SCENE XV
EMMA, LADY NELMOOR, M. DE YERPY, NORÎMO.NT, ARTHUR.
\ORMO:\T, amenant Arthur. Eh ! non, je terépèteque tu ne partiras pas ainsi; nous retournerons à Paris tous ensemble.
M. Dr: VERPV, examinant Arthur et sa nièce. Monsieiu' partait ! Oh ! je comprends le trouble !
EM!ti.4, à lady Nelmoor. Quelle métamorphose, ma chère Adine !...
NORMO\T. Tiens, c'est vrai! moi qui ne voyais pas! (D'un air de triomphe à ArtJnir.) Eh bien, Arthur ?
ARTiiiR. Je vous demande bien pardon, madame, d'être revenu sans votre permission.. . et...
NORMONT. Puisque c'est moi qui t'ai ramené ! Mais à propos, quand je t'ai arrêté, tu courais comme un lièvre!
ARTHUR. J'ai été guéri par ta recette !
NORMO.NT. Tu ne t'en es pas servi !
ARTHUR. C'est égal ; l'intention seule.
M. DE VERPY, à Arthur. Il est des gens qui ont obligation àM.deNormont de vous avoir fait rester, monsieur. Moi d'abord, qui dois m'excuser, car je vous avais jugé légèrement, et ma nièce vient de me détromper sur une foule de choses.
ARTHUR. Comment?
LADY NELMOOR, Las . Mononclc!
M. DE VERPY. Oui, oui, j'avais la maladresse de vous prendre pour un étourdi, vous, si sage, si rangé, si fidèle, si...
NORMONT, à Arthur. Est-ce qu'on se njoque de toi ?
M. DE VERPY. Pas le moins du monde!
si je rc'pétais ce que ma nièce vient de m'apprendre ...!
ARTHUR IMadame?
i.ADY iMELMOOR, ho.s. Encorc une fois, mon oncle !. ..
M. DE VERPY. Oui, par exemple...
EMMA. Oh! moi, je sais à fond l'opinion d'Adine sur M. Arthur, car ce matin nous parlions de lui , et cela ne ressemble guère...
M. DE VERPY. Pas du tout... vous croyez savoir, et je gage que vous ne savez rien !... Tenez, entre autres choses, ma nièce m'a prouvé que la coquetterie de quelques femmes qui interprétaient comme témoignage d'amour des politesses insignifiantes, valait seule à monsieur sa réputation de légèreté.
EMMA. Ah! votre nièce a dit cela! (A part. ) C'est aimable !
LADY NELMOOR. Mon oncle, je vous en prie.
M. DE VERPY. Elle ajoutait que IM. Arthur, tendre, délicat, sensible! oh si je
ré])étais tout n'aime qu'une seule
femuie !
ARTHUR. Je le jure.
KORMONT. Bah !
M. DE VERPY Oui, ma nièce m'en paraît assez persuadée I
ARTHUR. Et croit-elle que je l'aimerai toute ma vie?
M. DE VERPY, après les aooir regardés l'un et l'autre. Je pense que c'est là ce qu'elle sera bien aise de savoir.
ARTHUR, allant àlady Nelmoor. Madame!
Elle baisse les yeux et ne répond pas.
EMMA. Allons, allons, je devine!
KORMONT. Qu'est-ce que tout cela veut dire ?
M. DE VERPY. Que ma nièce s'était promis de faire un mariage parfaitement sage et raisonnable, et qu'il parait que...
EMMA. M. Arthur lui a prouvé qu'il était le plu« sage de vous deux.
NORMONT. Pas possible!
ARTHUR , lendremeni à lady Nelmoor.
Est-il vrai que mes torts soient pardonnes?
LADY NELMOOR, lui tendant la main et se détournant timidement. Il parait que celui qu'on aime a toujours raison.
NORMONT, ^^7n)îc'. Ah çà !... mais que suis-jc donc venu faire ici?
M. DE VERPY. Vous avez guéri la foulure de monsieur.
NORMONT. Permettez... il me semble...
M. DE VERPY. Un homme sage comme vous êtes prend son parti et ne se fâche point.
EMMA. Voilà n\\ mariage raisonnable comme il s'en fait beaucoup.
M. DE VERPY. C'est qu'en fait d'amour, une femme a beau en appeler à sa raison, c'est toujours son cœur qui décide... c'était déjà comme cela de mon temps.
Paris. — Imprimerie de V' Do^DEï-DuPIlE , rue Sainl-Louii, 46, au Marais.