Une
— Vous êtes bien aimable, mademoiselle Forrester, dtil avec effort, mais c’esl tout à fait impossible. Je
rx dire, ajoute-t-il en voyant son regard surpris,
que, comme je quitte demain le comté, je n'aurais pas ktèmps. Les artistes errants n’ont point de domestique, aussi dois-je me servir moi-même et préparer seul écrire, m’occupera jusqu’à minuit. » |
Une la regardäit pas, car sans cela-il eût pu voir a peut-être comprendre la signification de la pâleur sudaine qui se répandait sur son visage.
«Vous allez partir? dit-elle doucement.
— Le portrait est terminé et mon œuvre est finie.
mn portemanteau, ce qui, avec quelques lettres. à
Je dois à Lady Dynely et à vous, mademoiselle For-'
rster, mille remerciments de vos bienveillants efforts pour me rendre ce séjour agréable.
— Si Lady Dynely eût été ici, elle vous dirait que lsactions de grâces c’est à vous qu'il faut les adressr pour avoir aidé deux pauvres femmes à ae lngues et monotones soirées sans ennui, No it Mlle Forrester remise et avec son accent ordinaire. Eleleregrettera beaucoup, je le sais. . ET —+ Si j'avais pu prévoir ce départ précipité, j’au-
rai fait mes adieux à Sa Seigneurie hier soir. Puis-je .
compter sur votre extrême obligeance, mademoiselle
Forrester, et vous charger de lui présenter mes ex-
css avec mes adieux. »
‘Ælle inclina la tête et pinça ses lèvres en cinglant
pl 0 d’un coup de fouet nerveux. Cette annonce subite Était tombée sur elle comme un coup de foudre,
mais sa fierté et Son: savoir-vivre l’empéchérent de : “hkfoster son impression,
* «Les artistes sont, comme les bohémiens.. toujours ‘marche. Je sais cela depuis longternps. Et où allez-
md
vous, monsieur Locksley? Rétournez-vous aux sen. tiers verts, au calme-rustique, aux pittoresques pay. sages de Old Bromptori ? »
—"Plus loin encore, dit-il avec un sourire, en &. pagne. J'ai visité à peu près toutes les parties du monde habitable dans les quarante années de ma vie mais l’Espagne est pour moi encore la terre incon. . nue. J’ai toujours eu un vif désir, depuis que je m suisentièrement voué à l’art, de faire une longuetoun née dans toute cette contrée. On y doit trouver des milliers de sujets pour le pinceau et le crayon. — En Espagne? répéta-t-elle machinalement. Et ensuite? RÉ TNVTe | | — Ma foi, je ne saurais tp@p le dire. Je consacrent au moins une année à l’Espägne etde là, très-probable ment, je retournerai à Rome et m’y installerai pour le reste de mes jours. » | ‘ 11 y eut un silence mortel. Les poneys trottaient vite, la route qui conduisait au village était dépassés . depuis longtemps. Ils ne s’en étaient pas aperçus. \k' Une gravité rôveuse assombrissait le . visage de France. Ses mains serraient convulsivement s: ses lèvres ne formaient que ligne min lorsqu’elle reprit la parole, ävait perdu que de son timbre clair et vibrant. de , .,* Vous dépeignez un délicieux avenir, monsieur läcksley. Je vous envie presque. Oh! n'ayez pas @ incrédule. La vie de bohème est la plus libre "plus heureuse sur la terre; mais elk pour pi Ce que j'avais à vous dire, venir à nôtre point de départ, le voici. J'ai reçg Une lettre de ma chère vieille tutrice, Mme Caryl et elle me demande de lui envoyer une copie de mon portrait. Elle en a un, mais il a été peint il y a cinq
T UN MARIAGE EXTRAVAGANT 301 vous aux ser. us, et je lui ai tant yané votre œuvre, qu’elle a été oresques pay. Myie d'une envie térrfble d’en avoir une copie. Vous ave si grandemg lait6e sur la toile, que j'aurais . urire, en Es Mri \2 reu$e de lui fairé cadeau, s'il es parties dirai G£si blé ela procurer, de lacopie qu'elle es de ma vie Mntitiond@ifMais je suppose que maintenant il ne : terre incon- Mk parler de tout cela. 2
1is Que je Mme Caryll aura la copie. J'espère qu’elle và bien. > longue tour M l'ai vue si souvent à Rome, dit-il corame pour extrouver de Mbiquer le. sentiment qui dictait ses paroles, que je rayon. wintéresse à elle, naturellement, - .
ialement, HD — Elle va aussi bién que sa santé Je permet et le : pruettra probablement tant que durera l'existence e Consacreri Me le sort lui a faite, répond France tristement. Elle rès-probable St si seule sans moi, que je songe à tout quitter tallerai pour pur aller la rejoindre. Je le préférerais infiniment; mis elle ne veut pas en entendre parler, pas plus que ys trottaient Say Dynely. 11 faut que je reste, à ce qu’il paraît, et tait dépassé ne je tourne sans cesse autour de la Foire aux Vaaperçus. … Mhilés, bon .gré, mal gré. Je ne dois pas me plaindre, e. visage dei eu beaucoup de plaïsirs à la dernière saison. Ad.
ntles rênes; ESrinns que pourra, j'ai été favorisée. nceRÉTRCEE- — ors Mme CatyIl n’a pas l'intention de revenir ne RE Angleterre ?
