‹ Un mariage raisonnableChapitre 6 sur 13 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

M. DE VERPY, ARTHUR, M. DE NOR- MOINT, LADY NELMOOR, EMMA.

M. DE VERPY. ]Ma nièce, je vous amène un blessé!

ARTHUR. Daignerez- vous me pardonner, madame?

LADY IVELMOOR , G pai-f. Est-ce possible !

M. DE VEitPY. A peu de distance de l'avenue , M de la Villette , qui alhiit de Paris à Fontameblean , a été jeté violeunnent à terre pnr son cheval, et il semble avoir le pied démis.

Ou assied Arthur dans un fauteuil.

M. DE NORMO\T. Un cheval trop vif! lu es si éi ourdi!

ARTHUR , d'un ton moqueur. C'est juste ; tu as de la raison , toi !

M. DE NORMONT. Heureusement, nous arrivions au moment mcme...

ARTHUR. Quel honhein- potu- moi!

M. DE VERPY. Et j'ai pensé que ma nièce, en noble châtelaine , voufhait bien recueillir un beau chevalier blessé.

■ EMMA , à pari, 'e n'en reviens pas.

■ M. DE VI RPY. Eh bien, Adinc, vous avez l'air tout étonné?

LADY NELMOOR. J'avoue... que... cet accident...

I M. DE NORMONT. Ce ne sera rien , j'ai j une recette excellente pour les foulures.

ARTHUR. Oh! mon ami, combien je te serai obligé I

LADY NELMOGR, à pari . Il se moque de I lui , c'est sûr.

M. DE VERPY. IVIais je ne vous comprends pas, ma nièce ! vous ne dites rien , vous êtes là...

LADY m:i,moor. Pardon, mon oncle!

pardon ! c'est qu'en véiiié j'ai été troublée. . . Je m'attendais si peu... Mais je vais envoyer chercher uu médecin.

M. DE NORMOXT. J'ai pris ce soin , madame, en entrant ici, car j'ai p'^nsé que vous permettriez... J'ai aussi à m'excuser d'être venu sans votre autorisation ; mais votre amie...

EMMA. J'ai déjà obtenu le pardon pour vous et pour moi.

M. DE VERPY. Et M. de Normont est venu me chercher , pensant que ma présence rendrait sa visite plus convenable.

ARTHUR. Ce cher Noimont , comme il songe à tout! Un autre, un étourdi comme moi, eiît été si empressé, que l'idée ne lui serait pas venue de se choisir un témoin ! à mon dernier duel, Uioi, je l'oubliais! Jugez donc si pour une tendre entrevue...

M. DE NORMONT, d'un air salis fut de luimême. C'est que toi , Arthur, ou moi , c'est un peu différent.

ARTHUR. Oh! je te rends justice! Aujoiud'hui, par exemple, à ma place, tu n'aurais pas eu le pied démis, comme moi.

M. DE NORMONT , riant. Certainement non.

M. DE VERPY. Ah çà , ma nièce, savezvous que nous avons fait huit lieues... et que....

L\DYNE^MOOR,.îo^<'^V/n^ Ah! mon oncle, veuillez m'excuser. {A un domestique qui entre.) Qu'on prépare à déjtuntr pour ces

messieiu-s.

Le domestique sort.

ARTHl'R. Oui, ces messieurs, après un voyage , ont besoin de répirer leurs forces; moi, pauvre blesssé, je resterai ici pendant ce temps.

Ici M. de Verpy commence à examiner .\rthur, M. DE VERPY , « pari. Ah .',.. rester !... EMM \ , à part. C'e^t cela , il espère n'être pas seul.

LADY NELMOOR , à pari. Je comprends !

il veut parler à Emma.

M. DE NOi(MO>iT. Mais, Arthur, tu dérangerais ces dames , à qui vraiment j ai bien des excuses à faire pour tout l 'embarras que je leur donne avec ta blessure.

