‹ Un mauvais coucheur comedie vaudeville en un acteChapitre 22 sur 30 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

NARSOUF.

Mais, puisqu’il est mort, votre oncle.

JOl.ICl.ERC.

Ah bah! mon oncle est échu ?

NARSOUF.

Cotte nuit, d’un coup de sang... vous l’ignoriez?

JOLICLERC.

Complètement, (a part.) 0 fortune I

NARSOUF.

Et comme vous héritez...

JOLICLERC.

Je comprends... (A part.) Ah ! je suis ton propriétaire !

Voyons, combien l’immeuble?... car il me tarde...

JOLICLERC, arpentant le théâtre de haut en bas.

Qu’est-ce que ça me fait, à moi...

NARSOUF, le suivant.

J’ai des fonds tout prêts, monsieur..

JOLICLERC.

Ce n’est pas ça.‘

NARSOUF.

De quoi payer comptant, et sans marchander.

JOLICLERC.

Ce n’est pas ça.

NARSOUF.

Mais enfin, monsieur...

JOLICLERC, s’arrêtant.

Je l’adore, moi, cette maison... je suis comme vous .. il y a quinze ans , que je la guigne... que je la couve... Je me suis toujours dit... quand j’en hériterai... je flanquerai à la porte mon'localaire, et j’irai m’v installer.

* NARSOUF.

Comment?

JOLICLERC.

Elle est bien située... bien aérée... j’y laisserai mes os.

Par exemple !

JOLICLERC.

C’est une manie... c’est un tic... si vous voulez... mais tous l.es tics sont respectables... je vous donne, congé... (il remonte.) NARSOUF, le suivant.

Congé... à moi... un locataire de quinze ans... qui ai tout créé ici... les armoires, le jardin, le potager.

JOLICLERC.

Et moi qui adore les légumes. (Lui serrant les mains.) Merci... merci bien... désolé de vous déranger... mais c’est un parti pris... une résolution inébranlable... et tant que ie serai vivant...

* Joliolerc, Narsouf.

NARSOUF, furieux.

Je vous tuerai, monsieur f

JOLICLERC.

Faudra voi

NARSOUF.

Un pareil procédé devient une injure personnelle... Vos armes, monsieur ?

L’épée... Je vous avertis que j’y suis très-fort.

NARSOUF.

Moi aussi, monsieur, moi aussi. (Prenant les épées.) Marchons !

JOUCLERC.

Marchons... ah ! mais, dites donc, un duel sans témoins, c’est grave... Je vais avoir des désagréments en cour d'assises, moi, à la suite de ce steeple-chase,

NARSOUF.

Vous... ou moi.

JOLICLERC, avec douta.

Ohl... enfin I

NARSOUF, allant à la cheminée.

le vais écrire quelques lignes, qui, en même temps, me serviront...

JOLICLERC.

De testament.

NARSOUF, écrivant.

Comme vous dites... Je vous engage à faire comme moi.

JOLICLERC.

C’est bien pour vous obéir... ( Il va écrire à la petite table à droite.) Une somnambule m’a prédit que je vivrais cent ans. NARSOUF, remettant le papier à Joliclcrc.

Tenez, monsieur, si vous me survivez... lisez ça.

JOLICLERC.

Et vous... si par hasard vous échappez à votre destinée... ce qui m’étonnerait bien... lisez ceci.

C’est bien... Partons !... partons |

Page 1