LA MATIÈRE DES ÉLÉMENTS
L'existence des éléments est évidemment une hypothèse ; mais, pour ainsi dire, c’est une hypothèse moins imaginalive, moins éloignée de la réalité sensible que celle de la matière abstraite, simple possibilité logique. Aussi Fernel, beaucoup moins métaphysicien qu'Aristote, a-t-1l fait jouer aux éléments un rôle plus important que celui que leur donnait le péripatétisme. Les éléments, comme tout ce qui existe, sont constitués par une matière et une forme. Mais « la matière des éléments est simple, « celle des corps concrets qui en viennent est composée. « Les premiers ne comprennent que les principes; les « seconds contiennent les principes et les éléments tout € ensemble !. — L'élément, qui est un corps simple, à «€ pour sujet une matière nue, absolument dépourvue de « forme. Au contraire, les corps naturels sont com- « plexes, et ont pour sujet l'agrégation des quatre élé- € ments *. » La formation des corps composés s'explique donc non seulement par l’union de deux principes immatériels, mais par la coexistence de ces principes avec les éléments. Et, comme la forme s’unit, non pas à la matière indéterminée, mais à la matière élémentaire, 1l s'ensuit
«ue la perfection plus ou moins grande de la combinai-
son des éléments conditionne en quelque sorte la forme. Aussi, au point de vue de la composition matérielle, il n’y a entre les êtres vivants et les corps bruts qu'une différence de degré. « Bien que chez les plantes et chez « les animaux la transformation des éléments soit plus longue «et plus compliquée, ils n’en tirent pas moins leur matière « de ces mêmes éléments, renfermés dans la semence et « l'aliment. Leur matière, qui n'est pas, comme celle
FeDéabd rer: caus.,Æ 1..ch.:x, be 399 2 Id., ibid., 1. 1, ch. 1, début,