‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 165 sur 345 · LES PARTIES DE L'AME · texte numérisé non relu

LES PARTIES DE L'AME

Joint à ses propres attributions celles de l'âme végétative et de l’âme sensitive. Celles-ci ne subsistent plus en soi, mais à titre de parties de l’âme supérieure.

Cependant, n’y a-t-1l pas contradiction à parler des parties de l'âme, alors qu'on professe expressément son unité? Il semble que le mot soit assez mal choisi, et la définition qu'en donne Fernel manque singulièrement de précision : « Partes animæ eas dici velim quæ sociatæ «atque connexæ in totius unam et integram substan- «Uam conspirant, quibus seorsum singulis non apte « potest Lolius nomen accommodari !. » Les parties de l'âme ne sont donc pas les éléments constitutifs dans lesquels l'analyse pourrait la résoudre, ce sont les modes suivant lesquels elle manifeste son énergie. Or, ces modes sont plus nombreux à mesure qu'on s'élève dans la série des êtres : l'âme humaine exerce des actions plus nombreuses et plus variées que celle qui anime la plante. Elle a, comme dit Fernel, plus de facultés. De là, une terminologie assez vague, dans laquelle les mots changent de sens suivant qu'on envisage l’âme en général, ou telle espèce d'âme en particulier. Ainsi, la nutriüon est la forme, l’essence de l'âme végétative ; mais elle n est plus qu’une faculté de l’âme animale ?. La sensibilité est l'essence de l'âme animale, mais elle n’est plus qu’une faculté de l'âme humaine. Les mêmes fonctions sont appelées par Fernel tantôt parties de l'âme, ou

+.2Physial. 4. che, :p: 106.

2. «Quæcumque enim ratiocinantur,eadem sentiunt, proinde vegetant ; « non est tamen sensus hominis forma, sed facultas tantum ministrans « rationi » (Riolan, Comment., p. 48). 11 n’y a pas là une simple question de mots. Si l’on admettait dans l’homme l'existence de trois principes, l'unité de l’âme serait compromise. Le principe est unique, mais ses manifestations sont multiples.

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