‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 196 sur 345 · L'AME EN PUISSANCE DANS LA SEMENCE · texte numérisé non relu

L'AME EN PUISSANCE DANS LA SEMENCE

sifs, elle est arrivée à son plus haut point, la matière est

tout à fait propre à la réception de l'âme. La puissance est à l'âme dans le même rapport que l'habitude est à l’acte.

€ Eud. — Le musicien, par exemple, à la suite d’une longue et fréquente répétition des mêmes actes, a formé une habitude dans ceux de ses organes qui lravaillent le plus; et, même pendant son sommeil, il conserve celte habitude de la musique ou de la cithare. «€ Ph. — Je comprends cela.

« Eud. — Si, en se réveillant, il se met à Jouer de la cithare, d’où croyez-vous que lui sera venu cet acte de jouer? De l'habitude seule, qui se serait changée en un acte de même nature ?

€ Ph. — Évidemment non. La force première de l'âme, une fois excitée, a commandé aux organes qui, par l'exercice, avaient antérieurement acquis l’habitude de jouer. Ceux-ci, préparés par l'habitude, entrent facilement en acte toutes les fois que l’âme leur transmet sa volonté.

€ Eud. — Vous êtes dans le vrai. On dit que l'acte vient de l'habitude parce que, sans une habitude acquise, l'acte ne saurait être parfait. Il en est de même dans la procréation des choses. Ce n'est pas la puissance, mais une cause extérieure qui imprime la forme ; seulement celte cause extérieure, privée du secours de la puissance, n'aurait pas assez de force par elle-même.

€ Ph. — Je comprends. Celui qui a la science, mais qui ne s’en sert pas, étudie, quand il veut, par une impulsion de son esprit, et devient savant en acte. De même, tout sujet qui à la puissance parfaite d’engendrer reçoit, d’après vous, l'acte et la forme. lorsqu'une force étrangère vient se Joindre à lui.

Page 1