— Elle n’y reviendra jamais. Ce pays est rempli , monsieur Mlmers souvenirs pour elle. La vue de ce pauvre maayez pas œ Muir de Caryllynne lui déchirerait le cœur. ‘
a plus libre, D — Elle prend encore si à cœur que cela la faute de > ; #n fils... Est-elle toujours aussi mal disposée convous dire Mie Inif Pardonnez-moi, mademoiselle Forrester ; e voici. J'ai ESnais j'ai entendu raconter cette histoire, comme de
opie de mu EE — Vous n’avez pas.besoin de vous excuser Vous Lil ÿ a cinq Sur étonné peut-être quand je vous dirai que vous .
nous le rappelez à tous ici tant vous lui ressèmblez, et c'est là le secret de l’intérêt que vous avez inspiré dès le premier jour à Lady Dynely. »
Les yeux pénétrants de France étaient braqués sur le visage de l'artiste. Ce visage sérieux ne trahissait aucune émotion, pas un muscle n'avait bougé.
« Pour ce qui est de ses dispositions malveillants à son égard, c’est juste le contraire. C’est le remords di sa cruauté à elle qui la plonge presque dans le dés. poir à certaines heures. Car elle a été cruelle pour li, le pauvre garcon, lôrsqu'il revénait à elle tout troubli et tout honteux. très-cruelle; elle n’a rien eu d'une mère. Il revenait à elle dans sa douleur et son bumiliation, et elle le chassa de sa présence avec m amer dédain et une implacable colère. Tel est le souvenit.qui empoisonnesa vie, qui influe fatalement sur sa santé, et qui rend la pensée de la maison pénibk pour elle. C’est là qu'elle l’a rejeté dans la misère et l'exil, et c’est pour cela que jamais elle n’y retownera. Mille fois elle m’a dit que, pour revoir une foi encore son visage, pour le presser dans ses bras, pour l'entendre lui dire qu’il lui pardonne, elle donnerait
‘tout. tout au monde, excepté son HARINFANCE du ciel . — Elle a dit cela? »
Elle était trop préoccupée des souvenirs qu’elk rap pelait pour remarquer l’enrouement subit de sa voix et le changement qui s’était opéré sur ses traits.
«Oh! bien souvent. L'espoir de le revoir une foi encore est le seul qui soutienne sa vie.
— Elle pense qu’il vit encore?
— Oui, Tous les ans depuis cette époque, à l'excep tion des deux dernières années, il lui a envoyé quelque souvenir, une ligne, une bagatelle, une fleur, un objet
quelconque
der, où le t atière-si at ter Gordon
— Maden
— Je ferai si longtemp héros, Mons
Elle le reg ks yeux, la l'avait ja
«Une fort: que cela de | comparé à L:
a mère ! Ca
Que lut-ell gardait? Que ration assuré assez RL
€ Il faut dr
i ressèmblez aVEZ inspiré
le remords dé dans le déses.
elle pour li, > tout troubl rien eu .d’une ur et son hu- >nce avec un el est le sou talementsur aison pénible la misère et > n’y retourvoir une fois es bras, pour Ile donnerait ance du ciel
s qu’elke rap it de sa voix traits.
oir une fois
e, à l'excel royé quelque ur, un Objel
quelconque, pour lui faire savoir qu'il vivait encore. ts souvenirs lui sont venus de partout, de l’Inde, d'Afrique, d'Amérique, et de toutes les contrées d’Eurpe. Il n’y a jamais d'adresse, seulement le timbre dla poste, qui indique l’origine, et son nom, son witure bien connue. Ah! si nous savioïs où le cherder, où le trouver; je crois que je parcourrais la terre atière-si au bout de mon voyage je pouvais renconter Gordon Caryll.
— Mademoiselle Forrester, vous feriez cela ?
— Je ferais cent fois plus que cela. Pauvre garçon ! ilongtemps dans l'exil et la solitude. Il a été mon héros, monsieur Locksleÿ, d'aussi loin que je me souvienne, [1 n’y a pas un être âu monde que:je sois impatiente de voir comme lui. |
— Et pourtant le jour où vous le retrouverez vous älévera une fortune. »
Elle le regarda avec indignation, des larmes dans ks yeux, la rougeur au front, plus belle ainsi qu’elle me l'avait jamais été.
