‹ Un mauvais coucheur comedie vaudeville en un acteChapitre 12 sur 30 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

iS

ADONIDSA.

OU ! si, mon pcre. (lille va mettre le collier «levant la glace à gauche.) *

Très bien!

ADONIDSA. >

Je voulais dire seulement qu'en famille...

NARSOUF.

C’est vrai, tu es toujours charmante... pour moi. C’est égal, avec ce collier...

ADONIDSA.

Quel dommage... que je ne l’aie pas eu... quand vous m’avez permis, dernièrement, d’aller passer quinze jours chez ma tante... à iaCiotat... Quand j’y retournerai, je l’emporterai.

NARSOUF,

Tu n’y retourneras pas.

ADONIDSA.

Comment ?

NARSOUF. ■

Jamais!... C’est bon une fois, et parce que tu étais malade... Les médecins disaient que tu avais besoin de changer d’air... de respirer plusà l’aise... ils sont si bêtes ces médecins [...comme si on ne respirait pas ici... j’y respire, et très-bien... Mais il s’agissait de ta santé... j’ai été faible... j’ai consenti... ça ne m’arrivera plus.

ADONIDSA.

Comme vous voudrez.

NARSOUF.

J’ai trop souffert en ton absence...- Ne plus te sentir là , près de moi... tous les matins... tous les soirs... ne plus entendre bourdonner dans mes oreilles... ton piano... ton délicieux piano...

ADONIDSA.

Qui pourtant vous porte sur les nerfs.

NARSOUF.

Horriblement!... Eh bien! c’est égal, il me manquait... et puis, je le voyais toujours entourée de mille dangers... Ça n’a

C as manqué du reste... tou imbécille de tante qui te laisse aigner seule dans la mer.

ADONIDSA.

La pauvre femme... elle a eu assez peur ce jour-là... quand tout-a-coup elle m’a vue disparaître... J’étais perdue sans ce secours inespéré... ce jeune homme... ccl inconnu...

NARSOUF.

Tu ne l’as plus revu, n’est-cc pas?

■ AJjniJsa, Narsuuf.

ADONIDSA.

Jamais!... A peine m’eut-il déposé sur le bord, qu’il sosauva comme s’il eût été honteux du service qu’il m'avait rendu.

NARSOUF.

C’est très-bien !... un bon jeune homme !

ADONIDSA.

Mais sa figure m’est toujours restée là... et je suis sûre que si je le rencontrais...

NARSOUF.

Tu ne le rencontreras pas. (on frappe à la porte du fond.) Hem I qui est-ce qui frappe là ?... un de ces maudits ouvriers, sans doute... Je vais bien le recevoir ! (On frappe de nouveau.*) Rentre dans ton appartement, ma fille... et n’en sors que si je t’appelle... tu entends !... un coup de cette sonnette l’avertira quand je serai seul.

ADONIDSA.

Oui, mon père. (Elle sort à droite, premier plan.)

(On frappe de nouveau, avec impatience.) NARSOUF.

On y va, mon Dieu ! on y va ! (il ouvre la porte.)

Page 1