‹ Un mariage raisonnableChapitre 9 sur 13 · DE VERPY, motjiicur. Cela se voit tout de suite · texte numérisé non relu

DE VERPY, motjiicur. Cela se voit tout de suite

EMM\. Et maintenant qu'on soupçonne M. delà Viller'te, l'instant de te fnre lue son epîlre ne pouvait être mieux choisi.

L\DY NELMOOR, /J/^-^fl/// l(t leltie. Voyons donc !

M. DE VERPY, à fart. Bon petit cœur de femme! {Haut.) Pienez garde, ma nièce, la curiosité est souvent dangereuse.

L.ADY \ELM0Olt, limnt. » Ma clièrc COil- » sine, chez quelle bizarre personne m'an vez-vous conduit! et avez-vous perdu la » laison en imaginant qut^ je pourrais en "faire ma fenime?» {Parlé.) Comme si l'on eût voulu de lui ! {Lisant.) « Son air » de puritaine et sa toilette singulière dé- » guisent, j'ensuis sûr, pins de défauts » que de beauté ; les cheveux qu'on aper- » çoit |)ar hasard, caci.ent ceux qu'elle ne » peut montrer, et ce n'est pas sans cause » quelle nous déiobe sa taille, sou amie » elle même me l'a donné à entendre. » (^Parlê.) Ah ! je vous remercie, Emma.

EMMA , à demi-voiv. J'entrais dans tes vues, je voulais te rendre service.

LADY NELMOOR. Yous éles trop obligeante; mais continuons. {Ellcit.) «Il n'y » a qu'vme chose qiu pourrait donner l'en- » vie de plaire à laily iVelinoor, c'est qu'il » semblerait très-original qu on i'ei'it en- » trepris. »

NOiiMOiNT. Le moyen, après cela, decroire qu'il est amoureux de madame?

EMMA. Tu me pardonnes, ma chère Adine ?

LADY NELMOOR, très-rolèrr. Et de quoi me demandez-vous pardon? que me font vos pai'oles? que me font les sottes impertinences d'un fat ?

M. DE VERPY. Remettez-vous, ma nièce, remettez-vous !

L\DY NELMOOR. Que je me remette! et qui vous dit que cela me trouble? Quel intérêt puis-je y prendre ? je ne sais en vérité pourquoi j'ai lu ces sottises; j'ai bien autre chose à faire vraiment! Et dans ce moment puis-je m'occuper de ces pauvretés ridicules, moi qui peux à peine songer aux choses essentielles , tant je suis souffrante, malade.

NORMONT. Comment, madame !

LADY NELMOOR. Oui , monsieiw , la fatigue, le bruit .. Je viens ici, à la campagne pour me reposer quelques heures dans la solitude, et je suis accablée de visites, d'embarras.

M. DE VERPY. Nous allotis nous retirer.

MAGASIN THEATRAL

LADY NELMOOn, allant s'asseoir pics de la tuhle. Je vous en prie, un luoincnt de npos, je nVn puis pins.

EMMA. Si mes soins...

HDY NKLMOOll. l>ais^OZ- moi, (le giâcc.

EMM\, a part. i^ncWc linniiMir!

M. Di; M Rl'Y, à pail. InforlnnéNoiinoiil!

NORMO.NT. J'espcie, niachuno, qne votre indisposition n'aui;i pas de suite. Si c'était une migraine, j'ai muc icccite excellente.

LADY NELMOOa. îMerci, merci, ce ne sera rien.

IMORMOIVT. Ce pauvre Arthur commence à m'inquiéter aussi! où peut-il être?

M. DE VERPY , d'un air moqueur. Ali I c'est lui qui vous inquiète? vous êtes bien bon! Allons, venez, suivtz-nioi, laissons ma nièce setde; c'est, je crois, la meilleure recette pour son mal.

SCILNE XI.

LADY NELMOOR; puis ARTHUR.

LADY NELMOOR, seule un instant. Elle se lèce i'ii'cmcnt^ regarde lu lettre qu'elle tient encore et la cuclie dans son sein. Voilà-t-il assez de choses désagréables! Emma étaitelle contcnlel II lui semble qu'il me serait impossible de plaire à M. Àrtliur. {Souliant.) Pourtant , si je le voulais bien... mais non certes, non pas! Je vais le renvoyer de la bonne manière. (Elle va ouvrir la pièce de lu porte oii est /Irtlnir.) Sortez, monsieur, sortez, je vous prie!

ARTOL'R. Ah I vous ètes seule enfui, madame, ils sont partis.

LADY ^ELMOOR, éniue ct colère, mais tachant de se contraindre. Oui, je suis seule.

ARTHUR. Quel bonheur!

LADY NEI.MOOR, d'un ton froid et très-sé' vire. Et disposée , monsieur, à écouter ce qui vous reste à me dire; c'est très-important sans doute, à en juger par tout ce que vous avez fait pom- obtenir cet entretien.

ARTHUR, souriant. Pi\\\ VOUS savez, madame...

LADY NELMOOR. Parlez doiic, monsieur, puisque je veux bien vous entendre

ARTHUR. Quel (on froid et sévère!

LADY NELMOOR. VouStlOUVCZ?

ARTHUR. Vous n'étiez pas ainsi tout-ùriieure !

LADY NELMOOR. Tout-à-l'licure , c'est possible! mais que disiez-vous alors quand on vous a interrompu?

ARTHUR. Oh! il m'est bien facile de le répéter ; car c'est une pensée qui ne me quitte pas. Je disais, madame, que le bonheur de vous plaire eût été la plus grande ambition di; mon cccur.

LADY NELMOOR. Ah!

AR1 HUR. Et qu'être aimé de vous eilt réalisé toutes mes e.spérances.

LADY IVEI.MOOR. Vraiment? C'est original, n'est-ce pas? Et vous uoezlii une bien sin<fuliè/e idée !

ARTHUR. Que signifie ce ton moqueur?

Page 1