Un médecin philosophe au XVIe siècle
Les biographies de Fernel ne manquent pas. On en trouve de toutes les longueurs, depuis la notice de quelques lignes que donnent tous les dictionnaires historiques jusqu'aux cent vingt pages grand format qu'y consacre Goulin !. En outre, beaucoup d'auteurs ont parlé incidemment de Fernel. Il peut donc sembler superflu d'aborder de nouveau le sujet, surtout lorsque l’on n'a aucune contribution personnelle à y apporter. Mais la multiplicité même de ces biographies est un embarras : les auteurs qui les ont composées se copient souvent les ans les autres, avec plus ou moins de bonne foi. Les plus >riginaux d'entre eux ont introduit dans la vie de Fernel les faits dont la vraisemblance est douteuse et l’origine ncertaine ; en outre, ils sont loin de s'accorder sur des Joints essentiels. Sans s'engager à fond dans des discus- 1ons de détails, il n’est peut-être pas inutile de faire visvis des biographes de Fernel ce que lui-même a fait à ‘égard des philosophes et des médecins antiques : essayer le concilier les divers auteurs qui ont parlé de lui, ne attacher aveuglément à aucun d'eux, et, lorsqu'il y a
1. Goulin, Mémoires littéraires, critiques, philologiques, biographiques t bibliographiques pour servir à l’histoire ancienne et moderne de la nédecine. Paris, 1775. — Vie de Fernel, p. 286 sqq.