‹ Un mariage raisonnableChapitre 4 sur 13 · L.ADY NELMOOR , l'arrêtant du rfgard Monsieur le comte · texte numérisé non relu

L.ADY NELMOOR , l'arrêtant du rfgard Monsieur le comte

EUM.A, à pari. Adine a vraiment trèsbien parlé; après cela, je n'ai plus rien à dire.

ARTHUR. Eli quoi! rt fuser ob>ilnément de m'expliquer |)our cjuel uiolif je suis consigné!

LADY ^EI.MOOR. ^lonsieur, insister davautagr ne serait pas digne de votre politesse, .le vous recevrai plus larJ, sous les auspices de M. de Normont.

ARTHUR. Allons, je vois <|u'il faut me retirer; en m éloignant du moins, j'emporte le seniimeiit de mon innocence, et il me seia moins difficile de paidouner votre injustice que de l'oublier. Daignez, nusJames, agréi r l'iiommage de mou respect.

Il sort.

^CKM<: V.

LADY NELMOOR, EINIMA.

EMMA. Tu as éié bien sévère.

LADY .NELMOOU. Alais aussi quelle audace!

EMM.\. Il est vrai (|u'il n'«st pas mal étourdi ! venii jusfiu'iei et entrer de force!

LADY NELMOOR. Si M, de Normont fût arrivé.

EMMA. Il n'en faut pis davantage pour compi omettre une femme.

L\DV \ELMOOu, soiiriiint. Est-ce qu'il seraii véiitablement amoureux ?

EMM\, riant. Mais j'en ai peur! et je t'ai vraiment une grande obligation.

LADY ^'ELMOOR , étonnée. Et de quoi donc?

EMMA. De m'avoir épargné l'embarras de le congédier moi-même.

LADY NELMOOR. N'est-ce pas moi seule que cela regardait?

EMMA. Oui , parce que nous sommes chez toi! mais enfin cet embarras, c'est moi qui te l'ai attiré.

LADY NELMOOR. Comment?

EMMA. Puisqu'il venait ici pour moi.

LADY NELMOOR. Tu te trompes, ma chère , c'est moi qu il cherchait.

EMMA. Mais non. C'est mon étourdi, dont je te j»arlais tout-à-l'heure.

LADY NELMOOR. C'est celui que j'ai banni de chez moi.

EMMA. Est-ce possible!... {Riant aux éclats.^) Un adorateur pour nous deux quand nous croyions en avoir chacune un ! Oh !

LADY NELMOR. Peux-tu rire de cela?..-.

EMMA. Yeux-tu donc que j'en pleure?

Elle rit.

LADY NELMOOR. "\ oilà bien les gens à la mode.

EMMA. C'est assez plaisant ; il n'a pas eu l'ai embarrassé, et ne s'en est pas tiré trop mal ! chacune a pu se croire scule adorée ! s'il fût resté , il serait peut-être parvenu à nous tromper toutes les deux.

LADV M'LMOOR Oh! je \\\\ défie bien!

je mépiise trop \\n seinblable caractère.

EMMA. Ah! oui, j'oubliais ! loi, tues invulnérable! Mats comment l'as-tu donc

COlMUl ?

LADY NCi.MOOR. Cette étouidie de Caroline, notre ancienne compagne, ne me l'avait-elle ]>as présenté comme mi parti convenable, il y a trois mois, dès mon retour en France? Je l'ai vu c|U<lque(oi9.

EMMA. Ah! c'était lui^ En efl\t il est le cousin de Caroline! et j'aurais dû me rappel, r. {Elle rit.) Ah ! ah ! ah I

\DY itELMOOR. Tout le fait lire aujour-

EMMA, riant. El tu as cru vraiment...?

L\i)Y \Ei.MOOR. .l'ai ciu... quoi?

EMMA , d'ttn ton insouciant. Oh ! rien!... un souvenir! je te dirai C( la plus taid ; mais sais-tu bien que c'était un parti cbarmant. Riclie^ d'une fami'lc distinguée,

VS MARIAGE R AISO:!fNABLE.

lieutenant-colonel à vingl-six ans , neveu et aide-de-camp d'un maréchal de France ! LADY NELMOOR. C'est cela un aide-decamp , un jeune fou faisant la cour à toutes It s ff mnu'S et incapable d'en aimer une réellement.

On entend le bruit d'une voiture .

EMMX. Oh! pour le coup, voilà notre futur! Il ne vient pas achevai, lui, connue notre écervolé d'amoureux! oh non. Un bon landaw ! Tout ce qu'il f lit est grave et paisible! Il n'a pas cet empressement qui nous troublerait , et il suit le précepte du sage : Dans tout ce que tu fais , hàletoi lentement.

UN DOMESTIQUE, annonçant. iM. le baron deNormont , M. de \ erpy...

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