‹ Un mauvais coucheur comedie vaudeville en un acteChapitre 11 sur 30 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

NARSOUF, puis ADONIDSA.

NARSOUF, seul.

L’animal ! venir me persifler jusque dans mon intérieur... Si je ne m’étais pas retenu... (il sassied à gauche.)

ADONIDSA, à la porte de droite, premier plan.

Peut-on entrer ? *

NARSOUF.

Ma fille ! toujours... quand je suis seul... viens donc... là, près de moi.

ADONIDSA, prenant place sur ses genoux.

Est- ce que vous êtes fâché?

Moi, non.

NARSOUF.

* -Narsoul, Aduuidsa.

ADONIDSA.

Oh l vous savez bien qu’on ne me trompe pas... vous avez là, sur le front, un méchant pli.

NARSOUF.

C’est possible I... tout à l’heure... mais te voilà... il ne doit plus y être.... regarde.

ADONIDSA, l’embrassant.

C'est vrai.

NARSOUF.

Je t’aime tant.. .je n'aime que toi, vois-tu.

ADONIDSA.

Oh ! moi et ma sœur.

NARSOUF, brusquement.

Non, elle m’a quitté.

ADONIDSA.

Pour suivre son mari.

NARSOUF.

Belle raison !... un père, ce n’est donc rien ! Son mari, je le déteste... 11 m’a trompé... il m’avait promis de rester toujours ici avec sa femme... et après le mariage...

ADONIDSA.

Ses affaires l'appelaient à Paris.

NARSOUF.

Prétexte !... pour m’enlever l'enfant, l’avoir à lui tout seul... Ne parlons plus de ça, tiens... ça m’agace, ça m'irrite... Embrasse-moi... Tu ne me quitteras pas, toi... tu m’aimeras toujours, et, de mon côté, je chercherai à te rendre la vie bien douce, bien agréable... As-tu vu le nouveau plan de tulipes que j’ai fait mettre dans le parc... C’est pour toi, tu les aimes... et puis, tiens, je suis sorti hier à ton intention... regarde... (il lui montre un collier de perles qu’il tire de sa poche.)

ADONIDSA, se levant.

Oh ! le joli collier !

NARSOUF, sc levant.

Encore pour toi !

ADONIDSA.

Que vous êtes bon I mon père I

NARSOUF.

Vrai !... lu me trouves bon... tu es la seule, vois-tu !... pour tous les autres, je suis un brutal, un égoiste, un sauvage, comme ils disent... mais ça m’est égal-., je ne tiens pas à leur opinion... Pourquoi ne mets-tu pas ton collier?

ADONIDSA.

Mais, mon père, c’est une parure' de bal... Ça ne se met que quand on veut se faire belle.

NARSOUF.

Ah ! et lu ne veux pas Le faire belle pour moi}

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