Un médecin naturaliste en Province, Léon Dufour
La culture de là science n’à rien dê bien méritoire, même en province. L’étude a tant d’attraits et procure tant de satisfactions qu’il n’est pas absolument nécessaire d’étre du nombre des désœuvrés pour se laisser séduire. Mais autre chosè est se plaire à Se tenir au courant des recherchés scientifiques, â savourer le ré~ sultat du travail des savants, autré chose est participer d’une façon active et continue aux progrès d une branche de nos côfié naissances.
En restreignant notre horizon au monde médical, nous constaterons cependant que, surtout depuis quinze àns, c’est-à-dire depuis que les Facultés de médecine ont en France doublé de nombre, le chiffré des médecins attirés et retenus par le culte de la science püre a pu facilement doubler. Beaucoup dê ces amants de là Muse scientifique ont dû trouvée un aliment toüt préparé dans ces nouveaux foyers que l’on a allumés aü Nord, â l’Ouest comme à l’Est dê la France. Que Ceux-là travaillent, qui, chargés d’enseigner et payés pour cela, n’ont au fond que la seule ressource des études scientifiques pour justifier leurs titres et leur droit à l’existence, n’est-Cè pas naturel? Mais là oiiilÿaàadmirer un effort vraiment digne d’éloges, c’est quand on rencontre dans une petite ville ignorée et éloignée de tout milieu propice, de tout stimulant, de tout aboutissant, un médecin qui, de par sa situation, obligé de vivre de sa pratique journalière, trouve néanmoins le temps de poursuivre avec activité et ténacité une série d’études n’ayant aucun rapport avec sa vie professionnelle. C’est ce mérite qu’a eu Léon Dufour. Et il l’a eu à un très haut degré, puisqu’il à
pu obtenir honneur et gloire de ses études de botanique et surtout de ses travaux d’entomologie (1).
La vie de Léon Dufour peut donc servir d’exemple. Nous allons tâcher d’en esquisser rapidement le tableau (2).