PREMIÈRES ÉTUDES DE FERNEL A PARIS
de se suffire, 1l lui écrivit pour lui reprocher ses dépenses trop considérables, et pour lui rappeler « qu'il avait « d'autres enfants sur lesquels devaient également « s'étendre ses soins paternels ». Nousne savons rien des collatéraux de Fernel, si ce n’est qu'après la mort de son père 1l eut des difficultés avec eux au sujet de l'héritage. La fanulle devait être dans une situation de fortune assez aisée ; aussi, après avoir fait à l’école de la petite ville ses premières études, Jean Fernel obtint facilement de son père la permission d'aller les compléter à Paris, et sans doute aussi les subsides nécessaires. Sa mère ne se résignait pas volontiers à ce départ, et aurait préféré le voir rester à la maison. pour y aider ses parents. Il sut triompher de ses résistances, et cette détermination décida de toute sa carrière.
Il entra, pour y étudier l'éloquence et la philosophie, au collège Sainte-Barbe, où se trouvaient alors, d’après son biographe, des maîtres éminents et des disciples très instruits. Il arriva vite à se distinguer parmi eux. L'argumentation scolastique, la dispute publique tenaient le premier rang dans l'enseignement !. Fernel y fit en deux ans de rapides progrès, et fut reçu maître ès arts au cours de la troisième année.
À peine eut-il conquis ce grade, qu'il fut l’objet de
1. «J'ai honte, dit Ramus, de rappeler les sujets qu’on traitait : « On « n'entendait parler que de suppositions, d'ampliations, de restrictions, « d’ascensions, d’exponibles, d’insolubles et autres chimères pareilles, « aussi dépourvues de bon sens que la tête de ceux qui les avaient enfan- « tées. On employait cependant un temps considérable à toutes ces niai- « series, et on ne sentait pas qu’on le perdait. On faisait souvent entrer « en dispute classe contre classe, collège contre collège ; cette méthode « n'était pas seulement celle des grammairiens, des rhéteurs et des phi- « losophes; elle faisait règle encore chez les médecins, les Jurisconsultes « et les théologiens. » (Goujet, Hist. du Collège royal, t. I, p.10 et 23.)