‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 161 sur 345 · SA GÉNÉRALITÉ · texte numérisé non relu

SA GÉNÉRALITÉ

son point de vue est l'opposé du leur. Laissant aux métaphysiciens purs la solution nécessairement conjecturale des questions ontologiques, 1l ne se demande pas ce que c’est que l'être en soi. Il ne connaît l’âme que dans son rapport avec le corps, et loin d'affirmer comme Descartes qu elle est plus aisée à connaître que lui, 1l croit que nous ne connaissons ses facultés qu'en vertu d’une induction fondée sur l'étude des fonctions du corps. Toute sa psychologie est dominée par cette idée, et par là s'expliquent les défectuosités que nous aurons lieu d'y signaler. Il n'en est pas moins essentiel de constater dès à présent

que la conception de l’âme comme principe de vie suffit | à classer Fernel parmi les philosophes que leurs tendances éloignent de la dialectique formelle en honneur dans tout le moyen âge, et dont les idées ont été un acheminement aux études de psycho-physiologie, si fortement en progrès à notre époque.

S1 la vie est un effet, une fonction de l’âme, 1il faut en conclure que tous les êtres vivants, quels qu'ils soient, ont une âme !. Il y a donc une âme qui préside aux fonctions des végétaux. Aristote n'avait pas hésité à l’afhirmer ?, et Fernel l’'admet comme lui. Toutefois, comme les actes de la vie végétative se produisent chez les ani-

1. « Viventis corporis species est anima, eui vila tanquam propria « peculiarisque actio comes est et socia. Cuicumque igitur illa insidebit, « id animatum reddet pariter et vivum » (Physiol., 1. 5, ch. n).

2. « Pour affirmer d’un être qu'il vit, il nous suffit qu’il y ait en lui une « seule des choses suivantes : l'intelligence, la sensibilité, le mouve- « ment et le repos dans l’espace, et aussi ce mouvement qui se rapporte « à la nutrition, à l'accroissement et au dépérissement » (Arist., De anima, 1. 2, ch. 11, trad. B. St-Hilaire).

Pour Cuvier, il y a vie partout où il y a nutrition : La vie est : « Le « mouvement des molécules qui entrent et qui sortent pour entretenir « lé corps de animal » (Règne anim. t. [, p. 11).

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