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AUTIIIR. Laisse donc, laisse Jonc I i;\st. moi c[iuî cria ro,",.ii<lt'. ei jcv(Mi.\ cire < Ini}»!' loiit seul (le II iTcuiiiiaissâiice.

M. DK \0UM()\r. IN on ]ia.s j c'est pour moi que luadaïuc vent bien le recevoir. (A liidy Nelmoor.) JN 'est-il pas vrai?

LADY ^KLM()OR, arec un j>cu d'inijuilicnce. Pour vous si vous le voulez.

M. DE >OrMO.\T. J'ai bien l'honneur de vous remercier. {A Arthur.) Tranquillisetoi donc, et sois ici comme cbez toi.

AnTnuu. C'est là tout ce que je voudrais. {A deinl-v.iix ^ \\\\ si je pouvais lui parler seul !

M. DE VEitPY, exiimimml le visage de tout le mundc. A paît. Diable, diable... (Haut.) La blessure de monsieur me rappelle qu'en 1805 j'étais comme lui lieutenant-colonel...

ARxnun. Et vous fûtes blessé à l'armée en défendant la patrie I

M. DE VERPY, le regardunt ai>ec inlenl/on. Non pas; mais un jour je fis semblant de l'être pour avoir accès dans une maison dont l'entrée m'était interdite.

ARTHUR. Ail!

LADY NELMOOR , à part. Il a des soupçons.

EMMA, à part. Le clier oncle devine.

M. DE NORMONT , à de Verpy en souriant. Quelque amoui'ette!... ali ! vous avez été un peu...

M. DE VERPY. Beaucoup.

M. DE NORMONT, d\in ton plus sérieux.

Vous nous conterez cela entre liommes, ces dames ne permettent pas...

M. DE VERPY'. Vous croyez que ces dames ne permettent pas... {A part.) IMa nièce a rougi, Arthur est inquiet I... je ne me suis pas trompé.

M. DENORMOINT. C estqucde votrc temps les jeunes gens étaient très-audacieux, sous l'empire.. . et les femmes étaient coquettes I...

M. DE VERPY. Oh ! c'est si différent maintenant!

M. DE NOR.MO.\T. Ce n'est plus Cela, plus cela du tout.

M. DE VERPY. Oh ! mon Dieu, non.

M. DE\ORMO\T. Vovcz plutôt lady Nelmoor : quelle simplicité, quelleabscnce de toute coquetterie I aussi j'ai rendu hommage à tant de raison. Toujours douces, égales et bonnes, voilà les femmes que nous aimons maintenant; ce n'est pas rouune à votre époque, une folie passagère; c'est une estime et une amitié de toute la vie.

^m\k\,àpart. CepauvreNormont. (//^;»/) Ces messieurs avaient parlé de dt'jeuuer ?

M. Di: VEUPY. Oui; mais je désire auparavant avoir quelques insta:iS d'entri tien avfc nia u;èce.

LAUY MEI.MOOîl, é.'Oin:rt.'. AveC moi ?

M. DE vtnpY. Oui, je vous en p;ic. ( // a sonne, un domestique enirc.) Aidez .M. de la ViUette à passer dans la salle à manger, oii j'irai le retrouver bientôt

AUTiiiiR. A vos ordres, monsieur. {Il se lève .loulenu par un domestique. A part.) Maudits souveniis de 1805.

M. DE NOR.MO.\ï, «//(//(/ à50/i^;/W(?. Prends donc garde ; et le médecin qui n'arrive pas. .T'ai bien envie de t'indiqucr ma recette pour les foulures.

EMM\. Je vais te remplactr, ma chère Adine, et faire les honneurs du déjeuner en attendant ton arrivée à îable et celle de monsieur.

M. DE VERPY. Nous ne tarderons pas à vous rejoindre.

Jls sortent. Arthui est soutenu par Normont et le domestique.

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