‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 164 sur 345 · TROIS ESPÈCES D’AMES · texte numérisé non relu

TROIS ESPÈCES D’AMES

« homo bellua est, neque bellua strps: alioqui in magnam « confusionem adigerentur rerum species. Quinimo eidem « nequeunt pariter insidere intelligens et sentiens, vel « sentiens et naturalis : quoniam neque complures sub- « stantiarum formæ revera ejusdem esse possunt subjec- « æ materiæ, neque idem liceat belluam et fruticem « appellare, neque belluam et hominem !. »

Mais le manque de termes propres nous oblige à désigner par les mêmes expressions les facultés de l'âme et les différentes espèces d'’âmes. C’est une source d'équivoques. Ainsi, 1l ne faudrait pas dire que l'être intelligent est en même temps sentant, mais qu'il est doué de la faculté de sentir. L'aptitude à sentir est chez lui une propriété, ce n’est pas l'essence même de sa forme. La distinction paraîtra peut-être subtile; elle n'en est pas moins nécessaire, car Fernel ne peut échapper à ce dilemme : ou bien refuser de reconnaître à l'homme les fonctions organiques, la sensibilité, la motricité, ce qui serait absurde ; ou bien attribuer ces fonctions à des principes spéciaux, et alors comment concilier cette multiplicité avec l'unité de lâme ? La solution consiste à dire que la simplicité de lâme n'exclut pas l'existence d’âmes différentes, et de facultés distinctes dans la même âme. La confusion que l’on fait est due à l’imprécision du langage. En fait, l'intelligence, la sensibilité, la vie organique se trouvent réunies dans l’homme, mais comme parties, non comme genres. Envisagées en tant que formes substantielles, ce sont des principes dis- Hincts, qui ne peuvent exister ensemble dans le même être. En d'autres termes, les fonctions inférieures sont remplies, chez l’homme, par son âme rationnelle, qui

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