‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 162 sur 345 · TROIS ESPÈCES D'ÊTRÉS VIVANTS · texte numérisé non relu

TROIS ESPÈCES D'ÊTRÉS VIVANTS

maux d’une façon plus facile à observer, c'est surtout chez ceux-ei qu'il étudie la forme inférieure de la vie et de l'âme. Mais il y autant d'âmes différentes qu'il y à d'êtres vivants, et à chaque espèce d'êtres vivants correspond une espèce d'âme particulière. C'est la présence d'une âme qui distingue les vivants des corps matériels, et c’est la différence des âmes qui distingue les vivants les uns des autres !.

Or, les êtres vivants comprennent : 1° Les végélaux, dont la vie est restreinte à l’accomplissement des fonctions que Fernel appelle naturelles, c'est-à-dire dépourvues de sensibilité et de mouvement. C’est la vie sous sa forme la plus rudimentaire. 2° Les animaux, qui sont doués de sensibilité et peuvent se mouvoir spontanément. 30 L'homme enfin, qui, à toutes ces fonctions, ajoute l'intelligence et la raison. Du moment qu'il y a autant de sortes d’âmes que de degrés dans la série des êtres vivants, il faut distinguer : 1° l'âme naturelle, qui appartient aux végétaux; 20 l'âme sensitive, aux anIMAUX : 3° l'âme intelligente, privilège exclusif de l'homme *.

Il y a donc entre les êtres vivants, et par conséquent entre les âmes, une sorte de hiérarchie : l'animal ajoute ses fonctions propres à celle de la vie végélative, el

4. « Sic philosophi præstantissimi et animam vita definierunt, et ex « vitæ differentiis animæ genera protulerunt » (Physiol., 1. 5, ch. n).

2. Dans cette distinction se manifeste encore le caractère général de la psychologie de Fernel. Lorsque Platon distingue les âmes concupiscible, irascible et raisonnable, lorsque Galien étudie les fonctions vitale, naturelle et animale, ils n’ont en vue que l'âme humaine, Au contraire, les trois âmes que Fernel distingue après Aristote correspondent aux trois degrés de la vie universelle. On peut dire que sa psychologie, comme celle d’Aristote, est « la science des principes essentiels de tout être où

«se manifeste quelque vie ou quelque action» (Chaignet, Psych. d'Arist., p- 589).

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