‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 126 sur 345 · ÉQUILIBRE DES ÉLÉMENTS · texte numérisé non relu

ÉQUILIBRE DES ÉLÉMENTS

« syllabe ne sont plus; les éléments, au con trare, le feu «et la terre, subsistent. La syllabe est done non seule- « ment ses éléments, consonne et voyelle, mais encore «quelque chose d'autre. De même la chair est non seu- « lement feu et terre, ou chaud et froid, mais encore « autre chose !. »

Les éléments eux-mêmes, simplement rapprochés, ne se combinent entre eux qu'en vertu d’aflinités qui résultent de l'opposition de leurs qualités. Elles se tempèrent l’une par l'autre, el c'est cet équilibre qui distingue la combinaison de la génération. Dans le cas où il y a disproportion excessive entre les éléments mis en présence, ils ne s'unissent pas, mais le plus fort détruit le plus faible et se l’assimile. C’est ainsi qu'une amphore d'eau ne se combine pas avec mille amphores de vin, que le bois ne se combine pas avec le feu, mais qu'il est anéanti par lui. La condition essentielle d’une combinaison stable, telle que tous les corps naturels en offrent des exemples, est l'équilibre des éléments qui y entrent. En un mot, l'union élémentaire n’est ni un mélange, n1 une génération : elle est la combinaison intime des éléments dans un corps nouveau, où subsistent virtuellement leurs qualités et leurs substances mêmes.

Dans cette union, les substances gardent leurs formes intactes, car la substance n’est susceptible n1 d’augmentaion ni de diminution. Comme son nom l'indique, elle est et demeure ce qu'elle est. Les qualités, au contraire, sont profondément modifiées par leur action réciproque. Leur combinaison est aussi intime, aussi totale que possible, et le caractère du composé, déterminé par le tempérament des qualités élémentaires, en diffère et les rap-

4, Arist., Métaph., 16, Chxvrr.

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