PLACE DES ÉLÉMENTS
aurait recours, pour confondre l’ignorant, à ses balances, à ses creusets et à ses cornues. Au xvi® siècle, on se contentait de puiser dans l'arsenal des arguments, qui n’était pas moins complet. Il est vrai, dit Fernel !, que jamais nous n'apercevons les éléments isolés. Mais cela ne prouve rien. La nature fait tout par les voies les meilleures, et en vue du plus grand bien. Il est nécessaire que les substances impures et imparfaites viennent de substances pures et parfaites, et la nature à pu placer quelque part les éléments à l’état de pureté ; l'ayant pu, pourquoi ne l’aurait-elle pas fait? De là à déterminer l'endroit où ils se trouvent, il n’y a qu’un pas, et Fernel r'hésite pas à le franchir : « Au centre du monde existe
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«la terre élémentaire, absolument lourde, sèche, «exempte de toute humidité. Dans les espaces célestes «se trouve le feu ardent et subül, n'ayant rien de com- «mun avec le nôtre, qui est toujours mêlé de quelque « fumée ?. » La place de l'air et de l’eau n'est pas indiquée, mais il est facile de suppléer à cette omission. Ces éléments, que les sens n’aperçoivent pas, la raison ne peut se refuser à les admettre *.
Enfin, il ne faut pas assimiler la combinaison fondamentale qui constitue un objet aux changements accidentels que peut éprouver cet objet. Dans ce dernier cas, une nouvelle forme s'imprime à la matière, et remplace la forme primitive, qui disparaît sans retour. Au contraire,
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