‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 114 sur 345 · UNITÉ DE COMPOSITION · texte numérisé non relu

UNITÉ DE COMPOSITION

« des éléments, simple et dépourvue de forme, mais « composée et figurée, s'appelle corps matériel, et pro- « prement sujet.. Les quatre éléments de la substance « incorrupüble y persistent. De plus, si de la destruction « de ce corps en naît un autre, ces mêmes éléments sy « retrouvent dans leur intégrité, bien qu'autrement pro- « portionnés et disposés, jusqu'à ce qu'enfin, lors de la « destruction totale, ils reviennent chacun à sa nature, « et soient rendus à l’univers !. »

C'est par la forme, qui, comme on le verra, vient d'une action divine, que les vivants diffèrent des corps inorganiques, et qu'ils diffèrent entre eux. Ils diffèrent aussi par la façon dont les éléments s'associent en des proportions diverses pour former leurs corps. Ces différences de combinaisons frappent les sens. Mas, si l'on va au fond des choses, on retrouve toujours, dans les corps, animés ou non, les éléments. Car l'élément ne se voit pas : ilse conçoit. La raison ne saurait s'arrêter aux parties homogènes dans lesquelles l'analyse peut résoudre tous les corps. Un os, un nerf, un morceau de bois ou d’écorce restent toujours identiques dans leur substance, quel que soit l’état de division où on les amène. Ce sont les éléments sensibles de l'animal ou de la plante ; mais ce ne sont pas des corps simples. Au delà d'eux, la raison conçoit d’autres substances absolument indécomposables, qui par leurs combinaisons produisent tout ce qui existe, et après lesquels l’analyse ne saurait rien découvrir. Ce sont les quatre éléments primordiaux, la terre, l'eau leur et le feu.

Leur existence n’est pas prouvée par l'observation, mais par le raisonnement : il faut qu'ils soient plusieurs,

1° De'abd;>rer. caus,, l.45°ch°1, p.999.

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