LADY NEL3I00R, M. DE VERPY
M. DE VERPY. Maclière nièce, une petite explication, s'il vous plaît.
LADY NELMOOR. Tant que VOUS voudrez, mon oncle.
M. DE VERPY. Vous cotmaissez mon expérience, c'est une venu qui coûte assez cher en général pour qu'on n'eu dédaigne pas l'usage ; la mienne nie sert donc à éventer une embuscade et à deviner les manœuvres d'un ennemi. Je suis comme ces vieux soldats qui ont encore du plaisir à aider de leurs conseils ceux qu'ils ont le regret de ne plus pouvoir suivre dans les combats.
LADY NEi.MOOR. Je ne vous comprends pas, mon oncle.
M. DE VERPY. Patience!... voici mes observations : au moment de vous remarier, vous fuyez brusquement Paris, et vous venez vous enfermer dans ce château , c'est peu naturel; votre futur vient vous y surprendre, c'est bien imprudent; il se trouve des blessés sur la route, c'est fort extraordinaire. Voyons, avec qui la guerre estelle déclarée.^ où est l'ennemi, quels sont les alliés... cl qui est-ce qu'on veut attraper?
L \DY NELMOOR, d'un tonsci'ère.Vevsonne, mon oncle; je suis libre, et mes actions, dictées par ma volonu-, le sont d'abord par la raison; jamais je n'épouserai un étoiudi, ce n'est pas moi qui pardonnerais à de.s folies: j'ai eu trop à en souflrir; si l'on eût mieux dirigé ma jeumsse, ou m'eût épar-
gné les cliâgi insque m'a causésle caiactèie léger de liiil Neiinooi-, et ce n'est qu'au plus raisonnable dus hommes que je veux confier le boidic ui de mou a'.eiiir.
M. DP- VF.iiPY. Vrai? l'est bien vrai ?... alors, je n'y comprends plus rien, et je ne sais que penser de tout ce qui se passe ici I mais on vient...
SCEAE Mil.
LADYINELMOOR, M. DE YERPY, MARIETTE.
M.ARlETTE. On drmanileîM. de Verpy.
M. DE VERPY. IMoi?
MARiETTi:. Lu homme accourant en toute hâte pour une alFaire importante et mystérieuse...
M. DE VEUPY. C'est impossible; je n'ai jamais eu d'affaires importantes, et je n'en ai plus de mystérieuses.
LADY NELMOOR. Etes-vous bien siir que ce soit mon oncle qu'on demande?
M.\niETTE. Oui, madame, et cela paraît être très-presse.
M. DE VEiU'Y. Que diable ce peut-il être?, .j'aurai plus tôt lait daller voir moimême. Je vous retrouverai tout-à-l'lieure, ma nièce, et nous reprendrons l'entretien.
L.\DY .\ELMO0R, souriant. Allez, mon oncle, et que l'iuquiclude sur mon compte ne vous empêche pas de déjeuner ; mon cœur est si tranquille que rien ne pourra le troubler désormais.
M. DE VERPY. C'est ce que nous verrons. Allons, Mariette, conduisez-moi vers cet homme.
Il sort avec Mariette.