‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 197 sur 345 · L'ÉVOLUTION EMBRYONNAIRE · texte numérisé non relu

L'ÉVOLUTION EMBRYONNAIRE

« Eud. —!C'est cela même. Dans la génération des « animaux, la semence, reçue et réchauflée dans le sem « de la mère, est excitée à agir, non pour produire et « pour faire sortir d'elle-même un animal et la forme « d'un animal, mais pour que sa puissance où sa faculté, « éveillée, puis accrue, modifie par toutes sortes de pré- « parations la matière qui lui sert de sujet, et la rende « capable de recevoir enfin du dehors la forme substan- « tielle. de la conserver une fois reçue, et de remplir « toutes ses fonctions !. »

Il se produit donc dans la semence des modifications évolutives en vertu desquelles les organes se forment peu à peu. Le principe de cette évolution a été transmis à l'embryon par le père en même temps que la semence. Il n'y a d’abord dans le fœtus qu'une matière formée par l'union des éléments, et combinée d’après des lois simples pour constituer les parties homogènes (ce que la physiologie contemporaine appellerait les tissus); plus tard. ces parties homogènes se réunissent pour composer les parties organiques (nous disons de même que plusieurs tissus se retrouvent dans un organe, et plusieurs organes dans un appareil). Les énergies latentes qui dormaient dans la semence s'éveillent peu à peu, et dirigent ce développement dans le sens convenable, de façon à perpétuer invariablement les espèces. L'évolution est terminée lorsque le corps est suffisamment préparé ; ce n'est point par une suite naturelle de progrès insensibles que l’âme y apparaitra. Elle vient de l'extérieur, et tout d'un coup.

«Eud. — Tou! ce qui vit, sans être issu de la matière « putride, tout être complet, plante ou animal, vient « d'un sujet, qui pour chacun est sa semence... D'abord

1e De abdit. rer. caus., 1. 1, ch. v, à la fin.

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