COMBINAISON ET MÉLANGE
autres dans des proportions convenables s’uniront pour former un corps composé. L'action réciproque des qualités les émoussera, elles se tempéreront l’une par l’autre, et le résultat sera un corps nouveau, différant en substance et en qualités des éléments qui l’auront formé. Ceux-ci ne subsisteront en lui qu’à l’état latent. en puissance, mais non en acte. « L'union des élé- «ments est donc l'opération en vertu de laquelle le « divers devient un !. »
Comme on le voit, cette opération est définie par Fernel comme par nos chimistes, et, comme eux, il distingue soigneusement la combinaison du simple mélange. Dans ce dernier, les corps, si bien confondus qu'on les suppose, conservent leur nature et leurs propriétés particulières. L'eau mélangée au vin, des poudres diverses triturées ensemble, une éponge imbibée de liquide ne donnent aucune idée de la combinaison élémentaire ?. Un corps composé est autre chose qu'une juxtaposition de parties. Envisagé dans son ensemble, il a son unité propre, et manifeste des propriétés qui diffèrent de celles que possédaient isolément ses éléments constitutifs 5. Cette idée de l'unité de combinaison, sur laquelle Fernel insiste à plusieurs reprises, vient directement d'Aristote : « La syllabe est autre chose que les lettres qui la com- « posent ; autre chose que b et a; la chair n’est pas le « feu et la terre. Réduites à leurs éléments, la chair et la
1. Physiol, 1. 2, ch. vrr. Cette définition paraît incomplète à Riolan : «Hac definitione naturalis mixtio non potest distingui ab artificiali : ‘«quæ apponuntur, ul ramenta cineribus, et quæ confunduntur, ut lixi- « vium cum vino, hac definitione miscentur » (Riol., Comment. in lib. deelem., ch. vir, p. 11).