L'OPINION DE GUY-PATIN
Patin, entre autres, s’est prononcé énergiquement dans ce sens. « Puisqu'on imprime chez vous le Fernel, Je « vous veux prier d’une chose, qui est d'y faire corri- « ger une faute que ceux d'Utrecht ont faite à leur « impression, lorsqu'ils disent dans sa vie qu'il avait 72 < ans quand 1] mourut, ce qui est très faux : car je vous « assure quil n'en n'avait que 52, ce que J'ai oui dire « à feu M. de Villerai, Maître des Requêtes, fils d’une « fille de Fernel, laquelle n'est morte qu'en 1642. Je l'ai « aussi oui dire à d’autres de ses parents, et c’est une « tradition toute claire dans sa famille : mais sans la tra- « dition, qui n’est pas toujours assurée, Jen a deux « preuves très cerlanes : l'une est tirée des Registres de « notre Faculté, que J'ai eus entre les mains tandis que « J'atété Doyen, où il est expressément marqué que Fernel « mourut le 26 avril 1558, anno ætalis 59. L'autre preuve « est dans son épitaphe à Si-Jacques-de-la-Boucherie, « que jai fait voir à une infinité de personnes, où il est « encore marqué qu'il mourut à l'âge de 52 ans !. » Cette dernière preuve n'est pas convaincante, car on connaît maints exemples d’épitaphes où les chiffres ont été Inexactement gravés ?, Bayle qui rapporte cette lettre, le reconnait, et 1l ajoute : « Les autorités alléguées par « Guy-Patin ne sont pas réduites au seul témoignage de «€ l'épitaphe *. » Ce que Bayle ne savait pas, c'est que Guy- Patin a lui-même discrédité sa propre autorité par l'incroyable légèreté dont il a fait preuve dans sa lettre. C'est à Astruc que nous devons la révélation de son inconséquence, qui mérite d’être connue {.
. Guy-Patin, lettre du 9 avril 1658.
. Cf. Goulin, ouvr. cité, p. 314.
. Bayle, Dictionnaire, art. Fernel.
. Astruc, Maladies des Femmes, t. VI, p. 267.
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