«Une fortune! N’avez-vous pas meilleure opinion que cela de moi? Que serait un million de fortunes comparé à la joie de le revoir encore, de le rendre à « mère ! Caryllynne n’est pas à moi, je n’en suis que ° h gardienne. Un jour ou l’autre, je le sais, je le sens, Gordon Caryll reviendra, et alors le roi reprendra possession de son héritage. »
Que lut-elle sur la figure de cet homme qui la re- &dait? Quelque chose de plus qu’une profonde admialion assurément, quoique ce sentiment s'y traduisit iez clairement. CelMla rappela de ses rêves héroïques ta vérité, du pays des nuages à la terre, du roman ‘réalité. Elle poussa vivement les chevaux.
{ Il faut que nous revenions sur nos pas, dit-elle
d’une voix contenue. J’ai dépassé le tournant pour aller au village. Puisque vous insistez pour vous ren-
dre immédiatement à l'auberge, il me faut obéir à un homme si entier que vous dans ses volontés. »
Il posa légèrement la main sur les rênes el l’arréts au moment où elle allait faire tourner.
« Excusez-moi, mademoiselle Forrester; jai changé d'avis, je ne résiste pas plus longtemps. Puisque vous êtes assez bonne pour vouloir bien me servir de guide, j'irai volontiers avec vous à Caryllynne voir les ta. bleaux. » Fa
Elle le regarda de nouveau, presque hautaine.
« Êtes-vous tout à fait certain que vous le désirez, monsieur Locksley, et n'est-ce pas une simple politesse? Êtes-vous bien sûr que cela ne vous déranger en aucune façon?
— Très-sûr, mademoiselle Forrester, je désire trèsvivement y aller. »
Elle n’ajouta pas un mot et excita ses poneys. La distance était courte; en quelques minutes on atteignit la grande grille du parc, et pas une minute trop tôt, car l'orage qui menaçait depuis le matin, allait enfin éclater sur eux. Comme ils passaient sous l'arcade massive, deux larges gouttes les vinrent frapper au visage.
« Ce sera une course dont l’enjeu est la viel dit France en riant. Allons, allons, Damon et Pythias, hop! hop! devancez l'orage. »
Ils parcoururent l’avenue sous les arbres, sombres et agités, au triple galop. Un groom s’avança pour lenir les chevaux. On arrivait juste à temps. La pluie commençait à tomber lourde et serrée et un rapide éclair cingla l’air assombri.
« Vite, vite! cria Mile Forrester en riant et mon
tant rapic Caryllynn Ilse déc:
fit trouvé une trace dans la ve et blanche sauvages Mme, M éloignée de maîtresse € robe de soi d'or, «Nous v dit Mlle d'être reter rai reconne à manger.
de nous pr nir lieu. »
Il y avai vernante d mais ses ye regard curi contra sa fi « Qui es fille. Est-ce — Ni l - M. Locksle homme. sur M, Gordon,
irnant pour ur VOUS rent obéir à un tés. »
s el l’arréta
; j'ai changé "uisque vous ir de guide,
voir les ta
utaine.
s le désirez, simple polis dérangera
désire très-
poneys. La es on atteiminute trop atin, allait $ sous l’arnrent frap-
la vie! dit t Pythias,
es, sombres
M. Gordon Çaryll. »
tnt rapidement les marches. Soyez le bienvenu à œryllynne, monsieur Locksley. »
Ilse découvrit avec un certain respect, comme s’il se ft trouvé dans une église, mais elle ne put voir auqe trace d'émotion sur son visage. Elle le conduisit dans la vaste salle dont les dalles de marbre noires et blanches étaient cachées sous des peaux de bêtes sauvages Q |
Mme. Mathews, la gouvernante et parente trèséloigriée de la famille, s’avança pour recevoir sa jeune maîtresse et son compagnon, vêtue de la traditionnelle robe de soie noire, sa coiffure de veuve, et de sa montre d'or,
«Nous venons voir les tableaux, madame Mathews, dit Mlle Forrester, et comme nous sommes menacés d'être retenus assez longtemps par l'orage, je vous serai reconnaissante de nous faire donner quelque chose à manger. M. Locksley n’a pas dîné, et je vous prie de nous procurer quoi que ce soit qui puisse lui en tenr lieu. »
Il y avait seize ans que Mme Mathews élait gouvernante de la maison. Elle s'inclina avec déférenc mais ses yeux restèrent attachés sur Locksley avec un regard curieusement intense. En se retirant, elle rencontra sa fille, qui faisait aussi partie de la maison.
€ Qui est ce monsieur, mère? demanda Ja : jeune fille. Est-ce Lord Dynely...ou M. Dennison ?
— Ni l'un ni l’autre, répondit la mère. C’est
- M. Locksley; mais si j'ai jamais vu les yeux d’un
homme. sur le visage d’un autre, il a les yeux de
LÉ
La