‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 18 sur 345 · FERNEL, MAITRE-ËS-ARTS, CONTINUE SES ÉTUDES · texte numérisé non relu

FERNEL, MAITRE-ËS-ARTS, CONTINUE SES ÉTUDES

propositions aussi flatteuses pour son amour-propre qu'avantageuses pour ses intérêts. Bien qu'il n eût guère que vingt-deux ans, plusieurs principaux de collège lui firent des offres pour l'engager à enseigner chez eux la Dialectique. Mais le succès ne lui tournait pas la tête, et il paraît avoir eu dès sa Jeunesse cette modestie et cette défiance de soi-même dont il donna plusieurs preuves par la suite. Loin de se croire capable d'enseigner les autres, il voulut perfectionner sa propre instruction et remonter aux sources en approfondissant lui-même la doctrine de Platon, d'Aristote et de Cicéron. La lecture directe des œuvres antiques fut pour lui une révélation : il comprit le néant de ces discussions et de ces subtilités où se complaisait si fort l'enseignement scolastique. Il n'avait appris Jusque là sous ses premiers maîtres que des choses ineptes, car la barbarie régnait encore dans les écoles de Paris, dit irrévérencieusement Plancy, qui s'extasiait tout-à-l'heure sur les mérites des professeurs de Sainte-Barbe. Et, à l'appui de son dire, 1l cite les auteurs en usage dans l'école : pour les rhéteurs, Alexandre (de Villedieu), Théopagiste, Grécisme, Théodolet ; pour les dialectciens, Clichtowe, Pierre l'Espaonol, la Logique de Bricot, et quelques autres du même penren.

Reconnaissant qu'il avait perdu son temps sous de tels cuides, Fernel forma un projet analogue à celui que ; Descartes devait concevoir plus lard : refaire toutes ses études, et pour cela renoncer à tout plaisir, à toute société, ne tenir compte ni de sa santé, ni de ses intérêts,

1. Pour les détails sur tous ces noms, v. Goulin, ouvr. cité, p. 291.

Pour ce qui concerne l’enseignement à cette époque, consulter : Du Boullay, Hist. de l'Univ. de Paris; Hazon, Éloge de l'Univ. de Paris; Thurot, L'enseignement au moyen âge, etc.

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